Pour sa première édition, la Maraude mentalité Virage Depé a organisé un tournoi antiraciste, autour de la montée de l’extrême droite. Des groupes ultras et des associations antifascistes étaient présents.

tournoi antiraciste

© Flora Dionisi

La Maraude mentalité Virage Depé et l’International Antifascist Action ont organisé un tournoi antiraciste ce dimanche 25 mai, dans le 14ème arrondissement de Marseille, autour des problématiques de la montée de l’extrême droite, du racisme et du fascisme partout en Europe. Des groupes kurdes de Sankt Pauli (Allemagne), du Barikat (Kurdistan) et de Rifredi (Italie) étaient présents.

Pour sa première édition, 18 équipes de cinq joueurs ont répondu à l’appel. Des groupes antifascistes et des minorités se rencontraient au milieu de fumigènes et des chants des supporters venus les encourager. La Maraude a prévu un barbecue dès 13 h, pour que tous puissent discuter ensemble et donner une petite contribution à l’association qui aide les plus démunis. Les matches se déroulaient entre 14 et 18 heures. L’événement s’est achevé sur un apéritif festif en fin de journée.

Les groupes des antifascistes marseillais, kurdes de Barikat et allemands de Sankt Pauli ont monté des stands. Ils vendaient des vêtements et ouvrages sur les peuples opprimés et la montée du fascisme et de l’extrême droite. La journée se déroulait notamment autour du génocide Palestinien et de l’oppression du peuple Kurde. « Les Kurdes et les Palestiniens sont, pour nous, les peuples les plus opprimés. Leurs histoires sont reliées. C’est important de se battre pour eux », déplore Arend, venu pour le tournoi avec le Sankt Pauli fanclub Özgür Namoglu.

Le groupe a donc pris le nom de Özgür Namoglu, combattant kurde décédé le 3 janvier 2023 par une frappe d’un drone turc, à Rojava, dans le nord de la Syrie. Cadre du Parti communiste Marxiste-léniniste de Turquie, il faisait partie de la résistance militaro-politique depuis 2016. Les forces kurdes mènent une coalition armée, militaire et politique dans le Kurdistan occidental, depuis 2012, pour établir une nouvelle constitution.

Les Rude Boyz, ultras venus de Rifredi, quartier de Florence, ont une histoire similaire, liée au Kurdistan. Lorenzo Orsetti, sommelier italien, s’est intéressé au conflit de Rojava et à la lutte du peuple kurde contre l’État islamique. En septembre 2017, il se rend en Syrie, entame une formation militaire avant de rejoindre le Parti communiste Marxiste-léniniste de Turquie. Il est tué le 18 mars 2019, lors de la bataille de Baghouz, contre le dernier bastion de l’État islamique en Syrie. « Je suis mort en faisant ce que je pensais être la bonne chose. En défendant les plus faibles. En étant fidèle à mes idéaux de justice, d’égalité et de liberté », avait-il écrit dans une lettre publiée après sa mort par le Parti.

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Enterré à Florence, au milieu des martyrs de la Seconde Guerre mondiale, les habitants ont recouvert les murs de la ville d’écrits et de fresques en sa mémoire. « On a pris l’image de Orsetti car on se bat pour toutes les minorités. On a un lien spécial avec les Kurdes dans notre quartier », explique l’un des membres actifs du groupe.

L’antiracisme est l’étendard de cette journée. Mais les collectifs n’ont pas oublié la lutte en faveur des droits des femmes, des migrants et pour tous les peuples opprimés. Des ouvrages sur le féminisme étaient à découvrir, vendus par ailleurs à prix libres. La Maraude a également accroché une banderole « De l’Ukraine, à la Palestine, l’occupation est un crime » sur le terrain. « Un front populaire réunissant les migrants, les minorités et les groupes antifascistes pourrait constituer une réponse efficace au fascisme en pleine expansion, non seulement en Europe, mais dans le monde entier », estime l’International Antifascist Action dans son communiqué, distribué lors du tournoi. « Le climat politique actuel rappelle celui de l’Europe des années 30 », a-t-elle poursuivi.

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L’association antifasciste a fait appel à la Maraude pour organiser ce tournoi antiraciste. « C’était important pour nous de le faire autour de l’oppression du peuple Kurde. On connaissait l’équipe de Barikat. Elle évolue en deuxième division turque et, pendant longtemps, n’a pas pu se déplacer dans le reste du pays parce que kurdes et engagées politiquement », précise l’organisateur. Tout a été préparé en un seul mois et sans demander d’aides à la Ville à cause du délai trop court. Malgré tout, les deux assemblées sont « très satisfaits de ce bel évènement ».

L’organisation antifasciste souhaitait organiser un pot solidaire pour créer des liens entre des supporters antiracistes. « L’antiracisme, c’était l’étendard de cette journée, mais on l’a surtout organisé autour de la montée de l’extrême droite. Au vu de ce qu’il se passe partout en Europe, c’était important pour nous », conclut Louis, membre de la Maraude. Les deux parties souhaitent organiser ce tournoi antiraciste chaque année et avec, pourquoi pas, d’autres clubs et groupes ultras.


Océane B.

Océ, 24 ans, étudiante en journalisme de temps en temps. Sillonne l'Europe pour visiter de nouveaux stades. Il m'arrive d'écrire des articles.

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