Arrivé libre de Concarneau à l’US Monastir cet été, Faïssal Mannai a évolué une saison et demi sous les couleurs des Thoniers. Irréprochable dans son attitude et homme fort du collectif, le joueur nous raconte son expérience sous les ordres de l’actuel entraîneur de Concarneau.

Stéphane Le Mignan a une identité de jeu très forte. Quelle approche a-t-il pour faire intégrer ses idées aux recrues ?
Quand je suis arrivé le premier jour à Concarneau, coach Le Mignan m’a directement pris dans son bureau. Je me souviens d’un paperboard avec des aimants. La première discussion que nous avons eue portait sur la tactique. Il m’a directement fait comprendre quel allait être mon rôle, comment fonctionnait l’équipe. Il a une facilité pour faire comprendre son système et ses intentions de jeu et cette faculté de vite faire intégrer à un joueur ce qu’il attend de lui. Rien n’est laissé au hasard. Un entraînement, même un décrassage, sont étudiés en fonction de la tactique du week-end.
Pour résumer, on peut dire qu’il maîtrise son sujet, tout simplement. Il aime ce qu’il fait. Quand il s’exprime, c’est pour dire quelque chose de clair. Pour moi, c’est le meilleur coach. Quand il parle, tu l’écoutes. Tu ne peux pas lui dire « non, mais ». J’ai été en contradiction avec énormément de coaches. Je pense comprendre le football et je n’ai pas été d’accord avec de nombreux coaches. Quand Stéphane Le Mignan parle, tu sais que c’est la vérité. Même quand tu penses autrement à ce moment-là, lui va généralement te démontrer par A + B que ce n’est pas comme ça qu’il fallait faire.
D’un point de vue plus personnel, comment décrirais-tu Stéphane Le Mignan ?
Beaucoup de gens trouvent qu’il ne parle pas beaucoup. Pour ma part, je pense qu’il a du mal à faire confiance. Tous les sujets sur le football, il les maîtrise mieux que la plupart des autres acteurs. Il recrute mieux que certains recruteurs. Il coache mieux que beaucoup de coaches, il gère très bien les préparations physiques. Dans la mesure où Stéphane Le Mignan maîtrise mieux le football, il a du mal à déléguer et c’est vrai qu’il ne parle pas énormément.
Comment expliques-tu cette maîtrise ?
C’est simple. L’entraînement commence à dix heures et demie, lui est au stade à huit heures. Le coach part à 18 heures, il n’y a pas de secret. Il travaille beaucoup plus que la plupart des entraîneurs. Il a fait monter Vannes en Ligue et les qualifie en finale de Coupe de France. Ensuite, il fait monter Concarneau en Ligue 2. C’est une performance extraordinaire. Quand on voit leur jeu, ils sont plus plaisants à regarder que les autres équipes. Même en tombant contre trois grosses équipes (Bastia, Bordeaux et Caen, lors des trois premières journées de Ligue 2). Même en perdant des joueurs essentiels de l’effectif, Fahd sur blessure, Amine et Antoine lors du mercato.
Quand il est venu me chercher à Sète, je voulais finir mon contrat. Je n’étais pas emballé. Mon grand frère m’a demandé de discuter avec le coach au téléphone. Il m’a directement parlé de football. Je me suis dit « Mais moi c’est là que je veux aller. Je veux jouer avec lui ». Et pourtant, j’ai eu de bons coaches humainement, dans les idées. Mais lui c’est le boss, je ne pense pas avoir meilleur un jour. Pour moi c’est un des meilleurs en France et il devrait être dans les tops équipes.
À LIRE – Stéphane Le Mignan raconté par Faïssal Mannai
Ce parcours, il a aussi été possible parce qu’il est à Concarneau. Le président est une bonne personne, il est passionné. Les dirigeants aussi, le coach des gardiens, le directeur de l’académie. Tous. Dans un plus gros clubs, le président n’en a rien à faire du sportif. C’est pour ça qu’ils délèguent à un directeur sportif. Et le directeur sportif ne voudra pas lui laisser ces responsabilités.
Quel souvenir gardes-tu de la Bretagne ?
Ce sont mes plus belles années à Concarneau. Le club est magnifique, le public est magnifique, la ville est magnifique. Ce sont de vrais amoureux du football. C’est ma plus belle saison. Je pense peut-être comme ça parce qu’on a été champion, mais c’était franchement exceptionnel. L’environnement est sain. Tout est fait pour avoir envie de travailler.
Dans un entretien donné un peu plus tôt à 13 heures foot, tu évoques ta relation avec le coach sans jamais remettre en question sa décision de ne pas te faire confiance pour le projet Ligue 2. Beaucoup de respect transparaît dans les mots que tu choisis.
À certains moments, quand j’y réfléchis, c’est compliqué. Ça me fait mal au cœur. Je me défends, mais je pense que j’aurai mérité ma place en Ligue 2, après tout ce que j’ai vécu. Qu’on me laisse au moins un an. J’ai 27 ans, j’ai galéré pour en arriver là. J’ai toujours tout donner au coach. À ce moment-là, je ne voulais que Concarneau pour signer mon premier contrat pro. Ça fait partie de la vie. Moi, je ne veux pas être énervé. C’est une belle expérience. Il m’a toujours respecté, ce n’est pas le cas de tous les coaches. Je suis aussi dans le respect. Mal parler des collègues, ce n’est pas moi, je n’ai pas été élevé comme ça. J’arrive à comprendre l’être humain.
Les entraîneurs jouent leur carrière, leur vie, comme nous jouons notre vie. Si un entraîneur pense à un moment donné que Faïssal Mannai ne peut pas l’aider, il va prendre quelqu’un d’autre. Je suis assidument l’équipe et je suis content des joueurs qui me remplacent. C’est un très bon recrutement. Nassim Chadli, je le trouve vraiment bon. Ça m’a fait plaisir. Il ne se retrouve pas sans personne, c’est rassurant aussi. »
1 commentaire
La méthode Le Mignan : un projet ambitieux à Concarneau - Fausse Touche · 02/09/2023 à 17:00
[…] À LIRE – Entretien avec Faïssal Mannai : « Pour moi, Stépane Le Mignan est le meilleur coach. Quand il pa… […]