Après la France en 2022, c’est le Panama qui a soulevé le trophée du tournoi Maurice Revello cette année. Une victoire plus qu’inattendue, tout comme certaines performances, qu’elles soient collectives comme individuelles. Retour sur les bonnes et moins bonnes surprises.

Les bonnes surprises du Tournoi Maurice Revello

Le Panama

Comment ne pas démarrer avec la « marée rouge » ? Pour sa deuxième participation, le Panama remporte le tournoi Maurice Revello après un parcours presque impeccable, en tout cas très intelligent dans son approche. Ce dernier connaissait ses forces, et n’a fait qu’appuyer dessus, tout en réduisant au possible la moindre de ses faiblesses. Ces faiblesses, elles sont pourtant réelles.

Le Panama doit son succès à deux choses : un réalisme détonnant et une explosivité certaine en transition. Entre les lignes, dos au jeu, Angel Orelien et Ricardo Phillips ont fait des merveilles pour lancer les contre-attaques panaméennes. C’est simple, quand le Panama s’aventure dans le camp adverse, c’est pour faire mal, en plus d’être relativement serein défensivement. Le Mexique en a clairement fait les frais en finale, incapable de contenir les quelques vagues rouges, qui ont complètement englouti les Aztèques en second période. Ricardo Phillips, José Bernal et Kahiser Lenis ont offert une confortable avance aux protégés de Jorge Dely Valdés, avant qu’Angel Orelien ne vienne apporter le coup de grâce dans le dernier quart d’heure.

Joshua Rawlins (Australie)

Classé parmi le top 10 des défenseurs centraux droits U21 les plus prometteurs de la planète selon l’Observatoire du Football (CIES), Joshua Rawlins aura fait un excellent tournoi. Le joueur de la réserve d’Utrecht a même été sélectionné dans le XI type de la compétition, à l’instar d’un autre joueur qui sera évoqué plus bas. Des performances qui lui auront permis d’obtenir la pleine confiance du sélectionneur Tony Vidmar, faisant de lui l’un des Olyroos les plus utilisés cette année dans le sud de la France.

Du premier match de poule à la petite finale (à laquelle Rawlins n’a pas participé, turnover oblige), l’Australie a fait preuve d’une cohérence tactique. Des choses et des enchaînements simples mais efficace, avec la volonté de gagner des mètres au sol. Tout cela part de la défense, et Joshua Rawlins n’y est pas étranger, tout en étant l’un des rares 2004 du groupe australien. Le central (ou latéral droit) de 19 ans a montré de belles prémices dans ce sens : capable de faire avancer son équipe par une passe qui casse les lignes, ou en attaquant l’espace balle au pied dès qu’il est disponible. Et encore, il aurait encore pu davantage impacter dans ce domaine s’il avait saisi toutes les occasions qui se sont présentées à lui…

Perçu comme un « grand talent mais pas comme un top prospect » en Australie selon le spécialiste du football Olyroo AussieScout, Rawlins sort du centre de formation du Perth Glory.

Il a joué deux saisons en Australie avant de signer à Utrecht. Il en est à une saison complète pour Jong Utrecht en Eerste Divisie. Il peut jouer comme arrière droit ou comme défenseur central. Ses plus grandes qualités sont sa palette de passes et son habileté dans les duels en 1 contre 1. Je pense personnellement qu’il peut être un bon joueur dans une ligue classée entre 6 et 10 en Europe (par exemple, le Portugal, la Belgique, les Pays-Bas).

AussieScout

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Angel Orelien (Panama)

Joueur le plus attendu côté Panama avant la compétition, à l’instar d’un Brandon Aguilera côté Costa Rica, Angel Orelien n’aura pas déçu. Pourtant placé dans un groupe relevé avec le Maroc, la Côte d’Ivoire et du Japon, le meneur de jeu a rayonné, notamment face aux coéquipiers d’Ilyes Ziani, avec ce coup franc supersonique permettant d’obtenir l’égalisation. En plus de ses trois réalisations, Orelien aura montré aux scouts et autres agents présents dans le sud de la France faire gagner des mètres à son équipe, il savait faire.

L’organisateur du jeu panaméen, aux côtés d’un Ricardo Phillips extrêmement tonique, a finalement été élu deuxième meilleur joueur du tournoi derrière Eliesse Ben Seghir, tout en étant co-meilleur buteur. Ángel Orelién a d’ailleurs récemment signé avec le Sporting San Miguelito après être passé par le Venezuela (Club Deportivo Hermanos Colmenárez), ainsi que Cruz Azul au Mexique et Plaza Amador.

La volonté de progression par le jeu

Au-delà des simples joueurs et équipes, une tendance s’est dégagée d’une grande partie des équipes qui ont participé au Tournoi Maurice Revello cette année : la volonté d’être proactif avec le ballon. Un constat vrai pour le Japon, l’Arabie-Saoudite, la France, le Maroc ou encore l’Australie. Seul contre-exemple marquant, le Panama, bien plus dangereux quand il décide de piquer en transition que lors de ses rares attaques placées.

Ces équipes, souvent les plus jeunes de la compétition, se sont pour la plupart confrontées à la réalité de leur plan de jeu. Pourtant, à long terme, il est facile de penser qu’il est le bon. Face à des joueurs plus grands, plus forts physiquement, plus expérimentés, difficile de trouver des solutions au milieu de terrain ou entre les lignes pour créer le moindre décalage. Et à force, cette ambition finit par se retourner contre soi. Le Japon en aura été le parfait exemple. Meilleur qu’une Côte d’Ivoire qui a eu la bonne idée d’abandonner le ballon face aux SamouraiBlue, le Japon n’aura jamais arrêté de tenter de trouver la solution face au bloc des Éléphants. Finalement, le problème n’aura jamais été résolu, et il sera puni sur les rares sorties ivoiriennes.

Les mauvaises surprises du Tournoi Maurice Revello

Le Maroc

Même si clairement prédominée par la jeunesse, la sélection marocaine pouvait prétendre à un beau tournoi. Malheureusement pour elle, ça n’a pas vraiment été le cas. Les Lionceaux de l’Atlas n’ont pas eu grand à se mettre sous la dent, notamment battus par le Japon U19…

Sans réel pressing, désorganisé en transition défensive, et pire encore, inoffensif de l’autre côté du terrain, le Maroc pourra regarder son parcours avec une relative amertume. Les joueurs de Mohamed Ouahbi ont toujours eu l’ambition de contrôler le jeu durant ce tournoi, mais cette possession s’est souvent avérée stérile. La base de trois joueurs du 3-4-3 modulable avec ballon n’a pas assez souvent su trouver les solutions pour sortir de la maudite « possession en U ».

Pourtant, le talent était là : Ilyes Ziani (Standard de Liège), Salim El Jebari, Adnane Bensaad et Abdellah Raihani (Atletico Madrid) ou encore Ahmed Khatir (Académie Mohammed). La preuve avec une très belle victoire, convaincante cette fois-ci, face à la Côte d’Ivoire. Seulement, il aurait fallu que cette bonne performance soit répliquée sur les autres rencontres pour espérer passer en demies.

Le tournoi s’est finalement terminé sur une bonne note, avec cette victoire lors de la rencontre de placement pour la 7ᵉ place face à un Venezuela qui a aussi posé question. L’avenir s’annonce prometteur côté Maroc, attention à bien mettre tout bout à bout dans le futur.

Une France absorbée par l’intensité adverse

Comme pour le Japon ou le Maroc, la France avait composé un groupe très jeune. Comme le Maroc, il était extrêmement talentueux, probablement le meilleur du tournoi dans ce domaine. Sauf que, à l’instar du Maroc, ce groupe n’a pas su, ou pu, matérialiser cette qualité brute sur le rectangle vert.

Excepté la rencontre face à un Qatar complètement balayé, les Bleus ont souffert à chaque fois qu’ils ont posé le pied sur une pelouse provençale. Une difficulté résumée par Mathys Tel, le capitaine, après le tournoi : « Je pense qu’il y a de la fatigue pour certains qui ont eu une longue saison mais on aurait largement pu faire mieux au vu des qualités de notre effectif. Beaucoup de joueurs évoluent en pro, donc on aurait pu gagner le tournoi mais il nous a manqué un peu plus de maturité dans le jeu, plus d’engagement ». Une différence d’engagement criante sur les deux matchs à élimination directe. Face à l’Australie, cette dernière était flagrante, tandis que les Français étaient parfois très, trop proches les uns des autres, notamment sur le flanc gauche…

Comme leurs homologues marocains, les jeunes français ont du talent. La preuve avec le statut que certains d’entre eux possèdent dans leurs clubs, comme Sael Kumbedi ou Lenny Yoro : le fait qu’ils fassent une belle carrière ne fait peu ou aucun doute. Mais à Salon-de-Provence, ils sont tombés face à des australiens et mexicains plus matures, plus frais, plus organisés, plus affamés à l’idée de se montrer…

Le Venezuela

Finaliste du tournoi Maurice Revello l’année dernière, avec le meilleur joueur du tournoi dans ses rangs, Telasco Segovia, le Venezuela était revenu à Salon-de-Provence avec la ferme intention de « run it back« . Avec cette fois-ci, la victoire en vue. Problème, l’aventure s’est arrêtée bien plus tôt que prévu, avec une troisième place du groupe A, ce qui lui a fermé la porte à toute hypothétique demi-finale.

Les joueurs vénézuéliens ont concédé deux nuls, un premier face à l’Arabie Saoudite puis face à un maigre Costa-Rica, avant une nouvelle égalité face à l’Équipe de France, alors que la victoire leur tendait les bras jusqu’à la 88ᵉ minute. Ils ont globalement été valeureux sur cette phase de poule, mais le problème, c’est que ça ne suffit pas, ou en tout cas plus.

Les deux formations issues du Moyen-Orient, le Qatar et l’Arabie-Saoudite, font effectivement partie des déceptions du tournoi. Cependant, leurs cas seront développés dans un article à part, à retrouver dans les prochains jours sur Fausse Touche !


Maximilien Regnier

Ici c'est Maximilien, 22 ans, néo journaliste PHR. Supporter de l'Olympique de Marseille la plupart du temps, mais préfère souvent (toujours) voir son groupe U13 évoluer sur un rectangle vert. J'écris peu, mais je tâche de faire le reste pour Fausse Touche.

1 commentaire

Japon et Australie : leur bilan du Tournoi Maurice-Revello - Fausse Touche · 28/06/2023 à 17:23

[…] À LIRE – Le recap du Tournoi Maurice Revello […]

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