Une première Coupe du monde, donc. Depuis le XIXème siècle, le football féminin essaie de se faire, peu à peu, une place dans le monde sportif. Débuté en Angleterre, il conquit au fur et à mesure tous les pays. Avant les années 40, les femmes exercent leur passion, malgré les critiques misogynes qui adviennent lors des rencontres. Des matchs entre nationalités sont organisés, comme entre l’Angleterre et la France.

Contre toute attente, dans certains pays comme le Brésil, la France ou l’Angleterre, les autorités interdisent la pratique du football aux femmes. Ils jugent cette pratique inadaptée à leur physique, à leur façon d’être et de se comporter. Ce sport est trop “brutal” pour les dames.
Première Coupe du monde et premières rencontres…
Il faut attendre les années 60 et la lutte féminine pour avoir la chance de voir et supporter à nouveau leurs matchs. Des épreuves et championnats, calqués sur ceux des hommes, sont produits à l’international : États-Unis, France, Angleterre, Brésil… En 1969, une première coupe d’Europe est organisée, appelée dans le pays organisateur italien “la coppa Europa per Nazioni”. Premier tournoi international, non reconnu par les comités officieux. Quatre équipes sont conviées : l’Italie (gagnante), la France, l’Angleterre et le Danemark.
L’année suivante, la première Coupe du monde, encore non officielle, sur les terres d’Arrigo Sacchi et de Roberto De Zerbi. Huit équipes sont invitées, sept y participent, et ce sont les Danoises qui l’emportent. Ces premiers événements sont mis en place par la Fédération internationale et européenne de football féminin (FIEFF). Une association à l’existence brève (de 1970 à 1972). Une seconde Coupe du Monde a été instaurée par la même organisation en 1971, cette fois-ci au Mexique.
C’est la première fois que l’équipe de France voyage aussi loin et joue devant plus de 30 000 spectateurs. Un premier record. La FIEFF disparaît rapidement puisque les participants pour un 3ème mondial se font peu nombreux. La raison est simple : les équipes ne veulent pas entrer en conflit avec l’UEFA.
La popularité grandissante du football féminin
Grâce aux nombreuses rencontres sportives organisées, le football féminin commence à faire parler de lui. Les spectateurs s’en passionnent, quitte à monopoliser la chaîne TV ou à payer un billet pour aller voir les joueuses. Lors du dernier mondial non reconnu, organisé au Mexique en 1986, Ellen Wille dévoile la négligence de la FIFA envers le football féminin et réclame la création d’une Coupe du Monde. Le sujet est alors discuté entre les organisateurs. En 1989, un test est organisé en Chine pour savoir si l’événement intéresse les gens. Douze équipes représentatives de tous les continents sont invitées à participer au tournoi. La compétition est un exploit, il y a eu plus de 350 000 spectateurs et plus de 200 millions de téléspectateurs.
En 1991, pour la première fois de l’histoire du sport féminin, le mondial féminin est reconnu et organisé par la FIFA, sur les terres de la République populaire de Chine. C’est la naissance de la première Coupe du Monde. Parmi les douze équipes invitées, la Norvège, le Danemark, la Nouvelle-Zélande, les États-Unis, la Suède, le Brésil, le Japon, l’Allemagne, l’Italie, Taïwan, le Nigeria et, bien évidemment, le pays d’accueil. Une première dans l’histoire de la fédération internationale. Vingt arbitres professionnels, dont six femmes, encadrent les matches. D’autant plus que la Brésilienne Claudia de Vasconcelos devient la première femme à arbitrer le match de la troisième place d’une compétition internationale organisée par la FIFA. Le premier but de l’histoire de la Coupe du monde est tiré par la chinoise Ma Li lors de la rencontre République populaire de Chine – Norvège, finalisé 4-0 par le pays hôte.
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Les matchs sont organisés de sorte que les femmes jouent 80 minutes, au lieu de 90 et, qu’en cas d’égalité, les 30 minutes supplémentaires soient réduites à 20. Des règles subtiles fondées par le comité d’organisation. Selon leur dire, les femmes ne sont pas capables de tenir plus longtemps. Preuve qu’elles ont encore un long chemin à parcourir avant d’être respectées. La finale du mondial oppose les États-Unis et la Norvège dans le stade de Guangzhou, devant 63 000 spectateurs. Une première réussite, grâce notamment à une distribution de billets gratuits. Les Américaines ramènent leur première coupe à la maison. Elles sortent victorieuses, d’un match gagné 2-1. Michelle Akers, une de leurs attaquantes, remporte le soulier d’or avec dix buts inscrits. De quoi faire pâlir Killian Mbappé, Harry Kane ou encore Miroslav Klose.
Dans la continuité
Alors que la première Coupe du monde officielle vient d’être organisée, l’événement est confirmé en 1995, en Suède. Dans un des nombreux discours de président de la FIFA, Joseph Blatter (1995-2015) affirme que “La femme est l’avenir du football”. Désormais, tous les quatre ans, les équipes féminines sélectionnées se confrontent sur les terrains du pays d’accueil pour gagner le titre de consécration. Les règles de jeu sont désormais les mêmes que pour les matchs des hommes : 90 minutes de jeu et 30 minutes de prolongation s’il y a égalité.
Lors du mondial suivant, douze participantes se font face. La Norvège le remporte devant 112 213 spectateurs. En 1999, c’est au tour du “Dream country”, les États-Unis, d’avoir l’honneur d’accueillir seize équipes féminines sur son territoire. Les Américaines remportent une seconde fois le mondial à l’issue d’une séance de tirs au but contre la Chine, devant plus d’un million de personnes.
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D’immenses foules se réunissent dans les stades. Les femmes marquent une nouvelle étape dans l’histoire du football : elles sont sur le même pied d’égalité avec les hommes. Elles deviennent populaires grâce à la médiatisation (télévision, presse écrite, radio) exercée sur la rencontre. En 2003, le mondial est de nouveau organisé sur le territoire américain puisqu’un syndrome respiratoire aigu sévère se propage en Chine. Seize équipes sont présentes, et l’Allemagne remporte sa première coupe. En 2007, la Chine organise la cinquième rencontre mondiale, remportée une seconde fois de suite par l’Allemagne. Le pays germanique expose sa supériorité sportive à toutes les autres équipes.
En 2011, c’est au tour des deux étoiles allemandes d’accueillir la Coupe du monde. Le Japon remporte le titre mondial contre les États-Unis en finale, et devient la première équipe asiatique à s’imposer dans la compétition. La France termine par ailleurs au pied du podium, en 4ème position. Un premier exploit pour les Françaises qui essaient, tant bien que mal, de se faire une place dans la compétition. En 2015, pour la première fois, 24 équipes sont réunies lors du mondial organisé par le Canada. Les États-Unis remportent la coupe face au Japon. Elles deviennent alors l’équipe la plus titrée de l’histoire de la compétition.
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En 2019, c’est la consécration pour les tricolores. La huitième Coupe du Monde est mise en place en France. Le tournoi représente un enjeu pour les équipes européennes, puisque que l’Angleterre, la Suède et les Pays-Bas, c’est-à-dire les trois meilleures du continent, sont directement qualifiées pour les Jeux Olympiques de Tokyo en 2020. Parmi les 24 équipes présentes, les États-Unis remportent une quatrième étoile à greffer sur le maillot. L’Américaine Megan Rapinoe est élue, en fin d’année, meilleure joueuse du mondial et reçoit en plus le deuxième ballon d’or féminin de l’histoire.
Le dernier mondial d’actualité est organisé en 2023 par l’Australie et la Nouvelle-Zélande. Nouveau record établi puisque 32 équipes participent à la compétition. Le 20 août 2023, la finale oppose l’Espagne face à l’Angleterre. Les jaunes et rouges gagnent le match 1-0 et remportent leur premier titre mondial. Maintenant, il est temps de prendre une pause, enfin seulement pour les spectateurs puisque les filles recommencent rapidement leur rentrée sportive. Rendez-vous dans quatre ans pour le prochain mondial et pour espérer, si possible, voir la France remporter enfin un titre mondial !
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