Un lancinant refrain. C’est ainsi que sonne l’inévitable « La France n’est pas un pays de foot ». Vous l’avez déjà entendu. Dans la bouche d’un fervent supporter vexé par le manque d’engouement et de reconnaissance du football par le grand public; dans celle d’un supporter les yeux animés d’étoiles devant les garras argentins. Ou sous la plume d’un tacticien déplorant la pauvreté de certains entraineurs français; obnubilé par le travail d’un De Zerbi ou d’un Bielsa.

pays de foot

Rares sont les opinions catégoriques, valides. Il serait donc trop simple de réduire la notion de pays de foot à quelques critères dont nous seuls avons connaissance. Bien que chacun possède une définition propre, le football est un univers immensément vaste. Étudier cette notion, c’est avant tout s’attacher à définir ses caractéristiques.

Alors, qu’est-ce qu’un « pays de football » ?

Tout d’abord, dresser un contexte historique et temporel semble évident. Le football existe depuis plus d’un siècle, et a muté à de nombreuses reprises. Sur les 70 dernières années, chaque décennie a pu connaître les hégémonies ou les apogées de différents clubs (Ajax Amsterdam, AC Milan, FC Barcelone, Real Madrid) ou sélections (Pays-Bas, Allemagne, Angleterre, France, Italie ou Espagne). Tour à tour, ces équipes ont connu succès fulgurants, disettes interminables, ou faux espoir. Ainsi, la donnée temporelle ne suffit pas à définir un pays comment étant un pays de football.

Alors que l’Angleterre fut pionnière dans le traitement des supporters, la logistique autour des matches de football, les politiques menées par Thatcher visant à éradiquer le hooliganisme, ont porté un véritable coup de massue au développement populaire du football. Le football anglais si exemplaire a vu le prix des tickets s’accroître exponentiellement. Il a vu ses tribunes s’embourgeoiser, ses (vrais ?) supporters populaires fuir. L’essence du sport siphonnée, de quoi écorner l’image de la Perfide Albion ?

Au contraire, le Portugal, depuis une vingtaine d’années, connait une exportation importante de ses idées, à travers des entraîneurs de renoms (Vitor Frade, père de la périodisation tactique, Jorge Jésus, José Mourinho, Leonardo Jardim, André Villas-Boas…), et de ses joueurs. Dans toute l’Europe. Auparavant, le Portugal aurait pu être davantage considéré comme une nation secondaire. Aujourd’hui, fort d’une victoire en Euro, en Ligue des Nations, accouchant d’une génération dorée, le Portugal a de belles années devant lui.

La réussite ne peut être l’unique facteur à prendre en considération, car elle n’est pas éternelle. La culture est un facteur important à prendre en compte. Quel est le rapport du grand public avec la pratique du football. Quelle est la plage du football dans le cœur des gens, dans l’histoire du pays ? Quelle considération reçoivent les sportifs ?

Voyageons à travers le monde et les disciplines : aux USA vous entendrez toute l’importance qu’a eu le basket dans le développement des cultures. Jamais ils ne seraient taxés de « chochottes surpayées qui courent derrière un ballon ». En Nouvelle-Zélande, le travail et les sacrifices nécessaires pour devenir rugbyman professionnel seraient-ils minorés ? Du côté de l’Argentine, voyons quelle est la place du football dans la vie publique : des éditions télévisés où philosophes, médecins et historiens débattent du fútbol, pays où la mort d’un footballeur provoque deux jours de deuil national. À de nombreux égards, le football en France souffre du regard caustique et sarcastique de l’opinion publique, et cela à son importance dans le débat.

En intégralité, voici le dossier complet sur le sujet. Alors, la France est-elle un « pays de foot » ?

Finalement, que retenir ? Être un pays de football, ce n’est pas une seule caractétistiques. Être un pays de football, c’est bel et bien de nombreuses notions à prendre en compte. Culture, institutions, football, tous les critères ne sont pas nécessairement cochés. De par cette diversité, être un « pays de football » est aussi une notion subjective. Chacun sa définition, chacun ses critères, chacun son avis. Une réponse universelle n’est pas obligatoire, le consensus n’est pas nécessaire.

Avant tout, nous avons choisi d’exposer certains points forts et certains points faibles de la France au cœur du football. À vous de vous faire votre idée, et n’hésitez pas à réagir et à nous donner votre vision du sujet !


Alexandre Bonnot

Fier représentant du grand Olympique de Marseille. Je mouille ma plume avec mes larmes... Je sillonne les matches de district le dimanche midi histoire de faire passer le temps.

4 commentaires

La France, pays de foot ? La réponse médiatique – Fausse Touche · 07/08/2021 à 16:53

[…] pourrait sans trop de doute se poursuivre assez longtemps, puisque comme nous l’expliquions en démarrant cette série, bien des indicateurs peuvent permettre d’argumenter sur le « caractère […]

La France, pays de foot ? La réponse médiatique - Fausse Touche · 03/11/2022 à 22:49

[…] pourrait sans trop de doute se poursuivre assez longtemps, puisque comme nous l’expliquions en démarrant cette série, bien des indicateurs peuvent permettre d’argumenter sur le “caractère foot” […]

Le trésor culturel du football - Fausse Touche · 05/11/2022 à 11:31

[…] A LIRE – Qu’est-ce qu’un “pays de foot” ? […]

Killian Bertrand : « Une fois que tu démarres le groundhopping, c'est dur d'arrêter » - Fausse Touche · 08/08/2024 à 17:02

[…] À LIRE – La culture football en France, c’est quoi ? […]

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