Aujourd’hui, retour plus d’un siècle en arrière, précisément en 1881. Helen Graham Matthews, gardienne de but de l’équipe de foot féminine écossaise, organise une rencontre sportive contre l’Angleterre. Récit du premier match de football international féminin.

Jeudi 20 juillet marque le premier jour de la Coupe du Monde féminine de football 2023 qui se déroule en Australie et en Nouvelle-Zélande jusqu’au 20 août. Cet événement sportif permet de nous remémorer l’histoire du football féminin. Premier arrêt sur la pelouse de l’Easter Road Stadium. À Édimbourg, en Écosse. Au XIXe siècle, plus précisément en 1881, les hommes jouent déjà du foot au niveau international. Leur football naît en 1848.
Du côté des femmes, cette pratique n’est pas la bienvenue. À cette époque, au Royaume-Uni, un mouvement féministe commence à voir le jour, mené par les suffragettes. C’est une femme, Helen Matthews, gardienne de but de l’équipe écossaise et militante pour les droits des femmes qui décide, le 9 mai 1881, d’organiser un match international contre l’Angleterre sur le terrain de l’Easter Road Stadium en Écosse. Toute première compétition féminine où 22 femmes s’affrontent devant 5.000 spectateurs dans les tribunes. Le journal local Glascow Herald y envoie un reporter.
Jour de match
« Les jeunes femmes, qui devaient avoir entre 18 et 24 ans, étaient très bien habillées. Les Écossaises portaient des maillots bleus, des culottes blanches, des collants rouges, une ceinture rouge, des bottes à talon et un capuchon bleu et blanc. Leurs sœurs anglaises avaient des maillots blancs et bleus, des collants et une ceinture bleue, des bottes à talon, et un capuchon blanc et rouge », écrit le journaliste écossais. Une critique physique, et non sportive de la part du spécialiste. Ce dernier conclut son article en disant : « le match, d’un point de vue footballistique est un échec, mais certaines joueuses avaient l’air de comprendre le jeu ». Cette première rencontre s’est terminée sur un score de trois buts à zéro pour l’Écosse. Du côté des supporters, cette avancée n’est pas très bien perçue. En effet, avant la fin du match, la plupart des spectateurs désertent les tribunes.
Des bâtons dans les roues…
Il est de même, lors de la seconde rencontre sportive, organisée à Glasgow, en Écosse, sept jours plus tard, le Dunferlime journal rapporte que « vers la fin, quelques brutes se sont introduites sur le terrain, suivies d’une centaine d’autres qui ont violemment bousculé les joueuses. Elles ont dû se réfugier dans l’omnibus qui les avait transportées sur le terrain. Elles n’étaient pas au bout de leur peine, car la foule a commencé à détruire les poteaux et à les jeter contre le véhicule en mouvement. S’il n’y avait pas eu de policiers, elles auraient pu être blessées. »
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Une fin de match chaotique. À partir de là, la troisième rencontre va être aussi perturbée par des émeutes, et la quatrième annulée puisque les joueuses ne se sont pas présentées sur le terrain. D’autres émeutes surviennent lors de la tournée. Les deux derniers matches, les 25 et 27 juin 1881, les deux rencontres se déroulent à merveille. En effet, les écossaises terminent par deux victoires. Consécration ? La suite nous le dira. Certainement.
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