Barcelone, 25 avril 2024. Laporta annonce en conférence de presse le maintien de Xavi pour la saison prochaine. Cette décision aurait pu être un tournant crucial dans l’histoire du FC Barcelone, soulignant les défis auxquels il est confronté et les choix décisifs qu’il doit faire pour retrouver sa grandeur passée.

Dans le contexte actuel du FC Barcelone, où le club cherche à retrouver sa grandeur et son identité, la très hypothétique arrivée d’Hansi Flick en tant qu’entraîneur aurait pu être un tournant crucial. Malgré les défis économiques auxquels le club est confronté, Flick a exprimé un vif intérêt pour rejoindre le Barça, démontrant sa détermination à relever ce défi. Sa décision de changer d’agent pour être représenté par Pini Zahavi, un proche de Joan Laporta, le président du FC Barcelone, souligne l’importance qu’il accordait à cette opportunité et son désir de travailler en harmonie avec la direction du club.

L’une des caractéristiques les plus attrayantes de l’approche de Flick est son exigence et sa discipline rigoureuse. Un paramètre déterminant lors des succès de son équipe.

À son arrivée aux commandes du Bayern, Hansi était très empathique et doux avec ses joueurs. Quelques jours avant un match décisif dans la course au titre contre le Borussia Dortmund, voyant que ses troupes prenaient une séance d’entraînement un peu trop à la légère, Flick décide de renvoyer tout le monde aux vestiaires. Good cop, bad cop. Comme tout Flick qui se respecte. Hansi sait naturellement jouer les deux rôles. « La seule règle avec lui, c’était d’être à 100 % à l’entraînement, se rappelle Christian Daub, l’un des piliers de sa défense à Hoffenheim. Je me souviens qu’il a pu nous coller des séances de course pure le lendemain d’un entraînement pas conforme aux attentes. » Heureusement pour les joueurs, la sanction est rarissime.

Logique. « Quand on dispose de cette liberté, c’est facile de respecter sa seule exigence, à savoir être à fond à l’entraînement. Je me rappelle un camp d’entraînement en Autriche où il nous avait donné notre après-midi et notre soirée parce qu’on s’était bien entraînés le matin. Peu importe ce qu’on allait boire ce soir-là, il fallait juste qu’on soit sur le terrain à 11 h le lendemain. » La flexibilité tactique de Flick constitue un atout majeur. Assistant de Joachim Löw avec l’équipe nationale allemande, il a développé une connaissance approfondie de divers systèmes de jeu et d’approches tactiques. Une maîtrise qui s’est bien vue durant son passage au Bayern Munich. Passer parfois d’un 4-2-3-1 ou un 4-3-3 sans ballon à un 3-2-5 sans ballon ne lui posait pas de problème.

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Cela lui permet d’adapter son équipe en fonction des adversaires et des situations de match, ce qui aurait pu être particulièrement bénéfique pour le FC Barcelone. Le club cherche à maintenir son style de jeu tout en s’adaptant aux exigences de la compétition moderne. En s’inspirant de sa gestion réussie du Bayern Munich, où il a su instaurer une culture de discipline, d’exigence et de flexibilité tactique, Flick aurait pu apporter une nouvelle dynamique au FC Barcelone. Son approche méthodique et son leadership correspondent à ce dont le club avait besoin pour retrouver son chemin vers le succès.

Finalement, la direction du FC Barcelone a choisi de suivre un chemin plus familier en prolongeant Xavi Hernandez, symbole vivant de la tradition du club. Malgré un bilan mitigé, une équipe mortifère et des signes de stagnation, Xavi incarne l’âme du Barça, rappelant les glorieux jours de la « Pep Team ». En effet, depuis son arrivée à la tête du FC Barcelone, l’ancien milieu de terrain a été confronté à une série de défis. Ces derniers ont mis en lumière ses difficultés à gérer l’effectif du club. Malgré ses prouesses en tant que joueur légendaire du Barça, sa transition vers le rôle d’entraîneur souffre de décisions incohérentes en matière de recrutement sur le dernier mercato (Oriol Romeu) et une gestion douteuse du temps de jeu dans son effectif (Vitor Roque, Fermin Lopez).

Débuts prometteurs…

Lors de sa première saison au club, Xavi a mis en place un jeu axé sur la possession, la construction depuis l’arrière, et l’attaque patiente. Xavi a insufflé une nouvelle énergie à l’équipe tout en continuant le développement des jeunes talents du club. Grace à des recrues comme Aubameyang, Dani Alves et Ferran Torres, l’équipe a retrouvé une bonne dynamique au point d’aller s’imposer au Bernabeu par quatre buts d’écart. Son influence tactique a permis au Barça de retrouver sa fluidité dans le jeu et sa capacité à dicter le rythme des matchs. De quoi raviver l’optimisme parmi les supporters quant à l’avenir de l’équipe.

Durant sa deuxième saison, Xavi a continué à bâtir sur les bases posées lors de sa première année en bénéficiant de plusieurs arrivées au mercato comme celles de Robert Lewandowski, Jules Koundé et Raphinha. L’équipe a remporté la Supercoupe d’Espagne et la Liga, démontrant ainsi une progression et une compétitivité retrouvée sous sa direction. Ces victoires ont consolidé la vision de Xavi pour le club et ont renforcé sa position en tant qu’entraîneur capable de ramener le Barça au sommet du football espagnol et européen.

…promesses finalement très limitées

Pourtant, son absence de gestion émotionnelle a plusieurs fois plombé l’équipe dans les grands rendez-vous. Également, son manque d’expérience dans la gestion des remplacements en cours de match a aussi été préjudiciable. Ce dernier a conduit à des choix qui ont nui à la cohésion de l’équipe et à ses performances sur le terrain, comme face au Paris Saint-Germain. En dépit de son pedigree impressionnant en tant que joueur, Xavi n’a pas réussi à transmettre ses idées à ses joueurs. Si tant est qu’il souhaitait réellement transmettre un plan de jeu ambitieux. Sa méconnaissance du football européen en tant que coach y a surement joué un grand rôle. Comme tout coach en début de carrière, il doit encore progresser. Son palmarès insuffisant au cours des deux dernières saisons et demie a suscité des interrogations quant à sa capacité à diriger une équipe de haut niveau.

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Les attentes élevées des supporters n’ont pas été satisfaites. Toutefois, les dirigeants semblent se complaire dans les échecs récents. Le style de jeu du FC Barcelone sous la direction de Xavi a été critiqué pour son manque de fluidité et d’efficacité, le problème de l’animation offensive est revenu plusieurs fois sur la table, malgré les victoires. Les performances moyennes de l’équipe sur le terrain s’illustrent par une Liga remportée avec un nombre alarmant de victoires étriquées. Les 14 victoires 1-0 sur 38 journées témoignent d’une équipe qui peine à convaincre et qui manque de panache, un contraste frappant avec le jeu flamboyant et dominatrice qui caractérisait le Barça lors de ses grandes années.

La continuité de Xavi en tant que coach n’apporte aucun espoir aux supporteurs du club au vu de son mauvais bilan depuis novembre 2021. Et les déclarations de Laporta ne vont rien arranger. Il a notamment affirmé que « le fait que Xavi reste est très bonne nouvelle pour le Barça. La stabilité est une valeur importante, je l’ai toujours privilégié car c’est très important pour le projet. Nous avons une confiance absolue en Xavi. »

Après sa victoire aux élections du club en mars 2021, Laporta déclare que perdre aura des conséquences. Trois ans plus tard, le voici à supplier un entraîneur qui n’a jamais convaincu depuis son arrivée au club. Les jugements du président Laporta seraient-ils à géométrie variable ? Peu de temps après son élection, il avait déjà sous-entendu un départ de l’entraîneur en place, Ronald Koeman, alors que l’équipe avait enchainé une série de 23 matchs sans défaite avec deux matches nuls entre novembre 2020 et février 2021.

Malgré une victoire finale en Copa del Rey et une troisième place en Liga à cinq points du champion, l’Atletico Madrid, Laporta a décidé de ne pas renforcer l’équipe en faisant partir le meilleur joueur de l’histoire du club, Lionel Messi (dans des circonstances bien connues de tous), et un des meilleurs attaquants de la saison, Antoine Griezmann. Le tout en les remplaçants numériquement par Yusuf Demir, qui sortait de l’Austria Vienne. Le mercato d’été 2021 s’est révélé médiocre et cela s’est répercuté sur le début de saison du FC Barcelone en Liga et Ligue des Champions. Koeman a finalement été viré après une défaite à Madrid contre le Rayo Vallecano. Ce dernier a été remplacé par Xavi, qui n’avait aucune expérience de coaching au très haut niveau.

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Laporta a aussi bradé les parts du club pour financer le mercato de son nouveau coach, mais les résultats et le jeu depuis deux ans et demi sont toujours insuffisants. L’inquiétude des supporters après la prolongation de Xavi est légitime. L’omniprésence du président Laporta dans les décisions sportives pose également question. Par ses amitiés et ses intérêts avec les agents Jorge Mendes et Pini Zahavi, il a fait le forcing pour obtenir plusieurs joueurs comme Joao Felix et Joao Cancelo. Preuve en est : même si Xavi ne compte pas sur Joao Felix lors des matches importants, le président veut l’acheter définitivement. Comme s’il en savait davantage que l’entraîneur.

Ainsi, le FC Barcelone s’est retrouvé à la croisée des chemins, confronté à des choix déterminants pour son avenir. Entre la modernité incarnée par Hansi Flick et la tradition symbolisée par Xavi Hernandez, le club catalan a tranché en choisissant de prolonger l’aventure avec Xavi par peur de plonger dans le vide. Au final, perdre n’a peut-être pas de conséquences du côté de la Catalogne.

Par Medhi Tombi


Fausse Touche

Je représente tous les sympathiques qui ont contribué et ont filé un coup de plume à l'équipe !

3 commentaires

Ismaël Youssouf Kolobo · 27/04/2024 à 20:17

Par compétences de rédaction, cohérence et justificatif à l’approche. Je suis entièrement d’accord, avec vous. c’est du bon travail, d’un part je pense que le site doit être revu.

Theo · 28/04/2024 à 02:15

Très bonne rédaction

Yamal, Flick et la mutation du FC Barcelone : une saison presque parfaite - Fausse Touche · 28/06/2025 à 14:30

[…] À LIRE SUR FAUSSE TOUCHE – À quoi fallait-il s’attendre au départ de Xavi ? […]

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