Le football est plus un simple sport. Pour Pigeon Soccer, il est vecteur de mixité sociale, de tolérance, de partage entre individus au parcours différent. Il l’est aussi particulièrement au Japon, pour les richesses qu’il apporte. Il permet d’évoluer en tant qu’individu et d’oublier un quotidien souvent très stressant au Pays du Soleil Levant.

pigeon soccer

Le cécifoot, véritable témoin des apports bénéfiques de la pratique du ballon rond, qui commence à se développer, a grandement inspiré des personnes avec un autre handicap. C’est ainsi qu’est née une école de football japonaise de Tokyo. L’école Pigeon Soccer accueille les enfants et adolescents atteints de troubles mentaux comme l’autisme, l’hyperactivité ou encore le syndrome de Down.

Pigeon Soccer, une école et un projet ambitieux

Le projet de la Pigeon School est encore jeune. Malgré tout, on y dénombre déjà environ 25 enfants pratiquant le football. Il sont accompagnés par plusieurs adultes, bénévoles. Chaque accompagnant doit s’occuper de deux ou trois enfants, ce qui nécessite des moyens humains assez importants. Il y a aussi un staff médical en cas de blessures. Il est aussi présent pour suivre l’impact du football sur la santé de ces enfants. Tout est donc bien structuré, ce qui a évidemment été fastidieux.

Pour mener à bien la création de cette entité, le fondateur, Yuki Suzuki, a dû s’entourer de spécialistes qui pouvaient l’aiguiller. Il a rencontré un enseignant d’une école de soutien spécial et ils ont ainsi décidé d’organiser des cours de football. Cela a été la première étape du projet. Un tel projet est coûteux, notamment en terme de matériel. Or les aides n’abondent pas lorsqu’il s’agit d’initiatives sociales. Il faut se débrouiller seul et sortir les financements de ses poches.

« Je pense que le football rend les gens heureux. Je joue au football depuis que j’ai 7 ans. Et j’ai voulu redonner quelque chose à la société au travers du football »

Yuki Suzuki

Ce manque criant de visibilité empêche le développement d’une pratique pourtant bienfaitrice. Les sports collectifs sont avant tout un vecteur de fraternité et d’intégration. Sur un terrain, tout le monde est, en théorie, égal. Les enfants souffrant de troubles psychologiques sont souvent pointés du doigt, traités différemment des autres. Jouer au football leur offre un répit. Il naît le sentiment d’être comme les autres, de ne plus être marginalisé, comme nous le raconte Yuki. Beaucoup de ces enfants sont aussi souvent assez seuls. Bien que l’exclusion des personnes « différentes » existe en France, le phénomène est encore plus fort dans la société nippone.

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Ainsi, jouer au football, un sport qui se joue nécessairement à plusieurs, offre la possibilité de tisser des liens, de se faire des amis. Il empêche la création de ce sentiment de solitude permanente, très destructeur à cette période de la vie. Les camarades de jeu de la Pigeon School sont tous atteints de troubles psychologiques. Ils sont donc les plus à même de comprendre ce qu’un d’entre eux ressent et subit. Et ce même si évidemment, ils n’ont pas tous les mêmes pathologies. De plus, les sports collectifs sont très mis en avant sur l’archipel, parce qu’ils véhiculent les notions d’entraide et de coopération. Ces deux facteurs sont très importants dans leur vie sociale ou bien dans le monde du travail, rendu plus accessible et moins excluant. La pratique du foot permet de les inculquer, tout comme le dépassement et l’estime de soi, également très importantes.

Enfin, la pratique du football est avant tout bonne pour leur santé, comme tous les sports. Cela semble évident, mais c’est particulièrement bienvenu pour des personnes souffrantes des troubles psychologiques. La marginalisation déjà évoquée génère une sédentarité et un manque d’activité physique pouvant déboucher à long terme sur de l’obésité et d’autres maladies liées. En 2009, une étude réalisée dans la région Midi-Pyrénées a en effet démontrée que le risque d’obésité est trois fois plus élevé parmi les personnes ayant un handicap mental. Outre l’obésité, il n’est pas rare que d’autres pathologies accompagnent malheureusement les enfants. Cela peut rendre la pratique du sport dangereuse si elle n’est pas encadrée. L’école Pigeon Soccer permet donc un développement physique et psychique adéquat pour ces écoliers, tout en proposant un programme sans risque pour eux.

Une initiative enrichissante mais toujours anonyme

Sans gros moyens, la Pigeon Soccer School a réussi à attirer des élèves, confiés en toute sérénité par les parents. Pour inscrire leur enfant, ces derniers doivent d’ailleurs remplir un formulaire en ligne qui offre l’accès à une initiation, et peut donc déboucher sur une inscription. Grâce à une bonne communication sur les réseaux sociaux, et des partenariats avec la très renommée Université de Tokyo, le projet de Yuki Suzuki continue de se développer. Malgré tout, l’initiateur constate un réel manque de projets similaires dans la métropole tokyoïte. On trouve peu d’écoles de football spécialisées et peu d’enfants avec ces troubles ont accès à la pratique du sport le plus populaire du monde. Il est également dur de le médiatiser puisque qu’aucun championnat n’existe. Seul un tournoi annuel est organisé dans la métropole, qui peine toutefois à faire du bruit.

Si la Pigeon School est une bonne avancée pour l’accompagnement des enfants et adolescents ayant une maladie psychique, elle ne reste néanmoins qu’une petite école de football, avec un impact uniquement local. Yuki Suzuki souhaite donc continuer à développer cette école. Mais il veut aussi voir d’autres institutions de ce type émerger, notamment hors de la métropole de Tokyo. Ce genre d’initiative étant malheureusement bien absentes hors du Kanto.

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Même si l’objectif premier est d’accompagner les enfants grâce aux apports du football, la Pigeon Soccer veut permettre de casser les tabous et clichés péjoratifs sur les personnes en situation de handicap. Elles doivent être comprises. Tout ça pourra être permis grâce au travail de ces bénévoles altruistes, et à l’amour du ballon rond. Car si le foot est plus que jamais au centre des polémiques, ce sport gardera toujours dans son essence les plus belles valeurs de l’humanité.


killianbesson

Bonjour, je m'appelle Killian/キリアン/किलियन et je suis fan de football asiatique, surtout japonais et singapourien. Je suis aussi passionné de géopolitique et de gastronomie, et scout amateur. Je supporte le Vissel Kobe en D1 japonais pour le meilleur et surtout pour le pire.

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