La Gironde n’a plus de club professionnel depuis maintenant un an et la décision du tribunal de commerce de Bordeaux. Le Haillan, domaine d’envergure pour un géant de l’histoire du football français, est maintenant bien trop grand pour un nain sportif. L’année bordelaise n’est malheureusement pas un bon cru, comme depuis quelques années et l’arrivée d’une maladie qui a frappé des vignes nommé Gérard Lopez.

bordeaux

En National 2, quelques pronostiqueurs, fous de Football Manager ou partisan du « tomber pour mieux se relever », espéraient voir les Girondins de Bordeaux remonter assez aisément en National. Débutant timidement leur saison avec trois petits points en quatre journées, les Marines et Blancs ont allumé la mèche durant un automne explosif. Sur treize matches, la troupe de Bruno Irles, entraîneur professionnel réputé, ne perd qu’une fois, mais gagne dix fois. Ils sont alors bien placés au mois de février dans la course à la montée face à l’US Saint-Malo, avec un bilan de 36 points en 18 matches.

Mais le club se prend alors les pieds dans le tapis en respectant un carême malvenu : cinq défaites d’affilée (dont une face à l’Olympique de Saumur, relégable aujourd’hui à domicile) freinent considérablement le club aquitain sur son chemin de croix. Surtout, les remontées fulgurantes du Stade Briochin (sur une série de onze victoires de rang depuis le 21 février) et des Herbiers (six victoires de rang depuis le 21 mars) ont douché les espérances bordelaises. Ces deux équipes ont d’ailleurs dompté le Scapulaire, inoffensif et désabusé, sur leurs pelouses pour s’assurer le titre (1-0 pour le Stade Briochin), ou une lutte pour la deuxième place (2-0 pour les Herbiers).

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Mis à part le National 2, les Girondins ont pu se frotter à l’élite du football français en participant à la Coupe de France : après des victoires à Bressuire (0-2) et un succès face aux Herbiers à domicile, le Matmut Atlantique a reçu la visite d’un pensionnaire de Ligue 1, lui aussi malade cette saison, pour les 1/32ème de finale. Pourtant, le Stade Rennais n’avait pas laissé la place au doute en s’imposant athlétiquement face à des Bordelais pour la dernière victoire sur un banc français de Jorge Sampaoli.

L’expérience d’Andy Carroll, chouchou d’un public toujours fervent mais désabusé, le retour de Cédric Yambéré à la source ou l’apport offensif de Yanis Merdji (huit buts en National 2 cette saison) n’ont pas suffi à insuffler un nouveau souffle cette saison, malgré un attachement renouvelé à l’équipe. Adrien Mathieu, journaliste au Point, pour Hors-Jeu et pour le podcast Formation Football Club et personnalité de Twitter connu sous le nom de Scipion, affirme d’ailleurs être tiraillé entre « une équipe qui est sympa cette année, qui n’est pas responsable de la chute des Girondins, […] et d’un autre côté un club qui est toujours géré par Gérard Lopez, avec énormément de départs de salariés et ça fait mal au cœur d’essayer de reconstruire le club, d’aller de l’avant, mais est-ce qu’on peut faire confiance à quelqu’un qui nous. »

Le calvaire bordelais, fait de descentes administratives et de montées avortées, est loin de se jouer sur les terrains et les supporters le savent.

Le mal bordelais est plus profond que les simples tableaux présentés au Matmut Atlantique ou sur les terrains du Grand Ouest français, et tout le monde le sait. La DNCG a toujours regard sur ce qu’il se passe au siège des Girondins de Bordeaux, mais partage son autorité avec le Tribunal de commerce. Les Girondins doivent d’ailleurs attendre sa décision du 27 mai prochain. Elle validera ou non le plan de continuation présenté par la direction du club, vital pour la survie du club. Permettant de geler les dettes et de les renégocier sur une décennie, ce plan doit être accepté. Ces dettes auraient déjà baissé selon l’article de L’Équipe paru le 6 mai.

Malgré tout, Gérard Lopez, propriétaire du club, s’engage auprès de nombreux acteurs, dont les Ultramarines, groupe ultra bordelais, pour un retour en Ligue 1 d’ici 2030, sur un plan de six ans. Le capo, Florian Brunet, aurait par ailleurs défendu la politique de l’entrepreneur luxembourgeois, ce que la North Gate, groupe ultra fondé il y a 2 ans et plutôt subversif, utilise dans sa communication. Dans un communiqué publié le 21 avril dernier, le groupe ultra affirme que « le seul et unique projet, c’est celui d’un homme qui s’accroche à un fauteuil, pour satisfaire son égo personnel et ses petits intérêts ».

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Une vision largement partagée par une partie du public girondin selon Adrien Mathieu. « Certains ne suivent plus du tout, ils se sont détournés de ça. Il y en a pour qui suivent juste les résultats, d’autres car c’est Gérard Lopez. » Si l’Équipe estimerait un budget de 6 millions d’euros en N2 la saison prochaine, remboursement de la dette inclus, le fonds d’investissement américain Fortress aurait encore la main. En cas d’échec du passage du plan, le tribunal ouvrirait un appel d’offres, largement soutenu par la North Gate. Quoiqu’il en soit, la FFF a de fortes chances de reléguer le Scapulaire au niveau régional.

Dimanche 4 mai, le Matmut Atlantique a pourtant fait le plein pour voir un derby de la Garonne entre la ville rose et la ville girondine. Les Bordelais ont surclassé des Toulousains, certes diminués, en s’imposant 30-18. Vous l’aurez compris, c’est bien d’une demi-finale de Coupe d’Europe de rugby qu’il s’agit et qui a envoyé l’Union Bordeaux-Bègles au septième ciel. Et ce sport, proche du terroir et plein d’espoir, attire de nombreuses foules à Chaban-Delmas, Parc Lescure abandonné en 2015 par l’institution du Scapulaire au détriment du nouvel écrin au nord de la ville, de l’autre côté de la rocade, le Matmut Atlantique.

C’est d’ailleurs le rugby qui a réalisé les meilleures affluences de ce stade pour des événements sportifs. Adrien Mathieu souligne d’ailleurs que « des supporters se sont plus tournés vers le club de rugby qui tourne bien.» Sans oublier de préciser que le parc Lescure n’était pas si rempli que ça en Ligue 1. La présence du logo des Girondins est de moins en moins présente en centre-ville, contrairement au fanion de l’UBB, flottant dans de nombreux bars. L’historique boutique officielle rue Sainte-Catherine semblerait fermer, a-t-on appris quelques minutes avant la publication de cet article. Sud-Ouest évoque un loyer d’environ 14 000€ par mois. Le club, historique lui aussi, n’a plus l’envergure d’une grande ville.

En Ligue 1, quand on y était, on ne faisait pas forcément des affluences dingues. Au contraire, en Ligue 2, les affluences étaient meilleures qu’à la fin du cycle en Ligue 1

Certains supporters s’amusent par ailleurs que certains fans de football restent chez eux, déçus de la trajectoire prise par le club ou se rendent au stade par amour, dans les hauts comme dans les bas. Un nouvel élan peut exister avec une descente. Paradoxalement, depuis que l’équipe est descendue en Ligue 2, les supporters se retrouvent entre amoureux des Girondins

Si l’ascension du rugby dans la région ne met pas en péril le football, bien implanté avec une formation toujours aussi importante dans la région, comme l’a souligné Adrien Marie : « l’avenir des Girondins passera par un nouveau maillage au niveau du département et de la région », elle questionne la place du club local chez les jeunes et dans le paysage bordelais.

Nombreux sont les bars de la Victoire qui ont tremblé de joie le soir de la demi-finale du PSG face à Arsenal. Le football attire de plus en plus de dilettantes en s’appuyant sur le numérique et le virage pris par la ville de Bordeaux, avec un club local difficile à regarder à la télévision, du moins avec des moyens restreints (chaîne régionale avec production restreinte) détourne naturellement un intérêt de la population pour son club.

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Au niveau de la formation, Aurélien Tchouaméni avait fait ses classes dans le Médoc, à Artigues. Mathys Angély a signé à Wolfsbourg l’été dernier, faute d’avenir sur les bords de la Garonne. Il existe un vivier, jusqu’au Pays basque, où Bordeaux devrait aller piocher selon Adrien Marie. Les parcours de coupe de Trélissac ou de Mérignac SA témoignent épisodiquement de l’importance du football dans cette vaste région.

La place des clubs, notamment dans les grandes métropoles, est un enjeu de taille et l’ermitage bordelais dans le désert amateur est un vrai défi pour la Nouvelle-Aquitaine, qui n’a plus qu’un club professionnel avec le Pau FC. Difficile d’envisager l’avenir pour une ville et des supporters vivant au jour le jour, au gré des décisions administratives…


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Tournoi Maurice Revello : quels changements pour cette 51e édition ? - Fausse Touche · 19/06/2025 à 11:17

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