L’année 2018 marque un grand tournant dans l’histoire du football féminin. Le lundi 3 décembre, la FIFA a (enfin) récompensé une footballeuse du premier Ballon d’or féminin. On vous raconte tout.

ballon d'or féminin

Considéré comme un des moments les plus importants dans la carrière des footballeurs, la cérémonie du Ballon d’Or a été créée en 1956. D’abord attribué aux joueurs européens, l’événement permet, depuis 2007, de récompenser le meilleur joueur au monde. Il faudra attendre soixante-deux ans pour récompenser (enfin) les femmes. Créé par le magazine France football en 2018, le concept est le même que pour les hommes. La meilleure joueuse de football au monde reçoit ce Ballon d’Or féminin. Sans distinction de championnat, ni nationalité. Un grand pas en avant pour les femmes et le sport.

Comment élire la gagnante ? Une cinquantaine de journalistes internationaux (autant d’hommes que de femmes) spécialisés dans le football féminin se réunissent et jugent les sportives sur trois critères primordiaux. Performances individuelles et collectives, classe de la joueuse et carrière.

Les hommes avant les femmes

La question que l’on peut se poser est : pourquoi avoir attendu autant de temps pour décerner ce prix aux footballeuses ? Plusieurs éléments permettent de comprendre cette situation. Tout d’abord, remontons au début de l’histoire du football. Dès le départ, en 1881, les femmes ne sont pas vraiment acceptées dans le monde sportif. En effet, les premiers matches organisés entre l’Angleterre et l’Écosse furent souvent perturbés par les spectateurs. Ces derniers s’introduisaient intempestivement sur les terrains. Ce début chaotique s’accompagne de l’interdiction du football pour les femmes en Angleterre. Entre 1921 et 1960, la Fédération estimait “inconvenante” la pratique pour les joueuses. Sur le papier, il était raconté que “certaines dérives financières” étaient organisées, mais pour d’autres, il était question de jalousie.

De plus, l’Angleterre n’a pas été le seul pays à interdire la pratique aux femmes. Le Brésil, pays du football, en est le parfait exemple. Entre 1941 et 1975, le football a été interdit aux femmes puisque selon l’article de loi, “la nature féminine est incompatible avec certains sports” de combat tels que le rugby, le polo ou le foot. Cette loi a eu un grand impact, même après avoir été abolie. Ce qui n’a pas du tout permis d’améliorer l’image de la femme sportive.

À LIRE – Une cause féminine statique dans un football construit par les hommes et pour les hommes

Pour terminer, n’oublions pas la case “salaire”. Selon une étude de la FIFA datant du 30 juillet 2022, sur les 1 365 524 joueuses enregistrées en Europe, en 2017, seules 1 790 (0,13 %) étaient professionnelles. Dans une seconde illustration, on constate que pour beaucoup, le football n’est pas la principale source de revenus. Sur les 6 921 joueuses enregistrées dans les équipes premières, seules 61 % ont indiqué que le football était leur principale source de revenus. Tous ces éléments ont ralenti l’évolution du football féminin, mais n’empêchent pas les joueuses de continuer à se battre pour atteindre l’égalité homme-femme.

La grosse gaffe

Le premier ballon d’or a été décerné en 2018, à Ada Hegerberg, footballeuse internationale norvégienne et attaquante à l’Olympique Lyonnais. Celle qui avait gagné trois Ligues des champions avec son club français conquiert le vote gagnant du jury… mixte ? 46 journalistes spécialisés dont 28 hommes. Cette soirée, tout le monde s’en souvient.

Hommes ou femmes, passionnés ou non, tout le monde voulait découvrir la première femme footballeuse qui serait enfin récompensée de la même manière que les hommes. Cette soirée rêvée est perturbée par le maître de cérémonies, le DJ Martin Solveig. Sur scène, il a demandé à la footballeuse si elle savait “twerker”.

Les réseaux sociaux s’étaient alors indignés du comportement du DJ, le jugeant “sexiste” et “misogyne”. Rapidement, Martin Solveig s’excuse. En premier lieu auprès de la principale concernée, puis sur la toile : « Je me suis expliqué avec Ada et elle a compris que c’était une blague », avait écrit le compositeur.

Cette soi-disant “blague” montre finalement à quel point, comme depuis les premières années où elles se sont lancées dans le football, les femmes font plus preuve de divertissement que de sérieux vis-à-vis des spectateurs. Malgré plus de 140 ans de combats, il n’est pas encore l’heure de baisser les bras.

Depuis, la cérémonie a permis de mettre en lumière d’autres joueuses telles que l’américaine attaquante au FC Reign, Megan Rapinoe en 2019 et deux fois Alexia Putellas, l’attaquante espagnole au FC Barcelone. En attendant le rendez-vous de fin d’année pour découvrir qui sera la cinquième grande gagnante.

Alexia Lacoume


Fausse Touche

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