Alors que les joueuses d’Arkema Première Ligue et de Seconde Ligue ont retrouvé le chemin des terrains, petit coup d’œil dans le rétroviseur afin d’être au point sur les différentes formations. Fausse Touche vous a préparé le récap’ de cette année afin de suivre au mieux l’évolution de ces deux championnats qui promettent déjà d’être mouvementés. Premier focus sur Toulouse et Saint-Malo avec Lou Jumère-Seignou et Louise Kleczewski, nouvelles pensionnaires de première division.
Une saison et des rebondissements
En fin de saison dernière, Toulouse et Saint-Malo, le champion de Seconde Ligue et son dauphin, ont décroché leur ticket pour l’Arkema Première Ligue, tandis que Saint-Étienne échouait à se maintenir et évoluera en deuxième division. Le groupe de Lens, qui devait initialement rejoindre les Vertes après avoir fini onzième et avant-dernière, a finalement été repêché.
Un échelon en dessous, trois équipes ont obtenu leur billet pour la Seconde Ligue. Cette saison, Bourges, champion de D3, Cannes, ainsi que Roubaix-Wervicq viennent compléter le championnat. Dans le même temps, Guingamp et Rodez ont subi la relégation.
Parmi ces équipes, Toulouse et Saint-Malo se distinguent donc par leur accession à l’élite. Toulouse est de retour au meilleur niveau après 13 ans d’absence. Saint-Malo, en revanche, s’apprête à écrire sa propre histoire, en disputant sa première saison en Arkema Première Ligue. Les deux clubs se préparent à relever un nouveau défi. Leurs joueuses, Lou Jumère-Seignou pour Toulouse et Louise Kleczewski pour Saint-Malo, reviennent sur cette saison riche en émotions.
Des Toulousaines revanchardes
À l’issue de cette saison 2025-2026, les Toulousaines ont pu fêter leur titre de championne de Seconde Ligue, une belle récompense après des années de travail. En effet, le club avait déjà connu plusieurs saisons au plus haut niveau français. Jusqu’en 2013, les Violettes évoluaient en D1, avant de descendre à l’échelon inférieur. Puis, en 2020, elles sont descendues au niveau régional. C’est après une montée et une nouvelle relégation qu’elles se sont installées en D2 lors de la saison 2024-2025, avant d’être finalement promues parmi l’élite. Lou Jumère-Seignou, capitaine et Pitchoune du club, a vécu cette descente en Régionale à seulement 17 ans.
Aujourd’hui, à 23 ans, elle revient sur cette période qu’elle a connue dès ses 17 ans, au sortir du Covid : « Quand on regarde le chemin parcouru, le sentiment est indescriptible, forcément. C’est beaucoup de joie avant tout, de fierté et de reconnaissance pour toutes ces années. Si je devais dire quelque chose à la petite fille, et si on me disait que j’allais vivre tout ça avec le TFC en cinq ans, de mes 17 à mes 23 ans, j’aurais signé directement. »
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Suite à ces saisons pleines de rebondissements pour Toulouse, les vacances d’été et le repos ont été bien mérités. Mais évidemment, il faut déjà se remobiliser pour se préparer à relever le défi de la saison débutant à peine. C’est une rengaine à laquelle les observateurs sont habitués, les mercatos estivaux sont rythmés par les bouleversements d’effectifs.
« Il faut souligner que le groupe a pas mal évolué. C’est un nouveau groupe qui doit se construire, un nouveau collectif. Mais je pense que les filles qui sont là depuis un petit moment, ou sur ces dernières saisons du moins, ont à cœur de garder cet esprit, ces valeurs qui font aussi du TFC ce qu’il est aujourd’hui », soutient la joueuse. L’effectif semble déterminé et chacune a conscience qu’il reste beaucoup « à travailler ensemble ». C’est annoncé, les Toulousaines viseront le maintien.
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Les Toulousaines ne seront pas les seules avec cet objectif. Du côté de la Bretagne, Saint-Malo se prépare à vivre une saison historique. Les joueuses débutent la première saison de l’histoire du club en Arkema Première Ligue. Après une année sans aucun représentant breton dans l’élite, les Malouines s’apprêtent à remettre la Bretagne sur le devant de la scène.
Louise Kleczewski est une jeune joueuse de 20 ans arrivée au club en juillet 2025. Après quatre saisons au Havre, elle a intégré progressivement l’effectif senior et a pu vivre cette montée historique. Elle affrontera les plus grands noms du football féminin français cette saison. « C’est toujours un honneur, quand on est jeune, de vivre une montée qui restera gravée dans les mémoires. Ce sont des moments dont on rêve, et pouvoir les vivre aujourd’hui, c’est du bonheur. »
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Saint-Malo aura été l’une des surprises du dernier cru de Seconde Ligue, l’équipe ayant fait progressivement son chemin vers le haut du classement. Elle a finalement validé son accession après un match nul décisif face au LOSC. Les objectifs ont évolué en même temps que le club enchaînait les bonnes performances : « En début de saison, le club visait le maintien. Mais au fil des matches et des bons résultats, nous avons commencé à viser plus haut. Il y a eu des moments de doute après plusieurs défaites, mais le groupe a su rester uni et a continué à travailler », se souvient la joueuse.
L’objectif est clair pour les Diablesses de Saint-Malo : continuer leur travail et s’assurer de garder une place parmi l’élite. Louise Kleczewski le confirme : l’important est de faire « une bonne saison collectivement afin d’obtenir le maintien ». Et sur le plan personnel, aller chercher du temps de jeu !
Un football féminin dans la tempête
Les équipes des deux championnats professionnels ont été particulièrement mises à l’épreuve. En effet, malgré un résultat sportif permettant le maintien, le Stade de Reims a renoncé à participer à la Seconde Ligue, faute de moyens financiers et structurels, après avoir déjà dissous son équipe féminine réserve. De son côté, l’équipe de Dijon, qui évoluait en Arkema Première Ligue, a été exclue des compétitions nationales, le club peinant à investir dans sa section féminine. Dans la foulée, la direction a annoncé recentrer son activité sur la préformation et la formation. Alors que les équipes féminines sont majoritairement structurées au sein de clubs professionnels, elles sont les fusibles des situations financières de ces derniers, et la pérennité des équipes dépend de la santé économique des sections masculines.
Heureusement, ce n’est pas le cas des promues. « L’arrivée de Damien Comolli a impulsé une très bonne dynamique pour la section féminine. On s’est sentie soutenue par le club et on espère que ce sera le cas pour les prochaines années parce que c’est un club qui mérite d’avoir une section féminine digne de ce nom et au plus haut niveau français », glisse Lou Jumère-Seignou. Si certains dirigeants prennent à cœur la continuité des projets féminins, la Toulousaine s’inquiète aussi de cette épidémie de désengagement.
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C’est vrai qu’il y a de belles avancées, mais à côté, on voit de nombreuses sections féminines lâchées par leurs dirigeants. En tant que joueuse, je pense que cela nous touche. Ce n’est pas normal. Pourquoi ce sont les femmes qui prennent ? C’est une situation délicate, le football féminin en France a encore beaucoup de travail à faire.
Lou Jumère-Seignou, capitaine du TFC
Dans ce contexte d’instabilité et d’incertitudes chez certaines sections, une convention collective a été signée, après trois années de discussion. Les clubs ont désormais l’obligation d’avoir un minimum de onze joueuses sous contrat dans leur effectif (temps plein en première division, temps partiel minimum de 21 heures par semaine en deuxième division). La convention prévoit également la mise en place de six semaines de congés payés pour les joueuses. D’autres avancées au niveau santé ont également pu être acquises. Chaque équipe et chaque joueuse devrait alors pouvoir se concentrer pleinement sur le sportif cette saison…
Clémence M.

