Territoire américain insulaire en plein milieu de l’océan Pacifique, les Samoa américaines est l’un des plus petits territoires du monde, plus connu pour ses avantages fiscaux que pour ses exploits sportifs. Autant dire que sur cette île étasunienne, il faut être un sportif émérite pour avoir la chance de placer son pays sur la carte, et c’est en partie possible grâce au football.

Samoa américaines

Cinquième plus petit territoire d’Océanie, composé à 85 % par l’ethnie Samoane, ce territoire étasunien possède une économie très libérale, qui en fait un paradis fiscal. Comme de nombreuses îles tropicales, les paysages sont à couper le souffle : des plages de sable blanc aux forêts et montagnes tropicales. Les Samoa américaines sont une destination idéale pour y voyager ou pour y vivre. Mais pas suffisant pour se faire connaître à l’international.

Le gouvernement a décidé de miser sur le sport. Très influencées par les États-Unis, le football n’est donc pas le sport principal sur l’île. C’est plutôt la version américaine du football qui a la côte. Actuellement, 30 américano-samoans évoluent en NFL, la ligue professionnelle de football américain, tandis que plus de 400 évoluent dans les ligues universitaires du pays.

Le soccer est quant à lui très pratiqué, avec un succès beaucoup moins important que le football américain. La sélection a disputé son premier match en 1983, à l’occasion des Jeux du Pacifique. Ses nations voisines débutèrent aussi leur histoire dans cette compétition : en 1971 pour les îles Cook, en 1979 pour les Samoa et les Tonga. Mais, ce n’est que le début d’une série d’échecs pour la sélection. Lors des Jeux du Pacifique en 1987, ils encaissèrent 41 buts en quatre matches, avec notamment une claque 20-0 contre la Papouasie. En 1994, à l’occasion de la Coupe de Polynésie, les Boys from the Territory semblent avoir progressé en s’inclinant 2-1 contre Tahiti et les Tonga.

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Pourtant, à l’édition suivante en 98, les joueurs retombent dans leurs travers et s’inclinent 12-0 encore une fois contre Tahiti. Persévérant dans leurs projets, les Samoa américaines devient pleinement membre de l’OFC, la Confédération du football d’Océanie, et de la FIFA. But atteint : ils disputent les qualifications de la Coupe du monde 2002. Opposé au premier tour au géant australien, à l’époque en confédération océanienne, l’histoire est en marche. Au coup de sifflet final, le tableau affiche le score de 31-0 pour les Australiens, avec treize buts de l’attaquant Archie Thompson. Vingt ans après, ce résultat reste le record de la plus grande victoire d’une sélection nationale.

Les Samoa américaines sont rentrées dans l’histoire et ont permis de mettre leur nom sur une carte pour les amoureux du ballon rond. Mais peut-être pas de la meilleure façon. Après cette défaite, rien ne change les années suivantes. Les défaites s’enchaînent, malgré des bonnes prestations lors des qualifications pour la Coupe du monde 2014 et 2018.

Ces mauvaises prestations de la sélection peuvent s’expliquer, d’une part, par le faible niveau du championnat national. En effet, la FFAS Sénior League est aujourd’hui considérée comme le pire championnat d’OFC. Dans l’histoire de leur coupe continentale, les clubs américano-samoans cumulent seulement une victoire, en tour préliminaire, face aux moins bonnes équipes d’Océanie. Cette année, le champion local Vaiala Tongan a encaissé 41 buts en trois matches en tour préliminaire, contre le champion des Tonga, Samoa et îles Cook.

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Ce constat du faible niveau des clubs locaux est confirmé par certains joueurs, comme Benoît Beaujon. Le gardien français évolue aux îles Cook et a disputé la dernière campagne de qualification pour la Ligue des champions de l’OFC. Benoît a assisté sur le terrain à la victoire de son équipe 14-0 face au champion en titre des Samoa américaines, et dit n’avoir pris que très peu plaisir et avoir ressenti de la peine pour l’adversaire. Il a senti que certains ne se donne pas à fond pour l’équipe. Son expérience en Océanie lui fait dire que les joueurs ne prennent pas au sérieux le football, malgré leur participation à des compétitions nationales et internationales.

Pourtant, jusqu’en 2011, il faut dire que le niveau des Tonga, les Samoa et les Samoa américaines s’était resserré. Et puis dès 2015, c’est l’effondrement pour les Samoa américaines. À l’époque, la détection des joueurs issus de la diaspora n’existait pas, tandis que ses concurrents avaient déjà emprunté le train en marche. Un avantage de plus pour deux nations respectivement deux et quatre fois plus peuplées que les Samoa américaines. Pour couronner le tout, un seul joueur ayant porté la tunique nationale avait joué à l’étranger. Nicky Salapu est d’ailleurs considéré comme le meilleur joueur de l’histoire du pays, et est passé par l’Autriche et l’Indonésie.

Presque chaque île du Pacifique rencontre les mêmes problèmes. Le nombre de joueurs locaux est faible. Néanmoins, certains pays ont décidé de s’appuyer sur leur diaspora pour renforcer leurs équipes nationales. C’est le cas des Samoa, qui ont convoqué 17 joueurs évoluant en dehors du championnat national lors de la coupe d’Océanie. Ces joueurs proviennent majoritairement de Nouvelle-Zélande et d’Australie, certains même d’Europe. En Océanie, ils sont les seuls à s’appuyer massivement sur leur diaspora, contrairement par exemple aux Tonga ou aux îles Cook, pour l’instant.

En tant que territoire américain, les Samoa américaines disposent d’une forte diaspora dans le pays. Près de 240 000 Samoans vivent sur le continent, c’est-à-dire cinq fois plus que sur l’île, où ils sont 44 000. ll est fort probable que dans ce lot, quelques joueurs puissent évoluer à un bon niveau dans les ligues américaines et les ligues universitaires. En effet, nombreux sont les Samoans qui partent sur le continent pour faire leurs études, avant d’y rester, souvent, jusqu’à la fin de leur cursus. Ce constat s’applique aussi à l’Australie et la Nouvelle-Zélande. L’option de la détection des jeunes talents originaires de l’île évoluant à l’étranger semble donc le meilleur moyen de renforcer l’équipe nationale, comme l’a fait les Samoa.

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Cependant, cette méthode a des failles. D’abord, l’île se confronte à la difficulté de trouver des joueurs éligibles. Pour être sélectionnable, il faut que le joueur, ou qu’un parent ou un grand parent, soit né sur le territoire. Ensuite, la longueur du processus peut rendre difficile son application, puisque les démarches partiraient de zéro. Le coût du voyage est aussi un frein pour la sélection. Un vol Los Angeles – Pago Pago, la capitale, coûte plus de 2 000 $. C’est une charge supplémentaire pour une des plus petites fédérations du monde, et aussi un coût pour les joueurs concernés.

Interrogé au sujet de la sélection des joueurs issus de la diaspora, un joueur originaire des Samoa américaines, évoluant en D3 Lituanienne et n’ayant jamais été appelé en sélection, corrobore l’analyse. Il se dit être prêt à rejoindre l’équipe nationale et à relever le défi international. S’il était appelé par le coach. Cependant, il y réfléchirait à deux fois, dans l’éventualité où il devrait payer lui-même le voyage. Comme tout joueur amateur, ses finances sont fragiles. Il confirme aussi qu’avec l’aide des joueurs issus de la diaspora, la sélection des Samoa américaines pourrait être considérablement renforcée. Et pourrait considérablement progresser et se fixer des objectifs sportifs plus élevés.

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Les Samoa américaines sont donc bien en retard sur ses voisins, qui arrivent à progresser dans le monde du football. Si son territoire est peu connu en Occident et que son football est moqué à travers les diverses défaites, les joueurs essayent toutefois, avec les ressources à disposition, de rendre fier leurs concitoyens et de placer sur une carte le nom de leur île. Malgré tout, le football n’est pas le sport principal. Le faible bassin de population sur l’île rend très compliqué l’éclosion de talent. Deux points faibles sur lesquelles le pays doit absolument travailler. En s’appuyant sur la diaspora des États-Unis et de Nouvelle Zélande qui renforcerait cette équipe en difficulté. Des défis, tant sportifs qu’économiques, restent à relever pour l’appliquer convenablement cette mesure.


Fabio

Matrixé par le foot exotique Tacticien de U11 hors pairs Sponsor d'un joueur dans les Caraïbes

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