Le 11 juin dernier, Christian Wuck a dévoilé sa liste des 23 joueuses qui représenteront l’Allemagne lors de cet Euro féminin. Finaliste malheureuse de l’édition précédente, la Mannschaft aura à cœur de reconquérir un titre qu’elle n’a plus remporté depuis 2013. L’enjeu de cette compétition est fort : prouver que l’Allemagne n’est pas dépassée par les nouvelles sélections qui émergent tout en haut de la pyramide mondiale (Angleterre et Espagne).

L’Allemagne devait se structurer autour de sa cadre Giulia Gwinn, capitaine pour la première fois dans un tournoi majeur. Mais aussi de Sara Dabritz, chargée de faire fonctionner le milieu de terrain et de Alexandra Popp, légende du football féminin, qui sera bien présente malgré des pépins qui ont failli l’écarter de la compétition.
Une Mannschaft revancharde
L’Allemagne aborde cet Euro avec une envie de faire oublier cette débâcle lors du dernier Mondial 2023. Retrouver cette force et cette domination qu’elle a pu connaitre sur les deux dernières décennies. Ce groupe voudra se venger de la défaite contre l’Angleterre en finale lors de l’édition 2022. L’arrivée du nouveau sélectionneur a permis aux Allemandes de retrouver une certaine solidité.
Sur les qualifications et les derniers matches amicaux, l’équipe a retrouvé sa rigueur et sa faculté de gérer les temps forts et faibles des rencontres. Popp reste la figure offensive numéro 1. Elle représente la tête de proue du cadre vocal pour ce groupe rajeuni. L’ossature est claire. Il y a une volonté de jouer plus rapidement avec des transitions éclaires et une intensité retrouvée. L’Allemagne, en compétition officielle, reste toujours une adversaire redoutable et redouté, capable de vaincre n’importe quelle équipe du plateau.
L’empreinte Wuck
Nommé en septembre 2023, Christian Wuck a repris les rênes à la suite de la démission de Martina Voss-Tecklenburg. Sans révolutionner le jeu allemand, la copie est désormais plus claire. Ancien sélectionneur U17 et U20, il connaît la nouvelle génération allemande et cherche à créer une équipe structurée et disciplinée.
Sous sa direction, la Mannschaft est devenue une équipe plus verticale qu’auparavant. Son 4-2-3-1 cherche moins le contrôle et veut finir par une frappe toutes les possibilités de contre-attaque. Le pressing est mieux coordonné. L’intensité plus importante, surtout sur les 30 premières minutes des rencontres. 65 % de ses buts ont été inscrits dans ce laps de temps sur les six dernières rencontres disputées. Sur le plan défensif, l’Allemagne n’a encaissé que trois buts sur les huit derniers matches. Son axe défensif Hendrich – Kleinherne donne de la stabilité, tandis que le repositionnement de Gwinn en tant que latérale hybride donne une force en transition supplémentaire.
Des doutes qui persistent
Malgré cette montée en puissance, plusieurs incertitudes persistent. Parmi elles, l’absence de Lena Oberdorf est sans doute la plus importante. La milieu défensif de Wolfsburg va manquer à la récupération tout comme dans l’impact physique qu’elle est capable d’e mettre’apporter. Son absence va obliger Wuck à trouver une alternative qui va affaiblir la capacité de projection vers l’avant de l’équipe en faisant redescendre Lohmann ou Dabritz.
Autre interrogation, la disposition de l’Allemagne à faire la différence dans les rencontres à fort enjeu. Lors du dernier Euro, elle avait été capable de hausser son niveau de jeu face à l’Autriche ou la France. Mais depuis, les prestations face aux grosses nations ont été plus poussives. La faute a une animation offensive unidimensionnelle, devenue trop prévisible face à des grosses équipes. Dès lors que Popp est neutralisée, les Allemandes peinent à trouver un plan B pour instaurer le danger dans le camp adverse.
Enfin, la profondeur de l’effectif semble inférieure à ce que les autres grosses nations possèdent.
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Alexandra Popp, la « go sûre«
Elle est le visage et la voix de cette Mannschaft. À 33 ans, Alexandra Popp reste la joueuse la plus influente de l’équipe. Elle cumule 137 sélections pour 66 buts et a inscrit 9 buts lors des 11 derniers matches officiels, toutes compétitions confondues. Au-delà des statistiques, Popp incarne cette Allemagne difficile à manœuvrer. Son rôle dépasse celui de la simple attaquante. C’est le moteur mental de cette équipe. Sa capacité de surgir lors des moments clés peut aider l’Allemagne à décrocher un dernier carré de compétition. Lors de l’Euro 2022, elle avait enfilé six buts en cinq matches avant de se blesser aux portes de la finale.
Sydney Lohmann pour remplacer Oberdorf ?
Avec la blessure de Lena Oberdorf, Lohmann s’apprête à jouer un rôle essentiel dans l’entre-jeu allemand. La joueuse du Bayern Munich monte en puissance depuis deux saisons et impressionne par son volume de jeu. Elle court en moyenne 10,8 kilomètres par match. Son habileté à gagner ses duels sera tout aussi déterminante quand on connaît l’apport d’Oberdorf dans cet aspect du jeu. À 24 ans, elle compte déjà 39 sélections, mais c’est bien lors de cet Euro qu’elle pourra s’affirmer comme une figure incontournable de cette équipe d’Allemagne, définitivement tournée vers l’avenir.
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Weuro 2025. Une phase de groupes spectaculaire entre confirmation, chute et renaissance - Fausse Touche · 15/07/2025 à 15:14
[…] manque de liant entre les lignes et une attaque trop dépendante de fulgurances individuelles. Pas si étonnant quand on connaît la situation allemande pré-compétition. La Mannschaft a du vécu et du talent, mais paraît en retard sur les […]