Remonté de Ligue 2 en 2019, Brest vit la meilleure saison de son histoire, nous sommes revenus sur les raisons de cette réussite. Pour nous accompagner, Yann de BrestOnAir, compte fan du Stade Brestois sur X (Twitter), nous a accordé un entretien riche en enseignement. Eric Roy, Gregory Lorenzi, la fin de saison ou encore la coupe d’Europe, nous avons analysé ensemble la situation du club breton et ses possibles ambitions.

Brest On Air : « Alors, je vais différencier deux choses : le sportif et la logique club. Je vais commencer par la logique club parce que c’est ça qui est le plus important. Il faut se rappeler le contexte dans lequel il arrive : Brest est avant-dernier de Ligue 1 avec 13 petits points avec une équipe qui pourtant n’était pas mauvaise et qui ressemble beaucoup à celle de cette année. Mais il arrive aussi dans une situation où on sent que la relation est un peu tendue entre les dirigeants, les joueurs et avec le public.

Et lui arrive avec un discours qui est très positif, avec la volonté d’embarquer tout le monde dans le même sens, « ok, on n’est pas d’accord sur tout mais on a tous le même but et on défend les mêmes couleurs ». C’est un discours positif qui va porter ses fruits pendants six mois et qui continue en fait cette saison. Donc ça marche parce que tout le monde tire dans le même sens, là où avec Michel Der Zakarian, ce n’était pas toujours le cas.

Moi, je garde un bon souvenir de Der Zakarian mais il faut regarder ses dernières conférences de presse : il tire à boulets rouges sur ses joueurs, sur le président, sur le DS, … c’est le syndrome de quelque chose qui ne marche pas et ça, Éric Roy l’a apporté. Il a apporté ça aussi dans son management avec ses joueurs et l’explique bien dans l’interview qu’il a fait à SoFoot ce mois-ci. Il n’est pas arrivé en disant « je vais tout changer ». Roy est arrivé en disant « il y a des choses qui marchent, on va se baser là-dessus et essayer d’expliquer aux joueurs pourquoi le reste ne marche pas et faire en sorte que ça se passe mieux ».

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Et comme j’ai dit, l’effectif n’a pas beaucoup changé ni dans sa structure globale ni même dans le onze. Tu regardes le onze cette année et celui de l’an passé, il n’y a pas énormément de différences. Il y a cette carte de la continuité, ce qui était très bien vu parce que, encore une fois, je le redis, il ne faut pas faire de révisionnisme. L’équipe qu’il a l’an dernier, ce n’est pas une équipe de tocard. C’est une équipe qui doit se maintenir aisément.

Le deuxième point, je vais le compléter en disant que cette équipe, du fait du management positif de Roy, comprend qu’elle peut faire beaucoup de choses et que rien n’est jamais perdu. C’est tout bête, mais on est en Ligue 1 depuis 5 ans, les 4 premières années, on concédait un but, on savait qu’au mieux on ferait match nul et qu’on gagnerait presque jamais. Cette année, on a déjà dû être mené 3-4 fois avant de l’emporter.

Contre Lens (au match aller, Ndlr), on revient à 1-2 avant la pause avant de gagner. Mais au-delà du fait que dans ce match, on a l’impression que ça sort un peu de nulle part, moi je prends plutôt le match contre Reims où on est mené et sur le terrain on sait qu’on va revenir. On le voit et on le sait et c’est tout à fait nouveau pour les supporters de voir que quand Brest est mené en Ligue 1, Brest n’a pas perdu.

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Troisième élément, purement tactique, il ne faut pas faire d’Éric Roy un grand révolutionnaire du football, son équipe fait des choses très simples, très cohérentes mais tout le monde sait ce qu’il doit faire et c’est primordial. Tout le monde sait aussi ce que les autres doivent faire et à partir de là, on regarde le Stade Brestois. C’est assez plaisant mais c’est des choses simples, il n’y a pas de dépassements de fonction outre mesure. C’est juste que tout le monde fait des efforts, on joue notamment les seconds ballons parce que c’est la vraie force de Brest cette saison. Voici la mentalité d’Éric Roy. Et au-delà de ça, il s’est adapté à son effectif, qui est très physique, qui a beaucoup de qualités aériennes. C’est ce qu’il demande à ses joueurs et c’est ce qui marche.

Quand Roy arrive à Brest, on prend deux buts par match, et ce, alors que Bizot est déjà là et que, sans faire de révisionnisme, la saison de Bizot l’année dernière est beaucoup plus impressionnante que celle de cette année. La première chose, c’est qu’on a gommé beaucoup d’erreurs individuelles, il y avait à chaque fois un but où c’était un mec qui oublie son marquage ou qui manque sa relance. Voilà, ce n’était pas forcément des duels perdus ou des adversaires trop forts.

C’était des situations dans lesquelles on se mettait dans la merde tout seul. Et ça revient un peu à ce que je disais sur la confiance, l’exemple le plus flagrant, c’est Lillian Brassier qui a l’air de jouer sans pression, qui sait ce qu’il fait. L’idée, c’est « vous savez faire telle chose, vous faites telle chose », pas plus, pas moins et ça marche très bien. Toutes ces dimensions individuelles mènent à ce que la réalité, c’est que Brest n’a pris quasiment aucun but sur une erreur individuelle cette saison.

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L’autre élément, plus tactique, c’est le choix de mettre Pierre Lees Melou en récupérateur, devant la défense, qui apport énormément de stabilité et qui en plus a cette capacité à être sur la trajectoire de tous les ballons. Je parle de Lees Melou, mais c’est aussi le cas de Mahdi Camara, Hugo Magnetti et Jonas Martin quand il rentre. On a un milieu qui est beaucoup plus omniprésent et stable. La défense est beaucoup moins recroquevillée sur elle-même cette saison tout simplement. On voit qu’on défend en bloc très compact., pas plus haut, mais il y a beaucoup moins d’espaces entre les lignes.

On voit très bien sur les derniers matches que c’est Martin Satriano, qui est sur la ligne d’attaque qui, quand l’adversaire a le ballon, redescend très bas. Il y a vraiment cette volonté d’avoir un bloc très compact qui n’hésite pourtant pas à aller chercher haut sur du contre-pressing.

Je vais t’en donner trois. D’abord, pourquoi je ne te donne pas un Pierre Lees Melou : parce que Lees Melou, on le voyait que c’était un bon joueur. Avec son nouveau positionnement, l’avis général, c’est qu’il est excellent, mais on le savait que c’était un bon joueur. Parmi les trois sur lesquels il y avait des doutes, le premier c’est Lillian Brassier. Ça fait deux ans qu’il était là, il avait fait 3-4 matchs où il était bon mais la majorité des matchs, c’était compliqué parce qu’il faisait beaucoup d’erreurs individuelles. Il y avait beaucoup de longs ballons directement en touche et on n’avait pas l’impression de voir le joueur progresser.

Et là où c’est le plus impressionnant avec Brassier, c’est que ça s’est passé en une semaine, peut être 3-4 matchs après l’arrivée de Roy, il a décidé de devenir un excellent défenseur central qui jouera la coupe d’Europe l’an prochain quoi qu’il arrive. Le deuxième, c’est Mahdi Camara. C’est un joueur utile, mais dont on savait pas trop quoi faire. Maintenant, c’est le joueur utile mais indispensable, qui ne sait pas qu’attaquer. Il a des capacités offensives qu’on n’imaginait pas, il a un sens du jeu qu’on n’imaginait pas du tout non plus et qui est devenu simplement indispensable.

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L’an dernier, quand on le recrute avec l’option d’achat obligatoire de 3.5 millions d’euros, on se dit qu’on s’est fait voler. Aujourd’hui, tu te dis que 3.5 millions pour Mahdi Camara, c’est une très belle affaire. Le troisième, c’est Bradley Locko, qu’on avait eu six mois en prêt l’an passé et qui était catastrophique, au point d’être logiquement mis derrière Jean-Kévin Duverne au poste d’arrière gauche. Cette saison, il se révèle. Offensivement, il n’y a pas trop de surprises. Mais défensivement, il est très solide et c’est la grande surprise. Sur les 3, c’est de lui que j’attendais le moins et c’est lui qui m’impressionne le plus.

On le voit d’abord sur la couverture médiatique. Éric Roy est dans SoFoot, sur L’Equipe, il y a quasiment deux pages chaque week-end, on a dû faire quasiment une dizaine de Une régionale, l’an dernier on a dû en faire une seule. Aussi, dans la ville, c’est tout bête mais dans la ville, à Brest, on le sent, il y a beaucoup plus de gens qui portent des maillots de Brest, des enfants, … Le stade est toujours à guichets fermés. Il y a un engouement qui prend et on commence à ressentir chez l’adversaire, que ce soit sur le terrain ou lors des conférences de presse.

On voit de plus en plus d’équipes venir en disant qu’elles vont s’adapter au Stade Brestois et pas l’inverse. Contre Le Havre, Luka Elsner n’a pas caché qu’il avait mis en place un plan « anti Stade Brestois ». C’est assez lunaire. Je crois que c’est Franck Haise qui disait aujourd’hui que pour lui, le Stade Brestois finirait deuxième de Ligue 1. C’est très surprenant, très plaisant et autant on sait qu’il y a certaines têtes d’affiche médiatiques qui détestent le Stade Brestois, autant globalement j’ai l’impression qu’il y a un regard extrêmement positif et bienveillant. Parce qu’il y a cette réalité, c’est que Brest a 70 ans d’histoire et notre meilleure place c’est 8ème de Ligue 1.

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On n’a jamais vécu autre chose, on n’a jamais gagné de titre majeur. Forcément, ça a tout du conte de fées, ça sort de nulle part. L’an dernier, on joue le maintien. C’est très positif et je pense qu’il y a beaucoup de tolérance là-dessus. Maintenant, il y a un constat général, que je partage aussi, c’est que l’an prochain, on ne refera pas la même. On ne va pas être sur une trajectoire à la Lens qui va faire 3-4 saisons dans le top. Nous l’an prochain, on retourne jouer le maintien. 

Il y a deux choses. La première, c’est le mercato. C’est difficile de parler tant qu’on ne connaît pas le classement final de Brest. Déjà parce que cela entraîne des variations de revenus, tu finis deuxième ou sixième, il y a quand même un bon paquet de millions d’écart. Aussi, il y a l’argument de jouer la Ligue des Champions. C’est bête, mais c’est un gros argument pour garder ou pour faire venir les joueurs. En tout cas, il y a un joueur qui a un bon de sortie cet été, c’est acté et il partira quoi qu’il arrive, c’est Lillian Brassier.

C’est un accord avec le joueur, il veut partir, il n’aura aucun souci à trouver un club qui lui convient. Alors peut-être que si le club va en LDC, il voudra rester mais je ne pense pas. Mais, finalement c’est impossible de se projeter tant que la saison n’est pas finie. On a entendu Marco Bizot dire qu’il aimerait bien partir également. Maintenant, est-ce qu’il n’a pas envie de jouer la coupe d’Europe avec Brest, je ne sais pas ? Le deuxième élément, c’est que le maintien redeviendra la priorité à Brest, il faudra éviter le coup derrière la tête un peu comme Auxerre l’avait vécu il y a quelques années.

Quelque chose qui serait un peu idéal pour nous l’an prochain, ce serait de faire comme Toulouse cette année. Toulouse qui a joué la coupe d’Europe grâce à la Coupe de France, qui a eu un superbe parcours européen cette année. En termes d’émotions, tu bats Liverpool, t’as un super match contre Benfica, t’es ridicule sur aucune de tes sorties. Et en même temps en Ligue 1, tu ne survoles pas, mais à priori pour le maintien, t’es assez tranquille.

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Ils ont eu des soubresauts, mais Toulouse va se maintenir et peut même accrocher un top10. Ce serait le rêve à court terme. À plus long terme, si on arrive à se maintenir avec cette première expérience européenne, l’idéal serait que d’ici 6-7-8 ans, le Stade Brestois soit un peu dans la posture de Reims, à se mêler dans la course à l’Europe. La seule différence, c’est qu’on aimerait bien faire plus que finir à la place du « con ». L’idéal serait d’arriver 6-7ème de manière assez régulière. Mais, tout cela est conditionné par la saison qui arrive parce qu’on sait que ça peut très vite redescendre.

On est le Stade Brestois, on connaît notre histoire et on sait très bien que Brest peut très vite se retrouver en Ligue 2. Et c’est pas grave. La saison qu’on vit actuellement vaut largement 4-5 saisons en Ligue 2. Brest n’a jamais fini au-delà de la 8ème place, Brest n’a jamais gagné de Coupe de France, Brest n’a jamais été champion de Ligue 2. Donc forcément, une coupe d’Europe, qui plus est si c’est la Ligue des Champions, on l’échange contre énormément de choses. Là où la Ligue 2, on connaît depuis 15-20 ans. C’est peut-être un peu petit joueur de dire ça mais la Ligue 2 c’est « normal » pour un club comme Brest.

On a fait un sondage qui n’est pas encore fini où on demandait aux gens s’ils préféraient que Brest se maintienne en Ligue 1 mais qu’il n’ait pas de coupe d’Europe ou que Brest aille en Ligue des Champions l’an prochain mais enchaine 10 ans en Ligue 2. Et on était sur du 50/50.

C’est un vrai sujet. La première chose à dire, c’est que ok, on parle de Ligue des Champions mais même une Conférence League, nous ça nous va très bien. L’objectif, c’est de faire top 6, top 7 si Paris gagne la Coupe de France. En l’état il y a 9 équipes qui se disputent sept places. Donc, l’objectif, c’est d’en garder deux derrière nous. Est-ce que Brest peut le faire ? Je pense que oui. Même s’il n’y a pas cette expérience des sprints finaux pour les places européennes, il y a cette expérience des sprints finaux pour le maintien. Et là on est une situation favorable où on doit garder l’avance, on ne doit pas combler.

Par exemple, le match face à Lens, ils ont besoin de gagner, nous un match nul peut nous aller. On resterait à 7 points devant eux. Le fait d’être devant fait que notre expérience du maintien va nous servir. Je pense que Brest finira dans le top 6 parce qu’au-delà des gros matchs, Brest va aussi affronter des équipes en difficulté. On reçoit Metz, on reçoit Nantes, on a la chance de jouer Reims et Toulouse sur les deux dernières journées, deux équipes dont la saison sera probablement terminée, c’est-à-dire ni maintien ni Europe.

Déjà sur le bilan statistique, on est quand même 5ème attaque de Ligue 1. 35 buts marqués, ce n’est pas énorme, mais, pour Brest c’est bien. Après, sur la question des attaquants, c’est vrai qu’ils marquent peu. Nos deux attaquants, Mounié et Satriano, ont des profils très différents. Mounié, c’est 3 buts en Ligue , mais il n’a pas énormément d’occasions, donc peu de ratés. Pour Satriano, il se procure beaucoup d’occasions et a moins de réussite, il n’est pas spécialement maladroit mais a un manque de réussite.

Par contre, il est très présent soit à la passe décisive, soit à l’avant-dernière passe et on sent qu’il manque juste un petit but, un petit déclic pour partir et faire une saison à 5-6 buts, ce qui serait bien. Donc c’est sûr qu’il manque quelqu’un qui marque sur sa première occasion. À Brest, il faut 3 occasions pour marquer. C’est le standard des clubs de Ligue 1, mais une équipe comme Marseille, Aubameyang il en a une, il la met. Mais les deux ont un profil différent, ce qui fait d’un match à l’autre, on peut changer.

Là, il manque une dernière validation de la mairie. Ça fait 20 ans que Brest veut construire un nouveau stade, mais se heurte à des soucis réglementaires. C’est un blocage au niveau de la maire puis c’est un manque de fonds puis c’est des opposants environnementalistes qui, à juste titre, conteste. Le nouveau stade, c’est un vieux serpent de mer à Brest. C’est la pierre angulaire du projet du président Le Saint qui est arrivé il y a 8 ans. Dès son arrivée, il a dit « nous, quand on partira du Stade Brestois, il y a aura un nouveau stade ». Il voit enfin le jour, normalement en 2027.

Est-ce que la saison actuelle a pu favoriser cela ? Je pense que oui au moins dans la prise de décision, pour convaincre les élus notamment. Il faut souligner aussi le fait que le club ait mis la pression. Maintenant, est-ce une preuve d’ambition ? Je ne sais pas. C’est la preuve d’un club qui ne veut pas se laisser mourir. Aujourd’hui, la réalité crue et franche, c’est que le stade Francis Le Blé n’est plus aux normes. Cela fait des années qu’ils jouent sous dérogation et à un moment, ça ne passera plus. En interne au club, on est quand même confiant sur la possibilité d’avoir des dérogations pour l’Europe. Mais encore une fois, c’est avoir des dérogations, ce n’est pas rassurant, c’est se dire que toute notre situation dépend du bon vouloir d’une administration, d’un Conseil, …

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Donc la volonté, c’est de se standardiser, de pouvoir penser à développer un vrai club, être au même niveau que les plus grands avec des infrastructures au niveau. Là, on parle du nouveau stade, mais il y a eu le centre d’entraînement qui a été refait récemment, le centre de formation qui a été refait il y a 2-3 ans. Mais, finalement, que Brest finisse la saison 2ème ou 15ème , le nouveau stade serait arrivé dans les mêmes conditions, avec le même modèle. C’est Grégory Lorenzi qui disait ça : « les résultats ne définissent pas le projet ». Peut-être que ça peut l’accélérer mais ça ne définit pas le projet.

Il arrive en 2016 effectivement, c’est sa première expérience. Avant, il était joueur, notamment à Brest. Il arrive dans une situation où on n’a pas d’argent et où il y a tout à construire. C’est vrai que cela fait six ans qu’il est là et c’est un petit miracle permanent. Il ne faut pas se mentir, il y a eu beaucoup de ratés mais le résultat il est là : il a su construire une équipe pour monter en Ligue 1, pour se maintenir cinq années de suite. Il a su aussi faire de bonnes opérations financières et pour un club comme Brest, c’est important. Je pense à Romain Faivre, Romain Perraud, Ibrahima Diallo ou encore Franck Honorat. C’est un tour de force parce que même si cela fait six ans qu’il est là, cela fait six ans qu’il travaille avec très peu de moyens.

Cet été, on a utilisé 500 000 euros, en plus de l’option d’achat obligatoire de Mahdi Camara. C’est très peu. Et je peux comprendre qu’à terme, cela puisse l’agacer. Je ne sais pas si c’est le cas, mais moi, à sa place, ça fait six ans qu’il est là et c’est sûr qu’un projet comme Nice qui peut présenter plus de moyens financiers, cela peut l’intéresser. Même quelque chose comme Lens. Donc on verra. Maintenant, la réalité, c’est qu’à Brest, c’est lui qui décide du sportif et ce n’est pas certain qu’il ait cette latitude dans beaucoup d’autres clubs de Ligue 1. Je pense que cela lui plaît beaucoup comme cela. C’est peut-être aussi pour cela que ça marche.

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À titre personnel, je serais peut-être un peu déçu de le voir partir avant le nouveau stade. Il est intronisé par Didier Le Saint quand il arrive et son projet, c’est le nouveau stade comme je l’ai dit. Je trouve que ce serait une très belle manière de boucler la boucle. Et finalement, là tout le monde le met en avant parce que Brest est 2ème, parce qu’il y a des joueurs qui se révèlent. Mais, il ne faudra pas oublier toutes ses réussites quand la situation sera un peu moins bonne. Et clairement, elle sera moins bonne à un moment donné. Mais ce n’est pas lui qui joue.

Après, il ne faut pas tomber dans l’excès inverse. Tout n’a pas été parfait chez Grégory Lorenzi. Il y a eu des choix assez douteux mais la balance est extrêmement positive.

Moi, la chose qui me vient directement en tête, c’est le choix Olivier Dall’Oglio en tant qu’entraîneur. Sur le papier, cela pouvait être une bonne idée, mais cela ne l’a pas fait. Après, il y a eu plusieurs joueurs qui n’ont pas du tout réussi : Jordan Amavi, même si c’était un pari. Islam Slimani avec lequel cela n’a pas accroché, alors que c’est un super joueur. Youcef Belaïli où le comportement était prévisible. Mais finalement, si on veut juger son travail, quand il arrive en 2016, le Stade Brestois est en Ligue 2, aujourd’hui, il est en Ligue 1 et en plus il joue la coupe d’Europe. Donc il n’y a pas besoin d’aller plus loin. »

*L’interview a été réalisée le jeudi 7 mars, avant le match de Brest à Lens.


maximebuteau

Le football c’est bien, l’Olympique de Marseille c’est mieux. À défaut de jouer, j’écris de temps à autres !

1 commentaire

La folle saison du Stade Brestois - Fausse Touche · 16/03/2024 à 11:06

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