La Suède arrive en Suisse avec l’envie de décrocher un titre majeur pour une génération dorée. Finaliste des JO 2021, demi-finalistes de la Coupe du Monde 2023, les joueuses connaissent les hautes altitudes. Mais le temps presse, car la grande majorité du groupe suédois arrive en fin de cycle. Le groupe annoncé reste construit autour de ses cadres : Asllani, Rolfö et Eriksson. La Suède va être une équipe fidèle à son ADN : solide, collective et disciplinée.

Depuis huit ans, la Suède fonctionne avec un noyau stable, à la fois au niveau du staff qu’avec les joueuses. Cochées par Peter Gerhardsson, sélectionneur en poste depuis 2017, l’équipe a développé une véritable cohésion, qui fait figure de référence en Europe. Leur régularité sur la scène internationale le témoigne. Les joueuses se connaissent parfaitement, que ce soit en sélection ou en clubs. Dix joueuses évoluent en Angleterre, quatre en Suède, dans des effectifs bien huilés. D’ailleurs, sur leurs douze derniers matches, l’équipe suédoise affiche un bilan de haut niveau. Huit victoires, deux nuls et deux défaites, pour 26 buts marqués et seulement 8 encaissés. Cette puissance collective en fait une équipe difficile à déstabiliser et particulièrement létale dans ses temps forts.

Le technicien suédois prône un style de jeu pragmatique, qui s’adapte à l’adversaire. Son schéma en 4-2-3-1 peut varier vers un 4-4-2 ou un 3-4-3 selon le sens pris par la rencontre. La Suède peut également presser haut quand elle sent son adversaire fébrile, mais sait défendre en bloc médian, compact et bien discipliné. Le coach semble avoir développé son schéma de prédilection, puisqu’une situation de jeu se répète souvent côté suédois. Après une récupération haute ou médiane, les joueuses orientent immédiatement vers les ailes pour se propulser vers l’avant et profiter des espaces laissés par l’adversaire.

Mais leur atout le point le plus fort, c’est l’aptitude à remporter des duels. Sur les six derniers matches, la Suède compte une moyenne de 61 % de duels défensifs gagnés. Elle est figure parmi les meilleures équipes qualifiées sur cette compétition.

Cette mécanique n’est cependant pas infaillible. Un premier doute subsiste dans la moyenne d’âge du groupe suédois (28 ans), l’une des plus élevées du tournoi. Certaines des cadres du groupes, Asllani (34 ans), Seger (39 ans) ou encore Jakobsson (32 ans) peinent à enchaîner les matches à haute intensité.

Autre force qui peut devenir une interrogation, la dépendance aux coups de pieds arrêtés. Lors du dernier Euro, 40 % des buts suédois l’ont été sur coups de pied arrêtés. Une efficacité précieuse pour débloquer des situations compliquées, mais qui témoigne également un manque de créativité dans le jeu placé, notamment contre les blocs les plus bas.

Enfin, des questions persistent sur le poste de gardienne de but. Si Musovic est désormais la titulaire, sa gestion des ballons aériens et sa qualité de jeu au pied crée encore des débats. Elle ne fait pas l’unanimité en tant que numéro 1 attitrée et sa place ne semble pas être définitive…

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Affaires à suivre : Stina Blackstennius et Hanna Beninson

Attaquante d’Arsenal fraîchement championne d’Europe, Blackstennius est en forme. Cette saison, elle a inscrit 14 buts en 26 matches toutes compétitions confondues, dont plusieurs dans les matches avec enjeu. En sélection, elle compte 38 buts en 97 sélections. Elle est la buteuse la plus régulière depuis la retraite de la légende Lotta Schelin. Sa puissance dos au but, sa qualité de finition font d’elle une menace constante. Lors du dernier Mondial 2023 ,elle a été impliquée dans quatre des neuf buts suédois inscrits sur la compétition. Si la Suède va loin dans la compétition, Blackstennius sera forcément dans les bons coups.

Milieu relayeur d’Everton, Bennison est l’avenir de l’entre-jeu suédois. À 21 ans, elle compte déjà 35 sélections. Meilleure passeuse de son équipe cette saison avec 6 passes décisives, elle se distingue par sa lecture et son intelligence de jeu. 88 % de passes réussies, elle est l’une des joueuses les plus fiables dans le jeu court. Sa capacité à casser les lignes dicte le tempo de son équipe. Gerhardsson devrait compter sur ses cadres au début de la compétition, mais elle pourrait très rapidement obtenir une place de titulaire et exploser en tant que catalyseur au milieu de terrain.


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