International colombien espoir et joueur de Getafe B, nous avions rencontré Isaac Zuleta au tournoi Maurice Revello l’an passé. À l’occasion de l’édition 2023 du festival, nous avons repris contact avec le joueur, pour faire le point. Formation, tournoi Maurice Revello et psychologie au programme.

Peux-tu nous raconter ton parcours ?
J’ai commencé à jouer très petit au football. D’abord à l’école pour m’amuser. Puis quand dans mon adolescence, mon père m’a emmené dans un club et j’ai eu mes premiers matches de compétition. À 15 ans, j’ai eu l’opportunité de rejoindre Getafe. J’ai fait deux mois d’essai et ils étaient intéressés à l’idée de me signer. Je suis resté deux ans en jeunes, et après, je suis parti dans un autre club afin d’avoir du temps de jeu, le Mostolés FC. Après cette expérience, j’ai eu l’opportunité de signer dans un club italien, mais aussi de revenir à Getafe avec un contrat pro. Et maintenant, depuis mes 17 ans, je suis à Getafe, en m’entraînant régulièrement avec les professionnels et en jouant avec la B en 3ème division.
Parle-nous des infrastructures du club de Getafe.
Le stade Coliseu Alfonso Perez est très grand. Juste à côté se situent le centre d’entraînement avec trois terrains synthétiques (pour les enfants et le foot à 7) et deux naturels pour les professionnels, ce à quoi il faut ajouter un gymnase. Il n’y a pas de grande différence entre les matches et les entraînements. La pelouse bénéficie du même soin pour les terrains d’entraînement.
Quel est le niveau 3ème division espagnole ?
Le club dispose d’un très bon niveau, des enfants jusqu’à même la 3e division à laquelle je joue. Tu joues contre d’autres filiales (Real Madrid B qu’on a éliminés), championnat compétitif avec des joueurs qui peuvent paraître en pro. Comme beaucoup d’équipes espagnoles, il y a ce travail constant entre l’équipe A et B. Même en jouant en B, tu te prépares constamment pour l’équipe A. Tu ressens cette différence. Aujourd’hui, je ne me sens plus très loin du niveau de l’équipe principale. J’aimerais avoir une bonne saison en équipe A pour jouer les équipes de C1 et C3 mais on y va étape par étape.
Comment vivre le départ de Colombie ?
Quand j’ai pris la décision, elle était très claire. Je voulais jouer au foot. Même si les changements à cet âge sont difficiles : il faut s’adapter à une nouvelle culture, un nouveau pays. Mais je me suis plutôt bien adapté, j’ai des amis, une famille qui m’entoure et l’adaptation a été très bonne. La préparation mentale est très importante pour moi aujourd’hui. Je lis des livres de motivation, de coaching, de progression personnelle, c’est un aspect que je suis loin de laisser de côté.
Quelle a été l’importance du tournoi Maurice Revello dans ta carrière ? Le téléphone de Isaac Zuleta a sonné à la fin de ta participation l’an passé ?
Le tournoi Maurice Revello m’a permis d’avoir beaucoup d’expérience. Il y a beaucoup de noms prestigieux qui ont participé à ce tournoi dans le passé. C’était mon 3ème tournoi international avec la sélection colombienne et cela représentait énormément pour moi et pour mon avenir. J’ai beaucoup grandi après ce tournoi. Il y a eu quelques intérêts et discussions entre mon agent et certains clubs, mais ce n’est pas allé très loin puisque je me plais bien à Getafe.
Et en Colombie, quelle importance ce tournoi a-t-il ?
Il est extrêmement important. Très suivi en Colombie par la presse de par ce qui a été fait dans les anciens tournois. On a passé deux semaines à faire une préparation extrêmement minutieuse. A la fois physique que tactique puisqu’il nous fallait nous adapter au football européen qui est assez différent.
En quoi le football colombien est si différent ?
La vitesse de jeu est supérieure en Europe. Le but n’est pas forcément de créer du danger via la
possession du ballon mais bien la percussion. Notre jeu est bien plus direct. Et pour tenir, nous développons une concentration accrue. Je dirai que ce sont les différences avec le football ici.
Tu parlais de l’aspect mental pris en compte par le club. Met-il en place des aides psychologiques ?
Ils aident beaucoup les deux que j’ai tentés. Parce que le mental et le physique sont liés. Tu peux performer un maximum seulement si tu es bien mentalement, et ils l’ont bien compris. Ils se renseignent souvent sur comment va la personne. Ils font attention à toi. Les études, la famille, la maison, mais aussi sur des thèmes plus sérieux. Cela peut paraître des petits détails, mais ils te font te sentir confortable. Nous recevons aussi une préparation mentale sur les émotions, une analyse de nos états d’esprit pré-match et post-match, notre réception de la victoire comme de la défaite, le tout avec des psychologues.
Une carrière professionnelle est soumise à beaucoup de hasard. Le club préparent-ils aussi à aux éventuels échecs ?
Non, ce thème n’est jamais ressorti. Je pense que c’est parce que dans les clubs, ceux dans lesquels j’ai joué en tout cas, ils t’aident pour que tu puisses réussir en tant que professionnel, et que tu te sentes bien. L’accent est mis sur la motivation et les émotions, la façon de prendre du plaisir, de bien jouet en étant bien. Pas pour préparer des alternatives. Ils parlent un peu plus de l’après carrière. Mais ils t’aident. Ils te proposent facilement d’étudier des choses à côté du football. Gérer ton argent également. Et au-delà du club, l’important est d’être bien entouré, j’ai la chance d’avoir un agent qui m’aide à ce sujet-là.
Merci à Isaac Zuleta d’avoir répondu à nos questions.
Pour écouter Isaac Zuleta.
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