Le football est souvent considéré comme un sport qui transcende les frontières, et peu de joueurs incarnent cette idée mieux que Benoît Beaujon. Au fil de sa carrière, ce gardien français a sillonné les terrains de plusieurs continents, évoluant dans des clubs aux quatre coins du globe. Des pelouses européennes aux stades exotiques d’Asie ou d’Océanie, il a su s’adapter à des styles de jeu variés et surtout découvrir les différentes cultures.

Benoît Beaujon, pour commencer, peux-tu te présenter ?
Je suis un gardien de but français. Grâce au foot, j’ai eu l’occasion de voyager et de jouer dans certains pays où je ne serais peut-être jamais allé en d’autres circonstances.
J’ai logiquement joué en France ainsi qu’Angleterre puis en Australie. Je suis aussi passé par l’Autriche et le championnat de Tahiti, j’ai ensuite fait plusieurs clubs en Roumanie avant de m’envoler pour la Nouvelle-Zélande. J’ai notamment fait la OFC Champions League avec un club des îles Cook, aux îles Tonga. J’ai aussi eu l’occasion de faire des essais en Irlande, aux États-Unis, en Slovaquie et au Cameroun.
Au cours de ta carrière, as-tu rencontré des difficultés à t’adapter dans les différents pays ?
Non, pas particulièrement. Il y a toujours la barrière de la langue, évidemment, mais une fois sur le terrain, on parle tous un peu le même langage. Après, il faut s’habituer aux coutumes locales.
Je sais qu’à certain moment, certains de mes choix de clubs n’étaient pas toujours en adéquation avec mes objectifs. Il m’est parfois arrivé de ressentir de la frustration à l’égard des autres joueurs, car j’attendais plus de leur part. Je voulais que l’on fasse les choses de manière professionnelle. Or, certains championnats dans lesquels j’ai joué sont des championnats amateurs et semi-pro.
Comment es-tu venu à jouer aux îles Cook ?
Je cherchais à jouer la Ligue des champions d’Océanie, donc j’ai contacté certains clubs. Tupapa Maraerenga (îles Cook) avait justement besoin d’un gardien, alors ça tombait bien. J’aime bien l’idée d’aller jouer un peu partout, et c’est sympa de découvrir de nouvelles cultures. Même, de nouveaux pays.
Comment as-tu trouvé le niveau du championnat des îles Cook et de Tahiti (les deux archipels sont « proches ») par rapport à la France et aux autres championnats ?
J’ai seulement fait la OFC Champions League avec Tupapa Maraenga, un club des îles Cook. Je peux néanmoins parler du championnat tahitien. Il équivaut à de la R1-R2, avec une ou deux équipes peut-être niveau N3. Ils s’entraînent trois à quatre fois par semaine, ce qui est à peu près un rythme de R1-N3. Il y a des joueurs très bons techniquement. Ce n’est pas un hasard s’ils figurent parmi les meilleures équipes du monde de beach soccer.
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Quelle a été ta sensation lors de ton premier match de Ligue des champions d’Océanie ?
C’était vraiment cool ! Rien à voir avec l’UEFA Champions League évidemment, mais se dire qu’on joue une compétition internationale reste gratifiant. Tout en sachant qu’on fait partie des meilleures équipes d’Océanie et que l’on doit représenter le pays, car il n’y a qu’un seul club par pays en coupe d’Océanie.
Sur quels points la fédération des Cook doit travailler pour faire progresser le championnat ?
Je pense que si une fédération, que ce soit les îles Cook, Tonga, Samoa etc… veut se développer, cela passe par la formation des entraîneurs. Si ceux-ci partaient quelque temps dans des championnats développés tels que l’Australie, ou bien même des pays d’Europe, ils pourraient alors faire la même chose chez eux.
Une autre solution serait l’import d’entraîneurs et/ou de joueurs étrangers. De cette manière, ils pourront amener avec eux toute leur expérience pour aider et développer les équipes locales, et ainsi contribuer à l’amélioration de ces championnats.
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Pour toi, comment les fédérations océaniennes peuvent améliorer leurs équipes nationales ?
Une solution serait de faire plus de matches amicaux (les FIFA Series sont quelque chose qui va dans ce sens et leur permet de disputer des matches amicaux contre des équipes de tout le globe, peu importe les niveaux, NDLR). Il faudrait aussi que les joueurs et entraîneurs puissent partir dans des championnats plus huppés, plus professionnels afin d’apprendre différentes manières de coacher auprès de meilleurs coaches. L’option de l’utilisation de la diaspora peut aussi être une solution en convoquant des joueurs évoluant à l’étranger et ayant suivi une formation plus approfondie dans des pays plus structurés.
Aujourd’hui, quel est ton meilleur souvenir sur le rectangle vert ?
Probablement mon premier match en pro. C’était en Roumanie, contre Otelul Galati. Quelques années auparavant, ce club affrontait Manchester United en Ligue des champions, que je supporte qui plus est. Mon premier match en OFC (Confédération océanienne de football) Champions League est aussi un bon souvenir, car cela reste une compétition internationale.
De quoi es-tu le plus fier dans ta carrière ?
J’ai pris un triplé en une mi-temps par un ancien joueur de l’équipe d’Angleterre lorsque je jouais dans les divisions inférieures. Le gars jouait pour le plaisir, il avait la quarantaine passée. Je crois qu’il avait joué pour Southampton et/ou Tottenham. C’était une sacrée expérience, j’ai pu me rendre compte de l’écart entre le monde amateur/semi-pro et professionnel.
Quelle est ton anecdote favorite ?
D’avoir pu signer professionnel. Cela signifie tellement pour moi. Certes, ce n’était pas un championnat majeur, mais ça reste un contrat pro. Personne ne pourra me l’enlever. Depuis, j’ai eu l’occasion de jouer certains matches qui avaient une signification particulière pour moi, comme les deux matches cités plus tôt. Il y a eu aussi un match amical joué avec la réserve de l’Ajax d’Amsterdam.
1 commentaire
Bonello · 18/10/2024 à 08:27
Merci à Fabio alternafoot de faire découvrir le foot hors des médias traditionnels et les stars. C’est fabuleux et réconfortant de rencontrer des passionnés qui sillonnent le monde des tout tout petits clubs.
Encore merci pour toutes ces recherches.
Continue Fabio à nous passionner.