À 38 ans, Alexandre Raineau co-gère aujourd’hui le centre bien-être/sport/santé “Terapeya”, avec son épouse. Les diverses thérapies proposées (comme la thérapie corps entier, le drainage lymphatique ou encore toute autre thérapie plus individualisée) sont désormais son quotidien, contrairement au football. Passé par le centre de formation puis l’équipe fanion du Stade Malherbe de Caen pendant plus de 10 ans, la natif de Puteaux a connu la Ligue 1 et la Ligue 2. Il jouera ensuite ses dernières saisons en National et en Ligue 2 avec La Berrichonne de Châteauroux.

Alexandre Raineau revient longuement sur ses débuts en région parisienne, son entrée à Clairefontaine et sa vision sur le football en jeune actuel.
Dans votre parcours, l’INF Clairefontaine se présente “rapidement” à l’échelle d’une carrière. Comment cette opportunité s’est profilée, comment vous avez pu y réagir, et comment se place-t-on par rapport à cette possibilité de la concrétiser ?
Je suis d’une autre génération que l’actuelle. La nouvelle génération a accès à énormément de matches à la télévision, à beaucoup de contenu sur les réseaux sociaux ou encore à des entraînements ou séances spécialisées sur Youtube. Le football est à la base un véritable plaisir pour moi. C’est quelque chose que je faisais dès que je rentrais de l’école. Immédiatement après avoir fini mes devoirs, je sortais jouer avec mes potes. J’ai l’impression que c’est quelque chose qui n’existe plus que très peu aujourd’hui. J’avais de plus la chance de pouvoir jouer avec mes grands frères et leurs copains. J’ai donc toujours joué avec et face à plus grand que moi, ce qui m’a déjà permis de progresser.
Je suis ensuite rentré en club, mais tardivement, vers 10-11 ans, à Puteaux. J’ai eu très vite un entraîneur qui connaissait les rouages et qui aimait pousser ses “plus belles graines”. Il m’a proposé une première fois de participer aux stages de détection de l’INF, que je ne connaissais pas. En discutant avec mes parents, je leur ai d’abord indiqué que cela ne m’intéressait pas Mais quelque mois plus tard, j’ai été repéré pour intégrer l’équipe départementale des Hauts-de-Seine après les avoir affronté lors d’une rencontres inter-districts. Mes prestations m’ont valu une proposition pour venir participer au tour suivant. Je me suis petit à petit pris au jeu. Découvrir Clairefontaine, c’est aussi découvrir quelque chose de différent.
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Le football m’est vraiment venu progressivement. Je vais peut-être en choquer plus d’un, mais je n’ai jamais rêvé d’être footballeur professionnel. Seulement, à mesure que l’on grandit et qu’on gravit les échelons, qu’on intègre une sélection nationale et qu’on joue pour la France, on se rend compte qu’on a des réelles capacités à pouvoir exercer ce métier. Et ce métier se concrétise avec votre entrée au centre de formation du Stade Malherbe en post-formation, comment on réussit à s’adapter et à travailler pour atteindre l’équipe première d’un club de l’élite à l’époque.
Clairefontaine est-il le centre que l’on connaît actuellement ?
J’ai vécu un parcours particulier à ce niveau-là. Normalement, à l’issue de la troisième année, on part en centre de formation. Je n’ai eu de sollicitation que de la part d’un seul club durant cette troisième année : l’AS Cannes. Le club descendait à ce moment en National et connaissait une situation compliquée. Dans le même temps, beaucoup de jeunes de la génération 87 étaient turbulents et l’INF a décidé de se séparer de plusieurs joueurs. La direction du centre a proposé à plusieurs joueurs de ma génération (Alexandre est né en 1986) de rester avec la génération 87. C’est au cours de cette quatrième année que je vais exploser, jouer tous les matches et intégrer l’équipe de France en six mois. Ce sont ces performances qui m’ont fait passer de joueur peu convoité à joueur extrêmement convoité.
Ma situation était également unique puisque j’étais le seul joueur de l’équipe de France U16 libre de tout contrat. J’ai eu des sollicitations de toute l’Europe, mais ces expériences m’ont appris que j’étais un joueur de devoir, qui avait besoin de s’exprimer. J’ai pu vite cerner le joueur que j’étais et j’ai fait le tri dans les centres qui me faisaient une offre. Manchester City, Paris, Marseille, Rennes, Lens ou encore la Réal Sociedad, pour qui j’avais longuement hésité, se sont présentés à ma porte. Mais mon choix était en réalité fait depuis longtemps. C’était Caen ou Le Havre. Les deux clubs formateurs donnaient plus “facilement” accès à leurs équipes premières. Après avoir testé les deux centres, l’alchimie a été beaucoup plus forte à Caen.
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Je suis arrivé avec un statut de joueur prometteur avec énormément d’attente autour de moi. Le club n’avait pas forcément ses moyens actuels pour la formation et j’étais vraiment une recrue qui représentait un investissement important. Même si c’était aussi mon niveau qui le permettait, le club a tout de suite tout mis en œuvre pour me mettre dans les meilleures conditions. J’ai très vite intégré l’équipe réserve en étant seulement U18, ce qui m’a permis de jouer précocement avec les meilleurs. La transition s’est faite comme ça. Aujourd’hui, les jeunes joueurs intègrent les centres de formation de manière beaucoup plus précoce, et signer pro n’est malheureusement, ou heureusement, plus forcément gage de réussite.
Je pense que signer pro était beaucoup plus dur à mon époque qu’aujourd’hui. Les clubs font signer leurs jeunes prometteurs très tôt pour ne pas les perdre et espérer une plus-value, tandis que je n’ai signé pro qu’à 20 ans. C’est ce que je trouve dommage aujourd’hui. La “course à la pépite” comme je l’appelle consiste à faire signer le plus de jeunes joueurs possible tout en espérant sortir un ou deux prospect que l’on va pouvoir revendre ensuite. De nombreux jeunes sont sous contrat professionnel tout en n’ayant fait aucun match en pro. Les clubs demandent également aux joueurs d’être plus précoces, d’être prêts à jouer en pro à 16-17 ans, tandis que l’on est passé par les équipes réserve, en N2 ou N3 qui sont des championnats extrêmement difficiles. La donne a changé.
Un grand merci à Alexandre Raineau pour sa disponibilité. La deuxième partie de l’entretien sera disponible sur Fausse Touche dès mercredi prochain.
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Alexandre Raineau, ancien professionnel : « J’aurais peut-être dû quitter Caen plus tôt dans ma carrière » - Fausse Touche · 16/05/2025 à 21:41
[…] évoque une longue carrière, sans regret, qui aurait pu prendre une autre tournure. Retrouver ici la première partie de notre entretien avec Alexandre Raineau « Je vais peut-être en choquer plus […]