C’est en Angleterre et en Écosse, fin XIXème, que les femmes commencent à toucher le ballon rond. Départ bien compliqué puisque rabaissées par la plupart des hommes, qui n’acceptent pas qu’une demoiselle puisse faire un sport de “bonhomme”. Ce n’est qu’au début du XXème siècle que ce mouvement arrive en France et verra ainsi naître la première Équipe de France féminine de football. La Première Guerre mondiale s’avère être émancipatrice pour les femmes. En effet, au moment de laisser les hommes partir au front, les dames prirent le contrôle du pays, que ce soit dans les usines, dans les champs, en médecine et à la maison.

En 1912, le premier club omnisports féminin voit le jour. Il se nomme Fémina Sport. Athlétisme et gymnastique y sont pratiqués. En 1917, le premier match de football féminin y est disputé. Deux équipes parisiennes s’affrontent. Grâce au travail des archivistes, de nombreuses photographies des équipes ont pu être gardées et consultées. Sur l’une d’entre elles, 20 femmes représentent un groupe. Elles portent toutes un béret, les cheveux rangés en boule à l’intérieur, des maillots sans coq, un short, des chaussettes jusqu’aux genoux et des godillots (chaussures militaires) montants.
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Au fil du temps, un engouement se crée. Plusieurs petits clubs voient le jour et de plus en plus de matchs s’organisent. Sans toutefois plaire à tous. En 1918, la Fédération des sociétés féminines sportives de France (FSFSF) est fondée, suivie du premier championnat l’année suivante. (terminé en 1932)
Première Équipe de France : un succès critiqué
Le 30 avril 1920, une première rencontre se joue au stade Deepdale à Preston en Angleterre. La meilleure sélection de joueuses de la FSFSF affrontent la formation Dick, Kerr’s Ladies FC. La France s’incline 2-0 devant 25 000 spectateurs. Au match retour, match nul 1-1 chez elles devant 12 000 personnes. Cette évolution du sport féminin entraîne les premières critiques mais les femmes ne se laissent pas abattre. “Je suis convaincue que la femme peut fort bien pratiquer ce jeu puisqu’il n’est pas dangereux et qu’il développe des qualités fortes importantes tels l’esprit d’équipe, la ténacité et la volonté”, témoigne Suzanne Liébard, athlète et fondatrice de Fémina, dans le petit journal, quotidien parisien, le 14 novembre 1920.
Contre toute attente, en 1920, la Football Association interdit la pratique du sport pour les femmes, justifiée par l’inadaptation du corps féminin au sport. Le football est trop dangereux pour les demoiselles. En réalité, ses excuses misogynes cachent une profonde jalousie de la part des organisateurs qui constatent que l’intérêt pour les matchs féminins grandit un peu plus chaque jour. En France, le football perdure, malgré les critiques. Pendant la Seconde Guerre mondiale, en 1941, le gouvernement de Vichy a tout de même interdit la pratique aux femmes.
Qu’en est-il aujourd’hui ?
Depuis la création de cette première équipe de France féminine, les événements se sont accélérés et le football féminin a pu se développer à son avantage dans tous les coins de l’Hexagone. En 1968, le football féminin revient en force, notamment à Reims où le journaliste Pierre Geoffroy, accompagné de Richard Gau, décide de réunir une vingtaine de filles. Les entraînements commencent, suivis par les premiers matchs en France. Plus l’entraîneur communique dans la presse, plus les filles sont connues et jouent.
Un an plus tard, la marque Le Coq Sportif organise un tournoi dans les Ardennes et les Rémoises remportent le trophée. Pierre Geoffroy réalise des rencontres avec des équipes européennes, puis mondiales. L’équipe de Reims devient l’équipe de France. Dès 1970, l’activité sportive est (enfin) reconnue par la FIFA. Près de 50 clubs sont recensés en France, dont vingt-un au Nord-Est et douze dans le Bas-Rhin. Le premier match officiel de l’équipe de France a lieu à Hazebrouck, près de Lille, en 1971, contre les Pays-Bas. Les filles se qualifient 4-0 pour le Mondial du Mexique, pas encore reconnu par la Fédération de football.
220 000 licenciés
L’année 1974 marque le lancement du championnat de France. Le stade de Reims remporte les trois premières éditions. À ce moment-là, la France compte 2 000 licenciées. En 1997, les nouveautés continuent. La France se qualifie contre la Finlande pour le premier Euro. L’équipe perdra finalement lors du premier tour du championnat, organisé en Suède et en Norvège. L’année 2003 marque la première participation de l’équipe de France à une coupe du Monde, arrachant la qualification à l’Angleterre. Les filles ne passeront malheureusement pas le premier tour.
Aujourd’hui, la France est l’une des plus meilleures nations en compétition internationale. Sur le plan national, le nombre de licenciés a été multiplié par 100 en un demi siècle. Il y a désormais plus de 220 000 licenciés parmi 14 000 clubs amateurs. Malgré certaines critiques peu constructives sur le jeu et la place des femmes dans le monde du football, de plus en plus d’adeptes suivent leur parcours.
La médiatisation est en pleine expansion depuis quelques années. Pourtant, il reste de grands efforts à réaliser, notamment pour la télévision. Il a fallu plusieurs mois de négociations pour qu’un peu plus d’un mois avant le Mondial, M6 et France Télévisions acceptent de se partager sa diffusion. Un combat quotidien où il ne faut pas baisser les bras.
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