Nous y sommes ! l’épilogue de cette Coupe du Monde féminine de football sera connu ce dimanche. Au terme d’une compétition haletante, ce sont finalement l’Angleterre et l’Espagne qui iront se disputer le titre mondial dans l’Olympic Stadium de Sydney en finale de Coupe du Monde. Peu importe l’issue de la rencontre, il s’agira donc d’un vainqueur inédit. Une affiche loin d’être si surprenante si on suit le football féminin, avec tout de même des parcours bien différents.

L’Angleterre a 90 minutes du panthéon

D’un côté, nous avons la sélection des “Three Lionesses” faisant office d’épouvantail. Les Anglaises ont le vent en poupe ces dernières années. Championnes d’Europe en titre, elles ont enfin su casser ce plafond de verre qui les empêchait de remporter des titres majeurs. L’Angleterre peut s’appuyer sur un réservoir de talent avec beaucoup de joueuses issues du championnat domestique anglais. C’est d’ailleurs une constante dans cette finale, deux des meilleurs championnats mondiaux s’affrontent. Dans le traitement du football féminin, les Anglais excellent, et cela se répercute sur les résultats de la sélection nationale.

Wiegman, l’âme d’une gagnante, habituée de la grande finale

Avoir le réservoir ne suffit pas, il faut également avoir l’architecte, le métronome. L’Angleterre s’est longtemps cassé les dents aux portes de la finale (lors des éditions 2015 et 2019). Le succès, elles le doivent à Sarina Wiegman. La batave, c’est la gagne en personne. Ses exploits plaident pour elle. Quatre ans auparavant, elle emmenait déjà la sélection néerlandaise en finale pour une défaite contre les Américaines. Arriver en finale de Coupe du Monde avec deux nations différentes est une prouesse qui n’a jamais été réalisée avant elle (football masculin et féminin confondu).

Elle participe à sa quatrième finale consécutive sur un banc, elle qui a connu les finales de l’Euro 2017 avec la Suède et l’Euro 2022 avec les Lionesses. Son bilan avec l’Angleterre parle pour elle : 30 victoires, 7 nuls pour 1 seule défaite. Sur la compétition, les Anglaises n’ont pas été si flamboyantes que prévu, mais elles savent gérer ces rencontres en haute altitude. Seule équipe encore invaincue du tournoi, ayant encaissé trois buts sur l’ensemble de la compétition. Sérieuses et disciplinées, il faudra sortir le match parfait afin d’en venir à bout. Elles pourront compter sur le retour de Lauren James, qui avait été exclue lors du huitième contre le Nigeria, elles qui n’auront pas été vernies par les blessures (Beth Mead notamment).

L’Espagne, revenue d’entre les morts

Qui aurait pu prédire tout ce qui arriverait à cette sélection espagnole il y a quelques mois de cela ? Tout allait mal, l’entente entre la fédération et ses joueuses, le clivage constant que représentait le sélectionneur Jorge Vilda (c’est encore grandement le cas à la vue des célébrations dont il ne prend que très peu part avec son groupe), et pourtant, les Espagnoles sont là où elles souhaitaient être : en finale de Coupe du Monde. Difficile de se dire que cette équipe propose l’un des jeux les plus flamboyants de la compétition, sur des bases de possession et de contre-pressing à la perte du ballon.

Quand on connait le passif du groupe depuis les secousses de septembre 2022, le bateau espagnol semble naviguer tant bien que mal en se forçant à décréter l’union sacrée. Cette crise arrive au moment où le football espagnol émerge, poussé par la force de clubs tels que le FC Barcelone ou encore le Real Madrid. L’Espagne a brillé par son collectif, avec la volonté du sélectionneur d’effectuer du turn-over en récurrence.

L’audace à l’espagnole va-t-elle tenir en finale ?

Connaître la défaite, surtout dans une compétition comme une Coupe du Monde, peut aussi déconstruire toutes tes certitudes (à l’image de l’Argentine chez les hommes en 2022). Les Espagnoles l’ont connu et Vilda a décidé de changer de cap en lançant Cata Coll, gardienne remplaçante, sur les rencontres à élimination directe. Il s’est également passé de la double détentrice du Ballon d’Or Alexia Putellas, qui n’a que le rôle de joker de luxe. Il a incorporé des joueuses comme Teresa Abelleira et l’ailière Salma Paralluelo, qui ont répondu présentes. L’Espagne va-t-elle poursuivre dans cette volonté du jeu à tout prix ? Ce 20 août, c’est une finale ou le poncif nous rappelle qu’on doit seulement la gagner. La pression est forte sur leurs épaules, pour une première finale de Coupe du Monde de son histoire, face à une équipe expérimentée et pragmatique…

Quoi de mieux que de remporter une finale de Coupe du Monde pour assumer et valider son nouveau rôle dans l’échiquier mondial ? Réponse à partir de midi !

Thomas Berthelot


Fausse Touche

Je représente tous les sympathiques qui ont contribué et ont filé un coup de plume à l'équipe !

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