Découvrez la deuxième partie de notre entretien avec Théo Chendri. Le milieu international français chez les jeunes a enchaîné les mésaventures à Nantes ainsi qu’en deuxième division danoise durant le COVID, se retrouvant sans club en septembre 2020. Après quelques mois à la recherche d’une nouvelle opportunité, son agent reçoit un appel venu tout droit de l’Espagne, son pays formateur…

Retrouvez la première partie de notre entretien avec Théo Chendri

Après six mois sans club, Théo Chendri rebondit au SD Formentera en janvier 2021, pensionnaire de 4e division espagnole. Un retour dans son pays formateur pour l’ancien blaugrana, qui a été contraint de faire des sacrifices financiers en espérant réaliser une saison pleine. Ses espoirs se réalisent. Et lui permettre par conséquent de donner un tout nouvel élan à sa carrière.

« Malgré une perte de salaire très conséquente, je me dis que pour six mois ça reste une opportunité. L’objectif est d’amasser du temps de jeu, de me montrer en Espagne, prouver mal valeur. Ça se passe très bien, je joue tous les matchs et je décide de rester. Je fais une saison pleine en Segunda RFEF (4e division) et c’est là que Badajoz (pensionnaire de 3e division) me contacte. Je reviens de loin ces 3 dernières années. »

L’Espagne : nouvel eldorado pour reprendre le contrôle de sa carrière

En signant cet été à Badajoz, Théo Chendri souhaite poursuivre sa progression et prouver sa valeur dans un club à l’identité forte. Situé dans la communauté autonome d’Extramadura, proche de la frontière portugaise, le CD Badajoz 1905 est un « club phœnix », clubs nés d’une dissolution du club précédant, reprenant le nom et l’identité du club d’origine. Parmi les cas les plus connus figurent l’AFC Wimbledon en Angleterre ou plus récemment le Belenenses SAD au Portugal. Disputant ses matchs dans un stade de 15000 places, Théo Chendri se ravit de retrouver un niveau plus professionnel.

« Je voulais retrouver un niveau plus professionnel car je pense que de part mes qualités, c’est le niveau minimum ou je dois être. En venant de Segunda RFEF, qui plus est avec la trajectoire que j’ai eu ces deux ou trois dernières années, c’était compliqué de prétendre à recevoir une offre venant de ce championnat. Finalement, Badajoz m’a fait une offre. J’ai saisi l’opportunité. La présaison s’est bien déroulée, j’ai gagné ma place dans le onze de départ. »

Théo Chendri, 10 après ses premiers pas dans la Dépêche du Midi

Malheureusement, une série de mauvais résultats amène au licenciement de l’entraîneur en place, et Théo Chendri perd sa place de titulaire. Contre l’UD Sanse, match auquel nous assistons, la belle victoire du CD Badajoz (1-3) a toutefois un goût amer pour nous, Théo Chendri n’entrant pas en jeu pour la première fois de la saison.

« Depuis l’arrivée du nouvel entraîneur, c’est un peu plus compliqué mais la saison est encore longue. On est qu’à la 12e journée de championnat, pour l’instant j’ai 7 titularisations, et je suis rentré en jeu dans chacun des matchs mis à part aujourd’hui. J’aimerais m’imposer encore plus en tant que titulaire et jouer tous les matchs mais dans le foot ça dépends de pas mal de choses. Après je vais continuer mon travail et faire au mieux pour reprendre ma place de titulaire. »

Depuis notre rencontre, le milieu de 25 ans est entré en jeu à deux reprises, contre Cordoba et Unionistas, avant que le club n’annonce son départ le 20 décembre dernier, seulement quelques mois après son arrivée. Nouveau rebondissement donc pour Théo Chendri, qui devra trouver un nouveau point de chute cet hiver, lui qui affirmait être ouvert à toutes les opportunités qui se présenteraient à lui lors de notre rencontre.

À LIRE SUR FAUSSE TOUCHE – Le football prend conscience de l’importance du suivi psychologique

« Etant donné la trajectoire de carrière que j’ai eu, mon avenir est imprévisible. Aujourd’hui, tant que je n’aie pas une situation plus stable, ou je ne me suis pas imposé dans un championnat ou un club de manière régulière, c’est compliqué de dire où je vais atterrir. J’étudierais tout ce qui se propose à moi, mais j’ai encore ce rêve de jouer tous les weekends devant 20 000 à 30 000 spectateurs en première ou deuxième division. J’ai eu pas mal de facteurs compliqués depuis mon départ de Barcelone. Ce que j’ai vécu il y a quelques années m’a endurci. Je pense que le football n’est pas un sprint mais un marathon. Quand on a 15 ou 16 ans et qu’on se dit que si je ne suis pas avec les pros avant mes 18 ans ce n’est pas normal, c’est une erreur. Il faut voir plus long terme. »

Théo Chendri est donc l’exemple parfait des hauts et des bas que vivent la plupart des footballeurs, ceux dont on ne parle pas tous les jours. Après une Coupe du Monde qui aura de nouveau fait parler l’argent plus que la passion, cet entretien est une véritable leçon de vie pour tous les amoureux du ballon rond, du vrai football. Celui qu’on ne lâche pour rien au monde.


grgoiredevaux

Jeune étudiant en journalisme expatrié au Real Madrid ne jurant que par Arsenal et son jeune prince norvégien

1 commentaire

Rencontre avec Théo Chendri : "Quand tu es en centre de formation, tu ne sais pas que ça va se passer comme ça." - Fausse Touche · 11/01/2023 à 17:06

[…] la deuxième partie de notre entretien avec Théo Chendri, découvrez comment le milieu français a su redonner un […]

Laisser un commentaire

Emplacement de l’avatar

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *