Micro-état perdu dans l’immensité du Pacifique, Niue est l’un des territoires les plus isolés au monde. Autant dire que sur cette île minuscule, se faire un nom dans le monde du sport serait un exploit. Ce territoire est d’ailleurs bien plus réputé pour ses paysages sauvages et sa petite population que pour ses performances sportives. Aujourd’hui, c’est en partie grâce au football que Niue essaie, à sa manière, de se faire une place sur la carte.

Deuxième territoire le moins peuplé du monde, comptant 1.700 habitants, l’ex-terre néo-zélandaise offre des avantages fiscaux. Comme ses voisins, l’île est devenue un de ces « paradis ». À l’instar de nombreuses îles tropicales aussi, les paysages sont à couper le souffle. Des plages de sable blanc aux forêts et montagnes tropicales, Niue est une destination idéale pour y voyager ou pour y vivre. Mais pas suffisant pour se faire connaître sur la scène internationale.
Le football, un sport roi ?
L’influence de la Nouvelle-Zélande y est évidente. Par conséquent, le football n’est pas le sport principal sur l’île. C’est plutôt le ballon ovale qui a la cote. La sélection est affiliée à l’organisme international de rugby et dispute son premier match officiel dès le début des années 80. Depuis, l’équipe prend part aux qualifications pour différentes Coupes du monde et a même remporté la Coupe d’Océanie à une reprise.
Coté ballon rond, l’historique du football niuéen est plus rapide à dresser. L’équipe nationale n’a seulement disputé deux matches dans son histoire, à l’occasion des Jeux du Pacifique Sud de 1983 aux Samoa. Défaite 14-0 contre Tahiti puis une correction 19-0 contre la Papouasie. Cependant, la Fédération était affilée à l’OFC jusqu’en 2021, avant d’être expulsée, faute d’activité. Cette disparition du football s’explique par le manque d’engouement sur le territoire, ainsi que le manque de moyens financiers et matériels mis à disposition.
Mais depuis 2010, le football se reconstruit sur l’île avec l’organisation de tournois pour tous les âges. « Il est plus simple pour nous d’organiser des tournois, ça permet de donner le goût du football aux jeunes », explique Jamal Talagi, secrétaire générale de la fédération locale. Étant en reconstruction, cette dernière manque cruellement de moyen. « Nous n’avons pas de cages en acier, peu de ballons, nous débrouillons avec les moyens du bord. Même au niveau économique, nous sommes limités, car nous avons peu de fond et de subventions. »
L’improbable renaissance
Le principal projet reste la structuration du football local, avec la création d’une équipe nationale comme l’ont fait les pays voisins. En effet, Niue est le petit dernier parmi des nations comme Nauru, les Îles Marshall ou la Micronésie. « Notre objectif est d’avoir une équipe pour les prochains Jeux du Pacifique en 2027. 44 ans après notre dernière participation, ce serait magnifique », ajoute-t-elle. Mais développer le football localement porte aussi d’autres bénéfices.
La renaissance du foot sur l’île tropical est aussi une aubaine sur le plan de la santé, en effet plus de 80 % de la population souffrent d’obésité, un réel problème qui ravage les pays du pacifique « Si cela peut nous permettre de lutter contre ce problème sociétal, ça serait super. C’est aussi pour ça que nous avons relancé le football, peut être que le sport le plus populaire du monde va permettre à la population de s’activer.»
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À cette occasion, la fédération a révélé quatre maillots disponibles à la vente afin de pouvoir financer les futurs projets. « Pour nous, ces maillots sont vitaux. Ils sont le reflet de notre pays et notre culture, c’est une occasion pour nous de faire connaître notre projet. »
Il peut paraître impossible d’avoir une équipe nationale dans un pays ne comptant que 1.700 habitants. La Fédération compte s’appuyer sur sa diaspora en Nouvelle-Zélande. À peu près 30.000 Niuéens vivent sur la terre des Kiwis, soit quasiment 20 fois plus que sur le territoire national. La diaspora représente donc un point d’appui vital pour le futur projet de la sélection. Ils pourraient par exemple compter sur Aidan Carey, 23 ans (90 matches pros en Nouvelle-Zélande et deux OFC Champions League remportées) ainsi que sur Jaylen Rodwell, 22 ans et déjà 65 matches professionnels au compteur.
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