Alors que Southampton, Leicester, et Leeds viennent d’être relégués en Championship pour la saison 2023-2024, ces trois clubs vont devoir réapprendre à vivre sans les richesses de la Premier League. Enfin, pas tout à fait. Bienvenue dans le monde merveilleux des « parachute payments » ou paiements parachute, versés par la Premier League aux clubs relégués de cette dernière, et sur ce que ces derniers nous apprennent sur la politique sportive et financière en place depuis maintenant 30 ans au sein du football anglais.

parachute payments

Les parachutes payments, c’est quoi ?

Introduits pour la saison 2006-2007 en Angleterre, les parachute payments ont pour but d’aider les clubs relégués à ne pas tomber dans une crise financière énorme lorsque ces derniers retrouvent la Championship. En effet, la Premier League étant la ligue footballistique la plus riche du monde, lorsqu’un club en est relégué, ses revenus vont largement baisser, et ce car la Championship, de par un niveau, une exposition, et une attractivité moindre, ne permet pas aux clubs de prospérer financièrement. Daniel Plumley, chercheur et professeur à la Sheffield Hallam University, titulaire d’un doctorat en finances du sport et expert en la matière et auteur de « Parachute Payments in English Football: Softening the Landing or Distorting the Balance ? », papier de recherche coécrit avec deux de ses collègues à l’université de Sheffield, Rob Wilson et Girish Ramchandani nous analyse des parachute payments. Il les définit de la manière suivante.

« Les parachute payments sont des paiements financiers versés aux clubs qui sont relégués en Championship, le deuxième niveau du football anglais, depuis la Premier League. Donc, ce qu’ils sont censés faire ou ce qu’ils ont été conçus pour faire plutôt, c’est atténuer le choc financier causé par la relégation. Donc, un club reçoit un parachute payment. Il est d’un montant fixe et se verse sur un certain nombre d’années. À l’heure actuelle, avec l’accord de diffusion télévision de la Premier League le plus récent, un parachute payment équivaut à environ £90 millions par club qui sont échelonnés sur une période de trois ans. Le club obtient donc environ £40 millions la première année, puis environ £35 millions la deuxième année, et enfin environ £16 millions la troisième année.

Et comme je l’ai dit, leur but était d’atténuer le choc financier causé par la relégation, car pour un club, l’écart de revenus entre le Championship et la Premier League est d’environ £100 millions à l’heure actuelle. Il y a donc un grand écart financier, et il y a aussi une grosse chute de revenus si vous êtes relégués. Ces paiements existent depuis le début des années 2000 et à l’origine, ils étaient répartis sur quatre ans et avaient une valeur inférieure, puisqu’ils étaient d’environ £65 millions au total. Au fur et à mesure que la valeur des accords de diffusion télévision ont augmentés, les parachute payments ont augmenté et les conditions d’attribution ainsi que leur répartition ont changé. »

Les parachute payments : financièrement, ça donne quoi ?

À son commencement, les clubs relégués se voyaient verser la moitié de la part de droits TV de base qu’un club de Premier League est censé toucher chaque année, et ce, pendant les deux ans suivant la descente de ces derniers en Championship. Si un de ces clubs remontait en Premier League au bout d’un an, pas de versements des parachute payments pour la deuxième année. Au contraire, après deux ans en Championship, le club devrait se débrouiller sans aucune aide financière. Pour être plus précis, voilà ce qui est entendu par la part de droits TV domestique de base, qui sert de référence pour verser les parachute payments : au sein de la Premier League, les revenus générés par la vente de droits TV domestiques (au Royaume-Uni) sont reversés aux clubs de manière partiellement égalitaire.

  • Distribution égalitaire sans condition de 50 % du montant total des droits TV. Ce sont les parts de base.
  • Distribution de 25 % du montant total des droits TV selon le nombre d’apparitions à la télévision. En effet, tous les matchs n’étant pas diffusés en direct au Royaume-Uni, à cause en partie du 3PM blackout tous les samedis, certaines équipes sont donc plus diffusées que d’autres.
  • Enfin, distribution des 25 % restants selon le classement final. Plus un club finit haut dans le classement, plus grosse sera sa part du gâteau.

Les parachute payments représentaient donc à leurs débuts, la moitié de l’argent que n’importe quel club de Premier League était censé recevoir chaque saison en termes de droits de diffusion TV, en excluant la part qu’il devait recevoir pour son classement et son nombre d’apparitions à la télévision.

À LIRE – La clé se trouve-t-elle dans le protectionnisme allemand ?

Par la suite, la Premier League a changé la durée et la distribution des parachute payments. En 2016-2017, cette durée de distribution des parachute payments s’allonge à trois ans après la relégation du club en Championship. Ils se retrouvent en accord avec la durée des accords de diffusion télévision. Ils sont négociés, eux aussi, par cycles de trois ans depuis 2001. De plus, le pourcentage des droits TV que le club devait recevoir dans le cadre des parachute payments se transforme aussi, de manière suivante :

  • 55 % de la part des droits TV de base la première année.
  • 40 % de la part de droits TV de base la deuxième année.
  • 20 % de la part de droits TV de base la troisième année.

Cependant, il est important de noter qu’avec cette réforme, un club n’ayant survécu qu’un an en Premier League avant de redescendre ne pourra bénéficier de parachute payments que pour deux ans et non pas trois comme pour les autres clubs relégués.

parachute payments
Afin de vous faire une idée de ce que représentaient ces paiements en moyenne, voici un tableau récapitulatif pour montrer combien a été versé en parachute payments chaque saison de 2006-2007 à 2016-2017. « Parachute Payments in English Football: Softening the Landing or Distorting the Balance ? ».

Ce que nous remarquons, c’est que quasiment chaque année, l’argent versé dans le cadre des parachute payments a augmenté. Nous sommes passés de £6.482 millions par club par saison en 2006-2007 à près de £27.389 millions par saison et par club en 2016-2017, juste après le changement du système de distribution de ces derniers. Cela pose de nombreux problèmes d’équité financière, comme nous le verrons plus tard dans cet article.

Les « solidarity payments » : un lot de consolation pour le reste de l’English Football League.

En même temps que l’introduction de ces parachute payments, afin de dissiper les doutes concernant la balance sportive, problème que nous aborderons plus tard, la Premier League fut contrainte d’aider le reste de la Championship. Et la Football League en général. La Premier League décida donc de donner près d’£1 million à chaque club de Championship ne touchant pas ces parachute payments. Et ce chaque saison. C’est ce que nous appelons les « solidarité payments », ou paiements de solidarité. Daniel Plumley nous explique leur fonctionnement général.

« Le paiement de solidarité est un paiement qui est lié au même contrat de diffusion télévision de la Premier League que celui utilisé pour verser les parachute payments. Mais contrairement aux parachute payments, il s’agit d’une somme qui est versée à tous les autres clubs de l’English Football League ne bénéficiant pas de ces derniers. Les clubs concernés sont donc ceux de Championship, de League One et de League Two, qui composent trois des quatre premières divisions du football anglais.

Encore une fois, l’objectif était qu’une partie de l’argent généré par la vente des droits TV de la Premier League soit versée à la Football League afin d’assurer le phénomène de ruissèlement des richesses. Cependant, ce que nous avons vu, si nous comparons les paiements de solidarité par rapport aux parachute payments au sein de la Championship, c’est qu’un paiement de solidarité versé à un club qui ne bénéficie pas de parachute payments vaut actuellement £6 millions par club et par an. Et si nous regardons un parachute payment de première année, ce dernier représente environ £40 à £44 millions par club.

Nous nous retrouvons donc dans une situation où, dans la Championship, des clubs reçoivent des parachute payments à hauteur de près de £44 millions par an pendant que d’autres clubs se voient eux versés un paiement de solidarité de £6 millions sur la même période. Il y a donc une grande différence entre la valeur d’un paiement de solidarité et celle d’un paiement parachuté. Néanmoins, ces solidarity payments ont été conçus, comme je l’ai dit, pour que le flux financier généré par la vente de droits de diffusion télévision ne reste pas seulement dans la Premier League, mais puisse aussi ruisseler jusqu‘à la Football League. »

Les changements de condition des parachute payments à partir de la saison 2016-2017 voient le montant versé augmenter de manière considérable. La Premier League n’a pas d’autre choix que de revoir les solidarity payments à la hausse. Pour essayer de contenter le reste de la Football League. En conséquent, un accord a été trouvé afin que chaque club de Championship touche chaque année 30 % de la somme que recevrait un club relégué de Premier League pour le compte de la troisième année des « parachute payments ».

Maigre consolation ?

En résumé, les clubs toucheraient 30 % des 20 % d’une part des droits TV de base d’un club de Premier League chaque année, une maigre consolation, comme l’explique Daniel Plumley juste au-dessus. Avec le nouvel accord de droits TV qui avait était signé entre 2016 et 2019, évalué à près de £5.1 milliards, il était anticipé que les clubs relégués touchent à peu près £42 millions en parachute payments la première année, £32 millions la deuxième, et £15 millions la troisième. Les autres clubs de Championship, sur la même période, toucheraient donc tous chaque année 30% des £15 millions versés la troisième année à un club recevant les parachute payments, soit à peu près £4.5 millions par saison (£6 millions selon Daniel Plumley), ce qui parait très faible comme compensation.

Ce changement dans la distribution des parachute payments et les accords de droits TV croissants ont fait que les clubs relégués sont passés £48 millions reçus sur quatre ans avant 2016-2017 à presque autant en une seule année de parachute payments post-réforme. De plus, avec le nouvel accord signé entre la Premier League et les diffuseurs de 2019 à 2022, estimé à près de £6 milliards, les parachute payments ont encore augmenté. Le seul avantage pour la Championship concernant les paiements de solidarité est que contrairement à l’ancien accord où les clubs recevaient une somme fixe (d’abord £1 million puis £2.3 millions), avec la nouvelle réforme leur permettant de toucher chaque année 30 % d’un parachute payment de troisième année, à chaque augmentation des accords de droits TV de la Premier League, les « solidarity payments » augmenteront en conséquent. Pour autant, cela reste une maigre consolation.

Les parachute payments, quel problème ?

Bien que les « parachute payments » paraissent être une bonne idée pour aider les clubs face à une baisse de revenus certaine, ces derniers posent des problèmes d’équité sportive et questionnent l’équilibre financier du football anglais. La Premier League est un puit de richesses qui semble sans fin et que n’importe quel club veut réussir à atteindre. Une fois cet objectif atteint, il faut se battre pour garder sa place dans l’élite. Pour cela, les clubs récemment promus adoptent souvent une stratégie agressive en dépensant énormément sur le marché des transferts afin d’avoir un effectif permettant au club de rester le plus longtemps possible en Premier League. C’est souvent là qu’intervient le drame. Trop de dépenses, une stratégie sportive floue qui finit par échouer et une descente en Championship qui peut parfois mener à la mort de certains clubs.

Bradford City, victime de leur succès

Demandez aux fans de Bradford City ce qu’ils en pensent. Après une montée en Premier League à la fin de la saison 1998-1999, le club réussit à se maintenir la saison suivante en défiant tous les pronostics. Le propriétaire, Geoffrey Richmond, s’embarqua dans un mercato fou. Qui prendra a posteriori le nom « six weeks of Madness », l’été suivant le maintien du club. Le club dépensa bien au-dessus de ses moyens afin de rester en Premier League, une décision qui s’avéra mener le club à sa perte. Finissant dernier de Premier League la saison suivante, et donc relégué en Championship avec d’énormes salaires à payer et plus les moyens nécessaires, le club ne s’en remit jamais. Le salaire de la recrue phare, Benito Carbone, coûta à lui seul près de £5 millions au club, et ce même en Championship.

Finalement, le club fut placé sous redressement judiciaire et fut lourdement sanctionné sportivement. Une décision sonnant la fin d’une courte période dorée pour le club du Yorkshire. Le club est aujourd’hui enlisé en League Two, quatrième division du football anglais, la faute à une ambition démesurée et une mauvaise gestion. Bradford City est sûrement l’un des cas ayant entraîné la création des parachute payments. Cela n’empêchera pas d’autres clubs de connaître le même destin. Comme Leeds ou Portsmouth quelques années plus tard. Bien évidemment, pour ces trois exemples et de nombreux autres, en plus d’un modèle économique précaire, il faut souligner l’incompétence des dirigeants qui mènent leurs clubs à leur perte.

Conséquence logique d’un tel système ?

Ces exemples, certes extrêmes, montrent un certain problème sur le plan économique au sein du football anglais. Le système en place encourage les dépenses à outrance, et certains clubs n’arrivent pas à faire la part des choses pour rester dans les clous financièrement, comme nous l’explique Daniel Plumley : « Je pense que le système actuel fait en sorte qu’en tant que club, vous devez pouvoir trouver un équilibre entre les risques pris et les récompenses éventuelles. Nous nous retrouvons donc avec un certain nombre de clubs qui vont recevoir des parachute payments ou qui vont accepter qu’il y ait une probabilité que s’ils montent en Premier League, ils vont redescendre un jour ou l’autre. Ils ne vont donc pas nécessairement avoir tendance à prendre trop de risques et vont envisager la situation d’une manière un peu plus axée sur une bonne gestion économique.

Un club comme Norwich City en est un bon exemple, un club qui a fait le yoyo entre la Premier League et la Championship, mais qui a réussi à rester relativement stable financièrement. Vous avez d’autres exemples du contraire, où nous savons que cela ne fonctionne pas de cette manière et nous obtenons donc ce genre de situations catastrophiques, comme l’exemple de Leeds United, même s’il n’était pas seulement lié à des parachute payments mais aussi à des rêves de Ligue des Champions et d’autres paramètres. Mais il y a aussi des exemples plus récents comme Sunderland, connaissant deux relégation de suite. Les Wolves et Wigan ont fait de même. Donc, les statistiques que nous avons dans le papier de recherche vous diront que c’est un cas de figure peu probable, mais il y a toujours un risque que vous descendiez une fois et que vous descendiez encore l’année d’après. »

Un système remis en cause

En voyant un tel nombres de clubs en difficulté financière malgré ces parachute payments, nous sommes en droit de nous demander si ces derniers ont accompli leur rôle de base. Daniel Plumley nous éclaire à ce sujet : « Je pense que ce à quoi nous assistons maintenant, c’est que les parachute payments récompensent l’échec et ce car il y a tellement d’argent à la clé que les clubs n’ont presque pas à se soucier d’ennuis financiers. Si vous obtenez £90 millions sur trois ans, c’est une somme d’argent considérable.

Donc, c’est presque comme si vous saviez que vous pouvez descendre et que cela n’a pas vraiment d’importance. Mais tous les clubs ne le voient évidemment pas de cette façon. Je pense donc que nous pouvons considérer que les parachute payments ont potentiellement fonctionné pour les clubs et ils ont en quelque sorte rempli leur objectif principal. Mais je pense aussi qu’il y a un autre aspect à cela, c’est-à-dire que les clubs font des paris sur leur futur de par l’argent qui est en jeu. Et je pense qu’encore une fois, c’est acceptable d’un point de vue individuel, mais une partie de notre argumentaire de recherche était : « Qu’en est-il du reste de la Championship ? Comment font-ils pour rattraper leur retard ? »

Et je pense que l’enjeu de combler le gouffre financier entre les clubs est plus important pour moi. Ces clubs bénéficiaires des parachute payments choisissent de faire ce qu’ils veulent avec, ça ne regarde qu’eux. Le problème pour moi, c’est qu’il y a des clubs derrière eux dans cette ligue qui ne peuvent tout simplement pas rivaliser et ce n’est pas de leur faute. C’est la faute à un système et un engrenage qui ont existé tout au long de l’histoire de la Premier League. Il y a un problème avec les parachute payments. Oui. Mais il y a aussi un problème plus général qui est le gouffre financier entre les ligues. Je pense que si nous parvenions à combler ce gouffre, même partiellement, nous verrions moins de clubs risquer le tout pour le tout afin d’être promus à l’échelon supérieur. »

Les parachute payments pour amortir les relégations

Selon Daniel, les parachutes payments paraîssent être une bonne initiative pour ces clubs qui finissent par voir leurs rêves de Premier League devenir un cauchemar. Néanmoins, cela montre le problème de distribution d’argent au sein du football anglais. De par la séparation de la Football League et de la Premier League en 1992, le système égalitaire et solidaire sur lequel reposait le football anglais s’est effondré.

C’est d’ailleurs la raison principale de la création de la Premier League. Les clubs formant le Big Five de l’époque, Manchester United, Liverpool, Arsenal, Everton et Tottenham, en avaient tout simplement assez de devoir partager les revenus de droits TV avec le reste de la Football League (92 clubs au total !). Ils décidèrent donc, avec la Premier League, de changer totalement le système égalitaire et solidaire en place. La seule chose conservée fut le système de montées et de descentes, faisant en sorte que les clubs de la Football League puissent rejoindre la Premier League de par le même système de promotion et relégation que celui en place depuis la création de l’English Football League à la fin du XIXᵉ siècle.

Cependant, les clubs de Premier League n’auraient plus, de par la création d’une entité sportive nouvelle, autonome, et indépendante de la Football League, à partager le butin avec le reste de la pyramide du football anglais comme ce fut toujours le cas auparavant. Pendant que la Premier League est parti récolter des richesses qu’elle n’a plus eu à partager avec le reste de la Football League, la Championship et les autres divisions inférieures se sont enlisées dans une situation financière délicate et précaire. Notamment car la Championship, la League One et la League Two ne permettent pas aux clubs membres de générer autant de revenus de par une exposition médiatique, un niveau sportif et un intérêt du grand public moindre comparé à la Premier League.

La Premier League : grande coupable d’un système inégalitaire ?

Alors, la Premier League et sa création sont-ils les coupables de cette situation qui ne fait que s’empirer ? Pour Daniel Plumley, c’est plus complexe que ça. « Je ne pense pas que la Premier League devrait être tenue responsable de cette situation dans le sens où cette dernière a apporté beaucoup de croissance économique au football anglais. Oui, une grande partie de cet argent est restée au sein de la Premier League. Mais vous savez, certaines des choses positives créées par la Premier League ont également été ressenties par la Football League. Je pense donc que le mot « rendre des comptes » n’est probablement pas le bon.

Mais je pense que nous devons être conscients maintenant qu’il y a un grand écart financier et un déséquilibre financier et que nous devrions nous efforcer de combattre cela. Mais vous ne pouvez pas vraiment blâmer la Premier League d’avoir fait ce qu’elle a fait, et elle l’a plutôt bien fait pour être tout à fait honnête. Nous en revenons toujours à une question plus large autour de la gouvernance du football anglais. »

Ce qui est intéressant d’analyser dans ce cas, pour prouver l’existence de ce gouffre financier, c’est l’écart financier entre les clubs de Premier League, ceux de Championship bénéficiant des parachute payments, et ceux de Championship dits « lambda », qui eux ne reçoivent que les solidarity payments. En 2011, un club relégué en Championship bénéficiant des parachute payments avait, en moyenne, des revenus annuels de £29 millions, tandis que les clubs de Championship ne recevant pas ces aides avaient des revenus de £15 millions en moyenne.

Cela représentait déjà près de 100 % de revenus en plus, un avantage financier considérable. Sur la même période, selon Deloitte, les clubs de Premier League généraient à eux tous près de £2.4 milliards, soit une moyenne de £120 millions par club, ce qui représente des revenus quatre fois plus élevés que ceux des clubs de Championship recevant des parachute payments, et pire, des revenus huit fois plus élevés que les clubs de Championship « lambda ».

Écarts abyssaux

Cela représente un énorme gouffre financier, où nous observons clairement trois paliers différents avec chacun des ressources bien différentes. Pour que cela soit un peu plus représentatif, regardons maintenant cet écart et ce qu’il est devenu plus récemment, pour la saison 2018-2019, la dernière saison non impactée par le COVID sur laquelle les résultats financiers sont disponibles, à l’aide de ce graphique fourni par Deloitte, que vous pouvez retrouver dans leur « Annual Review of Football Finance 2020 ».

parachute payments

Comme vous pouvez le voir, un club de Championship recevant des parachute payments touchait en moyenne £57 millions par saison en 2018/19, pendant qu’un club de Championship lambda ne touchait que £23 millions par saison. Cela représente un écart de 147 % entre les clubs d’un même championnat, et ce juste grâce aux parachute payments, qui représentent en moyenne £34 millions des revenus annuels d’un club relégué en Championship en 2018-2019, soit plus que les revenus totaux moyens des autres clubs du championnat. Ce graphique nous montre aussi le gouffre entre la Premier League et la Championship. Un club relégable de Premier League touche en 2018/19 près de £128 millions par saison, soit un écart de £71 millions avec un club profitant des parachute payments. Pas étonnant que les clubs relégués aient du mal à survivre quand nous voyons le gouffre financier qui sépare la Premier League de la Championship.

En plus de créer un écart financier certain au sein de la Championship, les parachute payments n’empêchent pas les clubs relégués de perdre énormément d’argent. Selon The Athletic, malgré les parachute payments, les clubs relégués perdent entre 50% et 70% de leurs revenus l’année suivant leur descente en Championship. Cela représente un trou énorme dans le budget d’un club, parfois impossible à combler même grâce à ces parachute payments. Par exemple, lors de la saison 2018/19, Fulham a vu ses revenus chuter de 58 % après sa descente. L’année suivante, Watford et Norwich ont vu leurs revenus baisser de 52 % lors de leur retour en Championship. Nous nous retrouvons donc avec un système où les parachute payments ne résolvent pas le problème qu’ils sont censés résoudre, à savoir combler l’écart financier entre Premier League et en Championship pour les clubs relégués.

Une balance sportive en grand danger à cause des parachute payments

Cet écart financier abyssal entraîne un problème évident de balance compétitive au sein même de la Championship, avec une différence qui ne cesse de s’accroitre. Nous sommes passés de près de 100 % de revenus en plus pour les clubs bénéficiant de parachute payments à 147 % de revenus en plus, et cela en seulement trois ans, de 2016 à 2019. Daniel Plumley nous éclaire au sujet de ce problème d’équité économique et sportive évident : « Tu as mentionné des exemples [Burnley et Norwich entre autres, NDLR] et les médias en Angleterre utilisent l’expression « faire le yoyo » pour ces clubs, ceux qui vont se trouver entre la Championship et la Premier League.

Et nous devons être conscients que c’est en partie à cause des parachute payments, car si un club est promu puis relégué, il se retrouve avec un budget plus important que les autres clubs de Championship ou, la plupart du temps, avec bien plus de chances d’être promu à nouveau. Ce club peut garder certains de ces meilleurs joueurs. Il a aussi un meilleur effectif que certains autres clubs de Championship. Donc, je pense que beaucoup de clubs de Championship sont tout à fait honnêtes sur le fait qu’ils ne se battent pas pour entrer dans le top six, ils se battent pour être premier parmi les douze derniers et ce sont des attentes réalistes en raison des finances des clubs contre qui ils doivent se battre.

Donc oui, je pense qu’il y a certainement des arguments pour soutenir cette narrative de différentes ligues au sein d’une même ligue. Vous avez par exemple les six à sept derniers de la Premier League qui forment une ligue, ainsi que les six à sept premiers de la Championship. »

L’approbation scientifique d’une équité sportive

parachute payments
« Parachute Payments in English Football: Softening the Landing or Distorting the Balance ? », Rob Wilson, Girish Ramchandani et Daniel Plumley.

De plus, une analyse scientifique prouve que ces parachute payments altéraient la balance sportive de la Championship. En effet, sur la période de 2006-2007 à 2016-2017, il a été calculé que les clubs recevant les parachute payments avaient en moyenne 18,9 % de chance d’être promus, contre seulement 10 % pour les clubs ne recevant pas ces derniers. Cela représente quasiment deux fois moins de chances de promotion, ce qui est un écart anormal. En addition, les clubs touchant ces parachute payments ont statistiquement moins de chance de descendre en League One (9,5 %) que ceux qui n’en touchent pas (13,7 %). Cet écart de chance est dû à l’écart de revenus entre les différents clubs d’un même championnat. L’argent est un facteur de réussite primordial dans le monde du football.

La théorie de Kuper et Szymanski détermine que la masse salariale d’un club prédisait à 92 % de chance près son classement final à la fin d’un championnat. Donc, plus un club dépense en salaires, plus il est bon, en théorie. Il paie de bons joueurs, et donc finira plus haut dans le classement. Cela s’applique évidement à la Championship, ou les clubs recevant les parachute payments ont plus de revenus que leurs rivaux, et donc plus à dépenser pour payer des joueurs susceptibles de les faire remonter en Premier League.

C’est une situation récurrente depuis l’inauguration des parachute payments que dénonce Daniel Plumley avec quelques exemples récents : « Ce que je veux dire, c’est que si nous regardons cette saison [2023-2024], c’est un bon exemple, n’est-ce pas ? Nous avons les trois clubs qui ont été promus en Premier League [Burnley, Sheffield United, Luton Town] qui sont les trois derniers du championnat, si je ne me trompe pas. Burnley et Sheffield United étaient en Premier League récemment et ils sont descendus et ils sont remontés. Leicester va remporter le titre de Championship facilement parce qu’ils n’auraient pas dû être relégués avec l’effectif qu’ils ont.

Newcastle descend il y a quelques années. Mais remporte le titre en Championship facilement. Cette année Leeds sera dans la course à la promotion. Southampton sera également dans le coup. Et puis il y a d’autres clubs qui sont des clubs bénéficiaires de parachute payments de deuxième année et ceux bénéficiaires de parachute payments de troisième année qui sont aussi dans la première partie du tableau. Et, oui, cela va rester comme ça jusqu’à ce que le système change. »

Grâce aux parachute payments, une élite se dégage en Championship.

Newcastle, Burnley, Norwich, ou Fulham ont même réussi cet exploit de remonter directement dans l’élite deux fois chacun entre 2008 et 2023. C’est la preuve de cette création d’une troisième catégorie de club, qui semblent constamment faire le yo-yo entre la Championship et la Premier League. Ils sont trop riches pour l’un et trop pauvres pour l’autre. Plus le score obtenu s’éloigne de 100, plus la balance sportive du championnat est en danger. La Championship, depuis l’introduction des parachute payments, est un championnat où la balance sportive est en danger. À deux exceptions près, le score s’éloigne énormément de 100. Aux alentours de 106-107, les chiffres montrent un véritable danger venant de l’écart financier qui sépare les clubs bénéficiant des parachute payments, avantagés, et le reste, lésés.

Daniel Plumley et ses collègues Rob Wilson et Girish Ramchandani ont inventé un modèle afin de calculer la balance compétitive d’un championnat, en se basant sur le modèle d’Herfindhal.

Un problème de perdu…

Donc les parachute payments, en plus de ne pas résoudre le problème de base, en créent d’autres, avec une Championship tronquée où les clubs recevant des parachute payments ont un avantage financier considérable sur leurs rivaux. Les parachutes payments, au lieu de lisser les écarts de revenus, ont juste servi à créer une troisième catégorie de club, qui oscillent entre la Premier League et la Championship, car trop riche pour l’un mais pas assez pour l’autre.

En 2016-2017, les huit clubs de Championship avec le plus de revenus étaient ceux recevant des parachute payments, et vous pouvez constater vous-même l’écart financier important avec le reste de la ligue, les « solidarity payments » ne compensant pas cet écart.

À LIRE – Championship et Ligue 2, des mondes d’écart

À la fin de cette saison, trois de ces huit clubs (Fulham, Reading et Newcastle) finirent dans le top
six synonyme de play-offs d’accession, signe de cet écart sportif avec le reste de la ligue. Depuis 2006-2007 et l’introduction des « parachute payments », 14 clubs ayant été relégués remontent en Premier League la saison suivante. Soit quasiment un chaque année. Depuis le changement de ces parachute payments en 2016/17, chaque année, un club relégué a réussi à retrouver la Premier League l’année suivant sa descente.

Au final, le principe même des « parachute payments » démontre tout ce qui ne va pas dans le système sportif et financier au sein du football anglais. Tout est lié à la création de la Premier League, voyant donc les 22 puis 20 meilleurs club amasser les richesses pendant que le reste de la pyramide stagne. Cela a créé un gouffre financier entre la Premier League et la Championship, qui pousse les clubs à l’excès afin de rester dans le bon wagon.

Les finances des clubs de Championship : une situation critique

Si nous nous intéressons aux finances des clubs de Championship plus dans le détail, nous nous rendons compte que de nombreux clubs ne tiennent qu’à un fil de par des dépenses et des dettes astronomiques. Nous avons déjà parlé du fait que certains clubs ont tendance à faire un pari sur l’avenir en dépensant au-dessus de leurs moyens, en espérant que la balance financière s’équilibre grâce aux richesses de la Premier League. Ce que nous avons vu récemment, c’est une généralisation de ce phénomène qui donne pour résultat des clubs surendettés. Comme un meilleur effectif donne de meilleures chances de succès sur le terrain, de nombreux clubs dépensent de plus en plus au niveau de la masse salariale.

« Annual Review of Football Finance 2020 » de Deloitte

Ce graphique, retraçant la masse salariale comparée aux revenus totaux pour les clubs de Championship, League One, et League Two en 2017-2018 et 2018-2019 est sans appel. Pour les deux saisons étudiées, les clubs de Championship ont dépensé plus en salaire qu’ils ne génèrent d’argent au cours de l’année.

Autrement dit, les clubs de Championship dépensent plus de 100% de leurs revenus annuels dans les salaires des joueurs et du staff, un modèle économique non viable et voué à la catastrophe un jour ou l’autre. Ce modèle assure que les clubs perdent de l’argent chaque année, et ce car ils cherchent à tout prix à rejoindre un championnat qui leur promet monts et merveilles. Des finances saines sont marquées par un ratio salaire/revenus situé entre 60 % et 70 %. La dépense liée aux salaires n’excède pas 60 % à 70 % du revenu total du club sur la saison. Les clubs de Championship foncent droit dans le mur.

À LIRE – Leicester City, braquage à l’anglaise

Cette tendance ultra dépensière se confirme par les pertes économiques des clubs de Championship. La courbe bleue représente les pertes avant taxation par l’État, tandis que la courbe verte représente les pertes effectives. Celle après la prise en compte des taxes. Ce que nous remarquons donc, c’est que chaque année, l’ensemble des clubs de Championship perd de plus en plus d’argent. Nous passons d’une moyenne de £9.375 millions de pertes effectives par club en 2014-2015 à une moyenne de près de £16 millions de pertes par club en 2018-2019, une augmentation de presque 70% de pertes annuelles.

Ces chiffres sont alarmants, surtout quand nous ajoutons à cela qu’à l’été 2019, juste avant le début de la pandémie de COVID-19, qui, nous le savons, a été destructrice sur le plan économique pour le football en général, les clubs de Championship cumulaient à eux tous près d’£1.1 milliard de dettes, une somme faramineuse. C’est un modèle économique qui n’est évidemment pas viable. Il finira par faire disparaitre certains clubs qui ne vont simplement plus pouvoir suivre le rythme économiquement parlant. La clé passe-t-elle par une meilleure répartition des richesses ?

parachute payments
Pertes générées par les clubs de la deuxième division anglaise de 2014-2015 à 2018-2019. « Annual Review of Football Finance 2020 », Deloitte.

Malgré tout, des changements sont possibles

Ce système a créé une situation où une descente en Championship était presque fatale de par la démesure de la Premier League, forçant les instances à créer les « parachute payments ». Au lieu de résoudre ce problème, ces payments en ont créé d’autres. Au lieu de pousser à un système plus égalitaire, en essayant de combler cet écart économique entre Premier League et Championship, les parachute payments ont altéré la balance sportive de la Championship et l’écart financier entre cette dernière et la Premier League ne cesse de s’accroître. Nous nous retrouvons donc avec des clubs faisant le yo-yo, et avec un argent toujours aussi mal reparti, les « solidarity payments » ridicules versés par la Premier League à la Football League ne suffisant pas à combler un écart économique devenu abyssal.

Burnley est le dernier exemple en date de ce système des parachute payments devenu risible. Relégué à la fin de la saison 2021-2022 en Championship, le club a reçu près de £90 millions de parachute payments, lui permettant de stabiliser ses finances. Finalement, un an plus tard, le club décroche facilement la Championship et retrouve la Premier League pour la saison 2023-2024. Bien que la Premier League soit la ligue la plus riche et puissante du monde, elle a énormément de travail à faire pour garantir une équité financière et donc sportive au sein de son pays si elle veut continuer à progresser, et si elle ne veut pas voir le reste de la pyramide du football anglais s’effondrer.

À LIRE – Américanisation du football, vers une explosion de la bulle ?

La perte de balance compétitive que vit la Championship peut-être néfaste. À terme, avec moins d’engagement de la part des fans, la Championship peut avoir du mal à attirer des sponsors, diffuseurs, et
partenaires, et ainsi tomber dans un cercle vicieux, où l’écart financier avec la Premier League ne cessera de s’accroître. La modification ou la suppression des parachute payments évitera-t-elle la catastrophe ? Cela passe par une meilleure répartition de l’argent dans la pyramide du football anglais, ce dernier ne ruisselant pas assez aujourd’hui.

Un problème qui s’entretient ?

Une hypothèse pourrait être d’augmenter les solidarity payments afin de réduire l’écart entre les clubs bénéficiant de parachute payments et le reste. Cependant, il faut aussi lisser l’écart de revenus entre la Championship et la Premier League en général. Cela permettrait aux clubs relégués d’être plus sereins financièrement et de ne pas craindre la catastrophe, mais aussi de restaurer la balance sportive dans la Championship en elle-même. En réduisant l’écart de revenus entre Premier League et Championship, les clubs seront certainement plus prudents dans leurs dépenses afin de rejoindre l’élite, permettant un modèle économique plus sain en limitant les risques de redressement judiciaire pour dettes excessives.

Dans son papier de recherche, Daniel Plumley et ses collègues proposent un système de déduction de points pour les clubs bénéficiant de ces parachute payments. Le dilemme est simple, accepter l’argent et débuter le championnat avec cinq points de moins que les autres clubs, ou décliner ce l’argent et commencer la saison sur un pied d’égalité. Cependant, Daniel sait que cette mesure parait utopique, et propose d’autres alternatives.

À LIRE – Lorsque la formation propulsait les champions

« La recommandation formulée dans le papier de recherche en faveur d’une déduction de points ne se concrétisera jamais, et nous en sommes très conscients. Les clubs ne vont pas voter pour cela. Mais il y a des choses que nous pouvons chercher à proposer. Je pense que la proposition la plus réaliste est l’une des deux choses suivantes : un examen plus large du mécanisme de distribution des parachute payments dont nous avons déjà parlé, pour combler l’écart financier entre les ligues, ce qui commence à devenir une option sérieuse à cause de la menace pressante de la réglementation indépendante et de l’implication du gouvernement pour réguler le football professionnel anglais, ce que la Premier League craint.

Une autre proposition réaliste serait de se débarrasser complètement des parachute payments et de les remplacer par une règle de contrôle de coûts, par laquelle vous faites en sorte que, quel que soit l’écart financier entre les différentes ligues, les clubs puissent augmenter le coût de leur équipe de X pourcent dans cette ligue, mais qu’ils doivent aussi le réduire de X pourcent en cas de relégation. Et cela devrait être quelque chose que les clubs font même sans réglementation, mais parfois ils ne le font pas. À titre d’exemple, Leeds United l’a fait cette saison.

La plupart de leurs joueurs disposaient d’une clause de réduction de salaire dans l’éventualité d’une relégation en Championship, preuve que les clubs s’améliorent dans ce domaine. Mais en ayant une vraie règle concernant les coûts de l’équipe, prenant en compte les salaires des joueurs, les frais de transfert, et avec une mise en place par les ligues dans l’objectif d’avoir un meilleur cadre de gouvernance, alors à mon avis, nous n’avons pas besoin de parachute payments, et ce parce que les clubs ont alors déjà pris en compte la hausse des revenus ou la diminution de ceux-ci dans la structure de leur budget. »

À LIRE – Brighton, quand le salut passe par l’imagination

Une autre éventualité qui pourrait se concrétiser prochainement serait de vendre les droits TV différemment. Le gouvernement anglais met enfin la pression à la Premier League concernant le partage des gains. Elle menace les clubs, qui se gouvernent eux-mêmes depuis 1992, de voir un organisme indépendant reprendre leur gestion. Une décision qui sonnerait donc la fin des privilèges. Pour éviter cela, la Premier League pourrait très bientôt vendre ses droits TV en commun avec ceux des trois divisions de l’English Football League, permettant un meilleur partage des gains. Cependant, temps que le football anglais, et la Premier League auront cette politique économique de non partage et de survie du plus fort, nous continuerons d’avoir un système dysfonctionnel bénéficiant seulement à l’élite individualiste en laissant le reste de la Football League à quai.


3 commentaires

Daniel Plumley sur son analyse des paiements parachute : « Les clubs voudront faire passer leur intérêt personnel avant le bien-être du reste du football anglais » - Fausse Touche · 04/11/2023 à 17:01

[…] À LIRE – Notre article complet sur les paiements parachute et les problèmes qu’ils posent […]

Au crépuscule de son existence, que devient Wigan ? - Fausse Touche · 04/12/2025 à 17:29

[…] À LIRE SUR FAUSSE TOUCHE – Les parachute payments, parasol doré néfaste pour les clubs anglais ? […]

Morecambe FC : la crise de trop au Royaume-Uni ? - Fausse Touche · 17/01/2026 à 16:15

[…] À LIRE SUR FAUSSE TOUCHE – Les parachute payments, quand l’argent coulent trop à flot […]

Laisser un commentaire

Emplacement de l’avatar

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *