Pour finir l’année, nous vous proposons sur Fausse Touche une série de récits : ceux de nos rédacteurs qui ont eu la chance de passer leur année universitaire à l’étranger, via le programme Erasmus. Ils sont quatre. Premier à se lancer, Maxime. Alors que son séjour à Passau, ville bavaroise, est fini, il nous partage son expérience footballistique en terres germaniques.

Bien que le foot ne soit pas l’objet de cette expérience Erasmus à l’international, j’ai essayé de profiter au maximum de mon année ici pour découvrir le football bavarois. J’ai ainsi pu me rendre compte de la ferveur populaire qui accompagne les matchs de Bundesliga à Augsburg, mais aussi de la difficulté engendrée par le système de Mitglieder pour se procurer des places afin d’aller voir un match à l’Allianz Arena, ou bien du football dans ma ville de Passau.

Le revers du système de Mitglieder : Munich 

Conscient de l’existence de la règle du 50+1 et de son effet sur les prix des places en Allemagne, je suis arrivé à Munich en étant convaincu qu’il serait assez aisé de trouver une place pour aller voir le Bayern jouer dans son antre. Me voici donc au mois de mars avec pas mal de temps libre, cherchant sur le site du club comment acheter des places. Ne comprenant pas bien le système, je me rends au 51 Sabener Strasse. C’est QG du club.

Une fois sur place, je me laisse réexpliquer grossièrement la règle du 50+1 et le principe selon lequel les Mitgliedern (membres actionnaires) du club sont prioritaires lors de la vente de ticket. Pour obtenir un ticket sans avoir ce statut, il faut passer par le Zweitmarkt (littéralement le marché secondaire, plus grossièrement le marché d’occasion). C’est là que les Mitgliedern ayant une place mais ne pouvant venir au stade pour un match en particulier mettent une place en vente. 

L’entrée du service client sur la Sabener Strasse

Le problème, c’est que le Bayern compte au total plus de 300 000 Mitgliedern dans le monde, et que la capacité de l’Allianz Arena n’est « que » de 75 000 places. Ainsi, pour peu que l’on veuille voir des « gros » matches, ou, comme ce fut mon cas, pour peu que la saison soit serrée, les membres ayant leur ticket vont vouloir se rendre au stade encourager leur équipe. Laissant très peu voir pas du tout de place pour ce marché secondaire. 

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Le championnat d’Allemagne le plus disputé depuis plus de 10 ans aura donc été la raison pour laquelle je n’ai pas pu aller voir le Bayern à l’Allianz Arena. Ni ailleurs soit dit en passant. Il aura toutefois été possible de visiter l’Allianz sur une matinée, avec une visite intégrale du stade, en passant entre autre par la salle de conférence de presse, les vestiaires et bien sûr la pelouse (veille de match retour contre Manchester City, interdiction d’approcher l’herbe à moins de 2 mètres…). 

Le stade et son fameux champ de patates, chauffé aux UV, mais il y a du soleil à Munich (parfois)

L’ambiance allemande d’un match de première division : Augsburg 

Constatant mon impuissance, je réalise que je ne pourrais pas aller voir mon équipe de cœur cette saison. J’ai décidé de me diriger vers d’autres villes abritant des équipes de Bundesliga. Ayant planifié un weekend à Berlin, malheureusement en pleine trêve internationale, je me suis tourné vers le deuxième club bavarois à jouer en première division, le FC Augsburg. 

Club de milieu de tableau, le FC Augsburg est un club que je sais populaire, abritant plusieurs joueurs reconnus, comme l’attaquant Mergim Bersiha, international allemand depuis peu, ou encore Irvin Cardona, bien connu des suiveurs de la Ligue 1 après son passage à Brest. Cherchant avant tout un match avec une grande ambiance, je choisis donc une rencontre contre l’un des clubs les plus populaires d’Allemagne, le FC Schalke 04. 

Photo du stade avant que les tribunes ne se remplissent, elles seront pleines au coup d’envoi

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Ayant mon logement à moins d’une heure à pied du stade, je décide de faire comme tout bon supporter et de m’y rendre à pied (évitant ainsi de payer les transports en commun). Je fais une grande partie de la route seul, les Allemands étant bien connus pour leur passion pour les voitures. Arrivé à 20 minutes du stade, les supporters du FCA commencent à apparaître, principalement en famille, la plupart avec leur carte de membre autour du cou. Quelques supporters de Schalke apparaissent aussi, avec un sérieux coup dans le nez, mais ce n’était rien par rapport à ce que j’allais découvrir à l’intérieur de la WWK Arena. 

Plusieurs milliers de supporters du S04, qui jouait alors encore le maintien et étant sur une bonne dynamique (pas de défaite depuis le début de l’année civile), avaient fait le déplacement. Au détour d’une conversation, j’apprends que la majorité d’entre eux n’a même pas pris le bus, mais leur voiture pour faire la route entre Gelsenkirchen et Augsburg, autrement dit pour traverser l’Allemagne. Leur présence en nombre s’est clairement faite ressentir à l’intérieur du stade, qui a réellement explosé à la 90+1 quand Schalke a égalisé sur penalty pour faire 1-1

Rodrigo Zalazar (Schalke) s’apprêtant à tirer un corner en fin de match face à Augsburg

Le foot allemand à l’échelle locale : Passau 

Effectuant mon Erasmus à l’université de Passau, j’aurais aimé aller voir le club évoluer en Landesliga Bayern, la 6e division allemande. Au-delà du fait que cette division soit assez basse pour le club d’une ville de plus de 50 000 habitants, l’absence totale de communication de la part du club et de la ville fait que je n’ai pas pu assister à un match au Dreiflüssestadion car je n’ai jamais vraiment su m’organiser, et la saison en 6ème division finit assez tôt dans l’année. 

Le stade et le local du FC Passau, sous le grand soleil bavarois

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