Thomas Hasselgren, après avoir passé plus de vingt années sur les bancs, principalement au IF Brommapojkarna, a rejoint le poste de responsable du développement des équipes jeunes du pays. La Suède, comme ses frères et sœurs scandinaves, cherche à rattraper son retard sur les cadors européens. Pour cela, le pays mise sur un vivier de qualité, qu’il cherche à tout prix à développer. Nous nous sommes entretenus avec lui.

Thomas Hasselgren Scandinavie

En Suède, le bénévolat des parents dans le football de jeunes joue une part importante dans son développement. Ils sont omniprésents et d’une très grande aide. En Suède, nous avons des activités sportives pour les enfants dès leur plus jeune âge. En plus de cela, la plupart des villes possèdent les clubs de sport et les infrastructures sportives., Dans le football aussi, et elles disposent d’une large amplitude pur s’en servir.

Le revers de la médaille, c’est que dans les clubs des deux premières divisions, les entraîneurs ne sont pas salariés dans les catégories jeunes. Seuls les plus gros clubs ont la possibilité de proposer des contrats temps plein rémunéré à leur encadrant.

Nous nous devons d’être meilleur pour signer de jeunes joueurs à fort potentiel. Leur donner de plus long contrat aussi. De nombreux jeunes scandinaves quittent leur pays dès 15-16 ans, pour de très faibles montants.

Nous avons commencé à professionnaliser le football de jeune, parce que les écoles de football scandinaves accueillent énormément de joueurs. D’ailleurs, nous avons peut-être les meilleures écoles de football du monde en Scandinavie. Mais le savoir-faire se perd très vite dans dans les catégories jeunes proches du haut-niveau. Notre histoire est encore jeune. Au début des années 90, même nos meilleures équipes n’étaient pas professionnelles. Nos infrastructures académiques ne sont donc pas encore compétitives. Petit à petit, nos principaux clubs rattrapent leur retard.

Ces dernières années, les équipes suédoises ont montrées qu’elles savaient être plus performantes. En atteste leurs parcours dans les coupes européennes. Depuis peu, nos académies ont changé leur système de certification. Il est plus strict puisque d’une cinquantaine de questions, nous sommes désormais à 250. La difficulté, c’est que les directions et les supporters veulent des résultats rapidement. Ils veulent voir leur équipe gagner chaque dimanche. Remporter des titres. Alors que le travail auprès des jeunes joueurs, c’est une mission de longue haleine.

Aujourd’hui, nous visitons les meilleurs clubs avec les coaches. Beaucoup de clubs espagnols. J’ai déjà fait 4-5 voyages en Espagne. Et nous nous rendons aussi aux Pays-Bas, voir le PSV, le Feyernoord. L’autre jour nous avons suivi une très grosse conférence, ou intervenaient les plus grands clubs, à propos de biologies par exemple. Connaître le corps des jeunes joueurs, c’est essentiel. Parce que les éclosions tardives passent sous les radars, n’ont pas l’opportunité d’exploiter pleinement leur potentiel. On ne peut pas se permettre de rater un joueur, parce que nous n’avons pas encore un vivier conséquent. Si tu regardes l’Allemagne, l’Espagne ou la France, leur vivier est plein à craquer.

Nous nous focalisons aussi sur le pôle de « transition ». Nous détachons une personne qui travaillera spécialement à l’adaptation / au passage entre la réserve et l’équipe fanion. Les joueurs ratent le coche vers 20-21 ans, car ils ne sont pas arrivés à maturité. En moyenne, nos jeunes commencent à obtenir un temps de jeu régulier vers 23, 24 ans, comme c’était le cas pendant longtemps. Notre objectif est les préparer au mieux pour qu’ils puissent être prêts avant.

Notre réalité, c’est que nos très bons jeunes découverts à 15-16 ans partent dans les meilleurs championnats, tandis que nos très bons jeunes de 17-18 ans partent dans des ligues supérieures à la notre. Comme on peut voir ce phénomène, moins prononcé, aux PB ou Belgique). C’est aussi notre objectif de faire rester ces joueurs une ou deux années de plus minimum. Cela serait bénéfique pour nous, sportivement d’abord et économiquement ensuite. Notre championnat deviendrait plus compétitif, et nous aurions plus de moyens pour développer nos jeunes.

Nous avons beaucoup de similitudes entre pays Scandinaves, Norvège, Suède, Finlande, avec le Danemark. Notamment sociétales, en termes de croissance aussi. Copenhague et Malmö sont nos portes étendards. Maintenant, il faut en propulser deux de plus. Pour améliorer notre classement UEFA. C’est un effet boule de neige. Si tu as peu de points, c’est complexe d’en obtenir d’autres. Parce que tu affronteras toujours des équipes supérieures. Notre équipe la mieux classée, Malmö, affronte Grenade lors de ses premiers tours. C’est déjà très dur.

Mon travail consiste à connecter à la ligue nos trente-deux équipes des deux premières divisions. Je rencontre les clubs, j’échange sur leurs projets, j’avance des idées, mon point de vue. je suis beaucoup de conférences aussi, pour agrandir mes références. Je voyage donc beaucoup en Suède et à l’étranger. J’ai par exemple assisté à une conférence sur le développement du football en Grèce, puis à un webinaire en Somalie. Je visite les clubs.

À LIRE – Comme Thomas Hasselgren, découvrez ces entraîneurs scandinaves qui partent à la conquête de l’Europe

En Espagne, j’ai beaucoup aimé la symbiose des multiples coaches sur le terrain. D’ordinaire, nous avons environ quatre coaches dans une équipe de U14. Dans les plus gros clubs, ils encadrent parfois le groupe à huit, neuf, dix personnes. Chacun d’eux à son propre rôle. Ils ont leurs propres consignes, leurs propres exercices. On apprend au sujet de la planifications des séances, implanter de nouveaux modules dans notre coaching, recruter des entraîneurs spécialisés. Encore récemment, on avait un entraîneur des gardiens, qui les faisaient travailler pendant les 15, 20 premières minutes. Et puis ils allaient taper la balle et ne rien faire d’autres.

Aujourd’hui, nos entraîneurs multiplient les ateliers, ajoutent de la transversalité entre les exercices et la technique, la tactiques, le jeu balle au pied. Chaque entraîneur enseigne sa spécialité, apporte sa patte, plutôt que discuter avec le coach principal et boire des cafés ensuite. J’essaie de les pousser à sortir du pays pour se voir ce qui se fait ailleurs, et apprendre. Tu emmagasines de l’expérience, tu gardes ton esprit ouvert. C’est essentiel car le football évolue tellement rapidement.

Merci à Thomas Hasselgren pour sa disponibilité.

Entretien mené par Grégoire Devaux

Transcription réalisée par Alexandre Bonnot


Fausse Touche

Je représente tous les sympathiques qui ont contribué et ont filé un coup de plume à l'équipe !

1 commentaire

Taher Mortezaie, directeur de l'Académie Juventus au Guatemala : « Quand les parents me recontactent, je m'aperçois qu'ils ont tiré quelque chose de notre passage » - Fausse Touche · 21/12/2024 à 17:17

[…] À LIRE – Rencontre avec Thomas Hasselgren, responsable du développement des équipes jeunes en Suède […]

Laisser un commentaire

Emplacement de l’avatar

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *