L’équipe de France aborde l’Euro avec une confiance renforcée, établie par une série impressionnante lors de la Ligue des Nations. Les tricolores restent invaincues après six victoires consécutives, avec 14 buts inscrits et seulement deux encaissés, se classant premières de leur groupe. Depuis le début de l’année civile, la France a aligné huit succès consécutifs, et s’est préparée de la meilleure des manières avec deux victoires : un 5-0 contre la Belgique le 20 juin dernier, puis 3-2 face au Brésil il y a moins d’une semaine, avec un jeu percutant et des scenarii différents. C’est le moins que l’on puisse dire.

La solidité défensive sous Bonadei explique cette solide dynamique. L’animation défensive et le collectif n’ont jamais été aussi forts dans une équipe de France féminine. Le milieu de terrain est capable de maîtriser le tempo du match. Gérer les moments de temps fort et de temps faibles. Si l’équilibre défensif est impeccable, l’animation offensive est tout aussi performante pour le moment. L’équipe se projette rapidement vers l’avant, avec une recherche de verticalité affichée. Mais les Françaises sont aussi capables d’imposer des séquences de possession qui font mal à leurs adversaires.

Les couloirs sont les secteurs les plus dangereux. Sakina Karchaoui, Sandy Baltimore et Selma Bacha provoquent et amènent du danger dans les défenses adverses. Kadidiatou Diani ou Marie-Antoinette Katoto sont toujours placées à la retombée de centres. L’équipe de France est moins prévisible, moins dépendante de ses individualités et possède une force collective que nous avons très peu connue auparavant. Elle est plus armée mentalement pour répondre aux attentes qu’un Euro peut demander, alors que l’on sait que la sélection a toujours buté au moment de monter sur la grande scène. Sa maturité dans la gestion des matches ne fait aujourd’hui que très peu de doutes. Cette série témoigne d’une confiance retrouvée et d’un groupe fort, déterminé à réussir son entrée dans la compétition.

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Cependant, des interrogations demeurent : avec l’absence de cadres historiques, Wendie Renard pour ne citer qu’elle, certaines joueuses devront s’affirmer dans un rôle de cadre. Qui, parmi les jeunes, ou les habituées, prendra le relais ? Certaines joueuses, encore peu expérimentées à ce niveau, devront s’imposer rapidement. Quelle sera leur place dans la hiérarchie réelle de Bonadei ? Malgré une récente blessure, l’attaquante de San Diego, Delphine Cascarino, a été retenue. Son retour en forme est-il suffisant ? Sera-t-elle prête physiquement à tenir son rang ? Sa présence dans l’animation offensive est déterminante pour le rendement des Bleues. La France évoluera dans le groupe D, très exigeant. Néanmoins, les Françaises ont les moyens de briller contre l’Angleterre, des Pays-Bas et du Pays de Galles, c’est une certitude.

Le milieu de terrain est sans doute le secteur le plus solide : le trio au milieu a montré beaucoup de complémentarité ces derniers mois, avec un bon mélange d’impact, de maîtrise et de justesse technique. C’est un milieu qui sait faire le lien entre la défense et l’attaque, et qui donne une vraie assise au jeu tricolore. Amel Majri, qui revient en forme, peut aussi intégrer cette zone pour apporter son sens du jeu et sa qualité de passe.

Devant, la France possède des profils variés, capables d’apporter des solutions différentes selon les matchs. Katoto aura la lourde tâche de faire oublier Le Sommer. Ce sera peut-être enfin l’occasion pour elle de s’imposer comme l’attaquante de référence en sélection. Autour d’elle, Malard peut apporter de la profondeur, Mateo un jeu plus technique entre les lignes, et Baltimore sa percussion et ses qualités de dribble. Le banc semble armé pour faire la différence en fin de match, ce qui est souvent décisif dans ce genre de tournoi.

Mais il y a aussi des points d’interrogation. Derrière, l’absence de Wendie Renard laisse un vide important, pas seulement par son niveau, mais aussi par son rôle de leader. Au-delà d’une simple défenseure, elle a incarné la stabilité de l’équipe de France pendant plus de dix ans. Son aura en dehors du terrain, ses qualités sur le terrain (anticipation, jeu aérien) vont laisser un vide énorme dans cette équipe de France. Toute l’animation doit désormais être repensée. Mbock, Lakrar ou De Almeida vont devoir vite s’imposer et former une charnière solide, surtout face à des équipes comme l’Angleterre ou les Pays-Bas. D’autant plus que sur cette phase de poules, la défense aura forte affaire avec des grandes attaquantes à gérer (Miedema, Russo, Hemp).

L’absence des cadres historiques lors de cet Euro, loin d’être anodine, restera éternellement dans les mémoires. Eugénie Le Sommer, meilleure buteuse de l’histoire des Bleues (94 buts), Wendie Renard, capitaine emblématique de l’équipe de France (168 sélections, 39 buts) et Kenza Dali, souvent précieuse dans l’entre-jeu, encourageront leurs coéquipières depuis leur canapé. Leurs absences sont loin d’être anodines. Elles marquent un véritable tournant, pas forcément compris ou expliqué, et une rupture avec une certaine histoire de l’équipe de France que ces joueuses incarnaient. Derrière ce choix de ne pas les sélectionner, Laurent Bonadei cherche à poser les bases d’un nouveau cycle.

Depuis sa nomination en tant que sélectionneur, il n’a eu de cesse d’insister quant à sa volonté de construire une équipe en mouvement perpétuel, capable d’évoluer collectivement, sans rester dépendante de ses cadres historiques. Wendie Renard et la charnière centrale avaient montré quelques limites de mobilité et de relance dans les derniers gros matches joués. La volonté de Bonadei est de construire une défense plus rapide, capable de jouer plus haut sur le terrain, quitte à perdre en expérience. Il envoie ainsi un message de responsabilité envers la génération montante (Mbock qui sera d’ailleurs indisponible face aux Lionesses, Lakrar et De Almeida).

La forme récente de Le Sommer a beaucoup été pointée du doigt. Les performances de la légende bleue seraient irrégulières. Ce choix est encore une volonté de se tourner vers l’avenir en confiant les clés de l’attaque à Katoto, annoncée depuis plusieurs années comme la relève. C’est également une épine dans le pied en moins pour Bonadei, qui s’évite de faire des choix sur le front de l’attaque.

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Le choix tactique a aussi guidé l’éviction de Kenza Dali. Le milieu à trois très athlétique (Jean-François –Geyoro – Toletti) a donné satisfaction au coach. Dali n’avait peut-être pas le coffre pour enchaîner les courses et les efforts aux yeux du staff. Un élément important dans les principes de jeu du sélectionneur. Ces absences illustrent une volonté assumée de moderniser le jeu de l’équipe. De fluidifier les automatismes et donner plus de responsabilités à une nouvelle génération. Un pari qui est risqué et osé au vu de l’expérience qu’elles auraient pu apporter. Mais témoigne un projet cohérent qui s’est construit petit à petit : une équipe de France féminine tournée vers l’avenir.

La France devra donc confirmer ce vent de renouveau et de résultats positifs, par une compétition majeure enfin réussie. Dans le jeu, certes, mais valider tout cela par un trophée majeur après lequel courent les Bleues devient essentiel pour Bonadei. En cas de mauvais résultat, sera-t-il prêt à endosser les critiques sur ses choix ?

La France a souvent buté au stade des quarts, parfois par manque de lucidité ou de caractère dans les moments chauds. Cette fois, avec une dynamique positive et un groupe qui semble soudé, les Bleues ont peut-être les armes pour briser ce plafond de verre. Mais elles seront attendues et n’auront plus le droit à l’erreur.


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Récap J1 : des résultats attendus pour cette première journée - Fausse Touche · 07/07/2025 à 15:03

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