Le Tournoi Maurice Revello 2023 vient de se clôturer. Quatre nations de la zone AFC étaient engagées, dont le Japon et l’Australie. Si les deux pays d’Extrême-Orient semblaient tout deux plus ou moins outsiders, leurs performances ont été aux antipodes. Le premier a été plutôt décevant. Le second a quant à lui fait forte impression, pour se qualifier dans le dernier carré.

Une compétition à oublier pour le Japon
Le visage fermé, quelques larmes pour Jumpei Hayakawa, les jeunes Samuraiblue quittent le Stade Parsemain de Fos derniers de leur groupe. Valeureux, les jeunes japonais n’ont cependant pas pu être à la hauteur de l’évènement. La faute à plusieurs facteurs.
Le plus évident est bien évidemment la liste en elle même. Les U23 japonais étant en Europe pour une tournée, et les U20 jouant la Coupe du Monde U20 en Argentine, la JFA a envoyé les U19. Cependant, dans le groupe du Japon, on trouvait deux équipes ayant envoyé leurs U23, le Panama et la Côte d’Ivoire. La différence d’âge à cette période de la carrière du footballeur est très déterminante. Cela causera en partie la défaite des nippons dans ces deux matchs. On y a vu un gros manque de physique et d’expérience qui ont été fatals. Certains joueurs n’avaient jamais joué en professionnel, et étaient encore dans leur académie ou leur lycée. Ce n’est pas le seul problème de cette liste.



Le sélectionneur a dû convoquer des joueurs qui n’étaient pas à la Coupe du Monde. Il a aussi dû se passer de joueurs blessés, notamment les importants Yoshiki Narahara et Tsubasa Shimizu. Au final, beaucoup de joueurs du groupe n’avaient pas forcément l’habitude des sélections nationales, et n’avaient ainsi pas non plus l’habitude de jouer ensemble.
Cela s’est traduit par un manque d’automatismes visible, des incompréhensions, et ainsi beaucoup de déchet. Les convoqués étant des seconds couteaux pour certains, le niveau est aussi relativement faible par rapport aux sélection japonaises habituelles. Si l’on excepte Hisatsugu Ishii, Ryo Tokunaga, Haruto Suzuki et Kento Shiogai, aucun de ces joueurs ne sont réellement des hauts prospects. Aucun n’est vraiment capable d’un exploit individuel qui pourrait faire basculer le match.
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Et si face au Maroc, le Japon a su trouver le moyen de répliquer, et de remporter le match, ça a été beaucoup plus compliqué ensuite. Physiquement, il était impossible de rivaliser avec le Panama, futur champion du tournoi. La tactique mise en place par le sélectionneur Kazunori Jo, à base de longs ballons en profondeur, était très inefficace, tant le Panama a dominé les airs. Et cela n’a pas été bien mieux contre la Côte d’Ivoire. Le somptueux coup-franc de Toki Yukutomo n’empêchera pas la défaite des siens. Et à l’exception des 20 dernières minutes contre le Maroc, le Japon n’a jamais su jouer avec ses armes : l’explosivité de ses milieux, et la qualité d’organisation du jeu de Ryo Tokunaga.

Ce problème tactique est très récurrent au sein des équipes jeunes nippones, et empêche le pays d’y briller totalement. Le Japon termine 10ème du Tournoi Maurice-Revello.
Le retour d’une Australie forte
Si le Japon a été décevant, cela n’a pas été le cas des australiens, qui ont créé la surprise. Une liste qui leur a permis de sortir des poules avec 7 points sur 9 possibles. C’est à dire le meilleur total de points de cette édition 2023. Mais la réussite de ce tournoi montre aussi la renaissance du football australien, bien morose depuis une quinzaine d’années.
Cette année à Maurice Revello, les Socceroos étaient dans un groupe relativement abordable. Il y avait certes un Mexique très craint, mais aussi un Qatar très irrégulier, et la surprenante sélection de Méditerranée. Cette dernière est constituée de joueurs issus du Sud de la France, et a été créée en 48 heures, une semaine avant le début de la compétition. Forts d’une bonne liste U23, on s’attendait à ce que les australiens se battent pour la deuxième place. Mais il auront largement dépassé les attentes.


Malgré un premier match compliqué contre un Qatar très en place, qui se soldera par un 0 à 0, on sent que cette équipe australienne essaie de jouer. L’ailier Marlee François, petite révélation du tournoi, a du feu dans les jambes. Et le milieu d’Adelaïde, Louis D’Arrigo, gère d’une main de maître le milieu de terrain. Le second match est beaucoup plus riche en but, avec une victoire 3 à 2 contre la sélection de Méditerranée. Le turn-over du sélectionneur Tony Vidmar est efficace. Et face à une sélection qui produit du jeu, et laisse des espaces, il compte sur l’explosivité des frères Alou et Garang Kuol. Ainsi que sur Nishan Velupillay, qui inscrit d’ailleurs un doublé. Il lance aussi Ryan Teague, un milieu très complet, avec un gros volume de jeu, qui presse beaucoup.
Mais c’est lors du troisième match que l’Australie impressionne le plus. La composition est un mélange des deux premiers match. On y trouve notamment Ryan Teague au milieu de terrain, qui va totalement étouffer le milieu mexicain. Il est bien aidé par la rentrée à la mi-temps de D’Arrigo. En rythme de croisière, le Mexique, là pour jouer un 0-0 synonyme de qualification, n’arrive cependant pas à poser le pied sur le ballon. Les Socceroos sont déchaînés, et finissent par faire sauter le verrou en début de seconde période. 2 à 0 au final, le Mexique est totalement sonné. En demies finales, l’Australie échoue contre le Panama, avant de terminer troisième en remportant la petite finale contre la France.



Un parcours magnifique qu’on peut expliquer par la belle génération qui arrive. Et aussi par la qualité de coaching de Tony Vidmar. Le technicien australien a su faire les bons choix, a fait rentrer les bons joueurs au bon moment. On peut penser à la superbe entrée de Cameron Peupion contre la Méditerranée, alors que le score était de deux partout. Il a aussi parfaitement géré le temps de repos des joueurs et le turn-over, pour que chacun soit à 100% de ses capacités quand il joue.
Avec ces joueurs de qualité, ainsi que les U20 qui sont aussi très intéressants, le football asiatique sait désormais une chose. Il faudra compter sur l’Australie à l’avenir.
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Qatar et Arabie : leur bilan du Tournoi Maurice Revello - Fausse Touche · 02/07/2023 à 17:25
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