Les médecins du sport ainsi que les nutritionnistes sont très importants dans le staff d’un club. Ils permettent aux joueurs d’avoir une bonne alimentation et un suivi en fonction de leurs besoins. Alors que nous parlons de plus en plus d’écologie et d’alimentation, la sensibilisation aux régimes végétarien, végétalien et végan est fréquente. Pourtant, très peu de footballeurs en sont adeptes et assument ce choix.

Manger = polluer ?
Pendant des décennies, les clichés voulaient que les protéines animales soient importantes pour les bonnes performances des sportifs de haut niveau. Dans notre société actuelle, les écologistes évoquent les régimes végétarien et végan comme étant les plus écologiques. L’empreinte carbone pour ce type de consommation nutritionnelle est plus faible, en comparaison avec une alimentation plus « classique » (1.5 tonne de CO2 par an, contre 3.3 pour les adeptes de la viande).
Très peu de footballeurs professionnels ont sauté le pas. Seules existent quelques exceptions, comme l’attaquant allemand Marco Sailer (FSV Wacker 90 Nordhausen).
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Le club Forest Green Rovers FC est considéré comme un modèle écologique dans le sport. Depuis 2010, la viande a été progressivement retirée de la vente dans l’enceinte du stade. Depuis 2015, il est le premier club végan du monde, retirant les produits issus d’animaux du régime des joueurs et du staff. Pour aborder ces régimes pour les footballeurs, l’équipe de Fausse Touche a travaillé en collaboration avec le service nutritionnel d’un club important de Ligue 1, qui a préféré garder l’anonymat.
Le lien entre la nutrition et l’écologie est indispensable. Diminuer sa consommation de viande, de poisson et de produits laitiers peut avoir un impact sur l’environnement. Il est également important de privilégier l’agriculture biologique, paysanne, locale et de saison. En effet, la production de viande est la principale cause des émissions de méthane dans l’atmosphère. Ce gaz a des effets dévastateurs sur le réchauffement climatique. D’abord, il est l’un des principaux gaz à effet de serre. Ensuite, son effet réchauffant est bien plus élevé que celui du CO2.
Le régime végétarien ou végan a-t-il ses défauts ?
Certains clubs de football essaient donc de diminuer l’apport de viande, et plus généralement de protéines animales, dans les régimes des joueurs. Les risques de carences de protéines et de fer sont néanmoins présents. Ils sont indispensables au fonctionnement global de l’organisme, au niveau musculaire et pour la récupération. Les protéines végétales sont moins bien assimilées par le corps. Il en faut donc plus pour arriver au même résultat. Le processus confronte les équipes a un plus gros problème. Le joueur doit augmenter ses apports en glucides, ce qui peut mener à une prise de masse grasse.
Chez les végétariens, des alternatives sont facilement trouvables, dans les produits laitiers et les œufs. Pour les végétaliens et végans, il faut plus de vigilance et un suivi plus important, mais cela reste compatible. Selon les nutritionnistes, des bilans sanguins réguliers et un suivi de leur masse grasse sont obligatoires, mais le programme sportif n’a pas besoin d’être modifié et adapté. La compensation est possible avec d’autres aliments, ainsi qu’avec des compléments, en concertation avec les médecins sportifs et en faisant attention à la politique anti-dopage. Devenir végétarien ou végan en tant que footballeur de haut niveau, cela semble alors plus que possible.
Avoir une alimentation plus saine et variée
Souhaitant conserver une protéine animale par repas, l’équipe nutritionnelle de la grosse écurie du championnat de France avec qui nous avons pu discuter, intègre des légumineuses pour avoir des acides aminées essentiels en plus, en les associant avec des aliments céréaliers.
Leur rôle est également de les informer, les éveiller sur le sujet « Surtout qu’aujourd’hui, l’alimentation, la question de l’importance de la viande et l’écologie sont très importantes et reviennent très souvent », précise l’une des nutritionnistes. L’accompagnement dans les supermarchés pour les aider à faire leurs courses et à bien choisir les produits fait partie de ce processus d’éveil, par exemple.
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Le but n’est pas d’être « radical sur le sujet » mais d’apporter un complément afin d’avoir une alimentation plus saine et variée, grâce aux légumes et à la diminution de la viande. Un temps de transition est à prendre en compte après une modification du régime alimentaire. Le corps n’aime pas les changements brusques, le microbiote (l’ensemble des micro-organismes vivant sur la peau) doit lui aussi s’adapter. Tous ne réagiront pas de la même façon, d’où l’importance d’un suivi plus individuel.
L’avenir, c’est avant tout que l’alimentation soit non-transformée, voire végan
Le besoin le plus important est de sensibiliser à l’alimentation ultra-transformée. Manger trop de protéines ne sert à rien, même pour des sportifs de haut niveau. L’autre enjeu est de communiquer sur les maladies liées à une alimentation trop grasse et trop sucrée. L’équilibre alimentaire veut que la moitié de l’assiette soit des légumes. Selon les professionnels de santé, nous avons besoin de légumineuses deux fois par semaine, de 5 portions de 80 à 100 g de fruits et légumes par jour et de 500 g de viande par semaine, en évitant au maximum la viande rouge. « Lorsque nous aurons réussi à équilibrer les apports, cela amènera à une alimentation plus végétale, explique l’une des nutritionnistes de l’OM, l’avenir du sport et de l’alimentation c’est avant tout que cela soit sain, non transformé, sans acides gras saturés et sans sucres ajoutés ».
Malgré une vigilance accrue, les diététiciens sont unanimes pour dire que les performances sont possibles pour des footballeurs végétariens, végétaliens ou végans, tant qu’ils sont bien accompagnés.
Le club a une politique RSE, qui est une responsabilité sociale et sociétale grâce à une démarche de contribution aux enjeux du développement durable. Le but est donc d’améliorer leurs processus, d’éveiller et d’essayer d’aller vers plus d’alimentation végétale. Ils tiennent un discours où « tout est bon tant que ce n’est pas des aliments transformés et s’ils sont consommés de manière raisonnable ». Cette politique est également une lutte contre le gaspillage, afin qu’en cuisine ils fassent attention à la consommation d’eau.
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