La phase de groupes de l’Euro féminin s’est achevée en Suisse, au terme de trois journées intenses, rythmées par des exploits collectifs, des naufrages inattendus et des qualifications historiques. Alors que le tournoi s’apprête à entrer dans sa phase à élimination directe, l’heure est venue de dresser le portrait d’une première partie de compétition qui a déjà bousculé l’ordre établi.

Le triomphe des favorites
Il y a d’abord celles qui n’ont pas tremblé. L’Espagne, championne du monde en titre, a confirmé qu’elle était bien plus qu’une sélection de possession. Tranchante, précise, efficace, la Roja a dominé son groupe de la tête et des épaules. Avec 14 buts inscrits en trois rencontres, elle a survolé le Portugal, la Belgique et l’Italie, en imposant sa maîtrise technique et son intelligence collective. Derrière les phares que sont Putellas et Bonmatí, une étoile a éclos au grand jour : Vicky López. À 17 ans, la jeune meneuse a crevé l’écran, apportant entre les lignes une fraîcheur et une justesse qui ont dynamisé le jeu espagnol.
La France, elle, a passé un test grandeur nature dans le groupe le plus relevé de l’Euro. Faire tomber d’entrée l’Angleterre (2-1), enchaîner face au Pays de Galles (4-1), puis s’offrir un feu d’artifice face aux Pays-Bas (5-2) : les Bleues ont envoyé un message clair à leurs rivaux. Laurent Bonadei a su tirer le meilleur de ses cadres. Cascarino a été impressionnante de percussion, Katoto a retrouvé le chemin du but, et le milieu s’est montré solide comme attendu. C’est une équipe qui joue, qui presse, qui combine, mais surtout qui dégage une maturité nouvelle.
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Du côté de la Scandinavie, la Suède a, elle aussi, répondu présente. Trois victoires, dont une retentissante contre l’Allemagne (4-1), ont permis aux Suédoises de s’installer comme une sérieuse prétendante au dernier carré. Solides défensivement, patientes dans la construction, elles ont su accélérer au bon moment pour faire la différence.
La Norvège complète le quatuor des leaders affirmés. Après des années de flottement, la sélection d’Ada Hegerberg semble avoir retrouvé de la cohérence. Sans produire un jeu spectaculaire, elle a gagné ses trois matches dans le groupe A, grâce à un réalisme froid et une organisation efficace. Le trio Hegerberg – Graham Hansen – Maanum a été décisif dans toutes les rencontres.
Une Suisse héroïque pour son Euro
Parmi les moments forts de cette phase de groupes, difficile de ne pas évoquer la qualification historique de la Suisse. Pays hôte, la Nati abordait le tournoi avec des doutes après des performances mitigées en préparation. Pourtant, au fil des matches, elle a su montrer un visage combatif, discipliné et plein de ressources mentales.
Battue d’entrée par la Norvège, elle s’est relancée avec une victoire convaincante contre l’Islande. Puis est venu le match décisif contre la Finlande. Menée 1-0 jusqu’à l’ultime minute du temps additionnel, la Suisse a arraché un nul salvateur grâce à un but de Riola Xhemaili. Ce point, doublé d’une meilleure différence de buts, a suffi pour qualifier les joueuses de Pia Sundhage pour les quarts de finale. L’émotion à Genève était immense, et ce moment restera comme l’un des plus marquants de cet Euro.
L’Angleterre se réveille, les Pays-Bas sombrent
Parmi les grands noms, l’Angleterre a tremblé. Battues dès leur premier match par la France, les championnes d’Europe en titre semblaient au bord de la rupture. Mais Sarina Wiegman a su remobiliser son groupe, qui a finalement parfaitement réagi. Deux victoires éclatantes, contre les Pays-Bas (4-0) puis le Pays de Galles (6-1), ont permis aux Lionesses d’éviter la catastrophe. Lauren James, Ella Toone et Georgia Stanway ont retrouvé leur éclat au bon moment.
Ce redressement a fait une victime de taille : les Pays-Bas. Vainqueurs sereins du Pays de Galles en ouverture de l’Euro, les Oranje ont ensuite sombré. Neuf buts encaissés en deux matchs, une défense à la dérive, et un milieu incapable de contenir les vagues adverses. Miedema a bien marqué, mais son 100e but en sélection n’aura pas suffi. L’élimination est brutale, et sonne comme un énorme échec pour une sélection en perte de repères.
L’Allemagne qualifiée, mais inquiétante
L’Allemagne, elle, sera bien au rendez-vous des quarts, mais sa phase de groupes n’a rien de rassurant. Si les victoires contre la Pologne et le Danemark ont permis d’assurer le minimum, la déroute contre la Suède en clôture (4-1) a mis en lumière des carences criantes : fébrilité défensive, manque de liant entre les lignes et une attaque trop dépendante de fulgurances individuelles. Pas si étonnant quand on connaît la situation allemande pré-compétition. La Mannschaft a du vécu et du talent, mais paraît en retard sur les meilleures.
Au terme de cette phase de groupes, un constat s’impose : les équipes les plus cohérentes sur le plan collectif sont au rendez-vous. L’Espagne, la France, la Suède, la Norvège avancent avec confiance, l’Angleterre a repris des couleurs, et la Suisse a conquis son public. Les quarts de finale s’annoncent explosifs. Ce premier tour a été riche en émotions, mais il ne s’agissait que du début.
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