Les crampons Kipsta ont connu un gain de qualité au point que les joueurs pros sont désormais fournis. La Ligue 1 et la Ligue 2 verront leurs ballons équipés par Kipsta pour la première fois lors de cette saison 2022/2023. Cet été, à la grande surprise des passionnés, la marque s’est révélée comme nouveau sponsor équipementier de club professionnel de football en France. La marque a notamment les designs réussis du Nîmes Olympique, à l’AS Nancy-Lorraine.

Après une discussion autour des engagements environnementaux de la marque, suite de notre entretien avec Frédéric Boistard, leader du football à 11 chez Kipsta, cette fois-ci pour parler terrain.

Quelle est la stratégie de développement de Kipsta dans le football ces dernières années ?

Kipsta s’insère dans le football en prenant son temps. Et en investissant beaucoup d’argent et justement beaucoup de temps sur la conception de produits. Pour être beaucoup plus visible, beaucoup plus connu, nous pourrions adosser notre nom à une grande star. Dans le football, cela constituerait en effet un gros coup marketing. En effet, les grandes marques d’équipements dans le football, et dans le sport en général, le font. Notre credo est d’obtenir une reconnaissance beaucoup plus naturelle, parce que nos produits seront reconnus comme étant beaux, techniques, abordables.

Nous travaillons dessus, sans faire trop de communication. La marque investit en recherche et développement, nous testons sur le terrain. Nous avons des partenaires techniques jouant en Ligue 1 et en Ligue 2, qui ne sont pas des têtes d’affiche. Néanmoins, ce sont des joueurs professionnels, dont la chaussure est l’outil de travail. Ces joueurs sont très précis, très exigeants, et nous aident à progresser en nous faisant des retours.

Nous préférons faire marcher le bouche-à-oreille plutôt que dire « chez Kipsta, on va vous donner un beau chèque« .

Le secret pour nous, c’est d’être bien entouré, de prendre notre temps, rester humble et être conscient du chemin qui reste à parcourir. Depuis maintenant quelques mois, c’est aussi affirmer une ambition. Maintenant que nous possédons des ingrédients qui semblent être pas trop mauvais, nous pouvons proposer nos plats. La LFP fait partie des cibles. Nous savions que notre ballon était très bon, parmi les meilleurs du monde, alors il était temps de le faire savoir. Pour la chaussure, nous en sommes à peu près aux mêmes étapes : nous savons que nous avons de très bonnes choses et nous allons commencer à le faire savoir. Nous voulons signer de beaux contrats avec des joueurs un petit peu exposés sans en faire notre cœur de stratégie. Collaborer avec l’un des meilleurs buteurs du championnats de France ou d’Europe, ça se fera par la suite naturellement.

Kipsta est associé à l’événement Danone Nation Cup. Cette compétition rassemble de jeunes joueurs du monde entier. Chaque ballon acheté permettrait d’offrir l’équivalent d’un an d’accès à l’eau potable à un enfant. Que représente l’extra-sportif à vos yeux ?

Nous sommes des observateurs du football. D’un football à deux vitesses -et mondialement il y a même bien plus de vitesses que cela. Pour la plupart d’entre nous, nous sommes passionnés, pratiquants ou ex-pratiquants. Au regard du prisme privilégié, franco-français, nous avons une fédération avec de l’argent, des clubs pros avec encore plus d’argents, un monde amateur développé. Tous les pays n’ont pas cette chance. A certains endroits dans le monde, un club amateur français avec très peu de moyens ferait rêver une structure. Le football n’a de sens que s’il est suivi de projets impactants, importants, pour que les gens aient envie de suivre ce football. Qu’il reste populaire, intergénérationnel. Il inculque des valeurs d’effort, de dépassement de soi et nous aimons aussi le football pour ça.

En tant que marque, bien sûr que nous devons proposer des bons produits, beaux, techniques pour nos clients. Recyclés, tant mieux. Recyclables, encore mieux.

Je pense qu’une marque digne de ce nom, dans le futur, devra aussi exister par les projets sociétaux qu’elle porte. Notre volonté est d’avoir une empreinte, pas que sur le football professionnel.

Il y a quelques années, lorsque Danone a cherché un équipementier pour la Danone nation cup, ce qui nous a intéressé était le projet derrière. Il y avait un système de qualification mondiale, avec des gamins aux quatre coins du monde venant jouer leur Coupe du monde. L’engagement était l’accès à l’eau potable. Dans la vision de Decathlon, il y avait un axe appelé « être utile aux Hommes et à leur planète ». Nous trouvions cette cause assez noble. Celle de se dire que dans certains endroits du monde, le football est associé au luxe et dans d’autres, la population n’a à peine accès à l’eau potable. Techniquement, c’est Danone qui gère, car nous sommes équipementiers sous contrat. De notre côté, nous essayons de créer de la participation, de promouvoir et faire connaitre l’événement.

Kipsta représente une marque grand public familiale et accessible. Le football professionnel a été une opportunité d’étendre les publics visés ?

Actuellement, les ballons sont établis. L’an prochain, ils seront aussi en Jupiler Pro League, la première division en Belgique. Les gants de gardien sont déjà dans les mains de certains professionnels de Ligue 1, Ligue 2 et de championnats étrangers. Ce sont des gants qui coûtent entre 40 et 50€. Jean-Louis Leca, gardien du RC Lens, a grandement œuvré et participé dans la conception, le choix des matériaux. Pour les chaussures de football, nous avons entre dix et quinze joueurs qui utilisent les produits Kipsta à l’entraînement et en match. La nouveauté en France est Kipsta équipementier textile. Nous collaborons avec deux clubs pros en Belgique, deux nouveaux clubs pros en France -Nîmes Olympique et l’AS Nancy-Lorraine.

Footpack a infographié la répartition des crampons de chaque joueur de Ligue 1. Kipsta équipe en particulier Jean-Louis Leca, qui a choisi de leur faire confiance.

Nous avons aujourd’hui plusieurs produits disponibles dans le football professionnel, co-développés par des joueurs professionnels et qui sont validés par eux. Le soucis est un soucis de communication, d’image. Il faut le faire savoir, là où dans le football, le « faire savoir » fonctionne beaucoup plus avec de grosses campagnes marketing que par une longue traversée du désert, du bouche-à-oreille et de la reconnaissance par un vestiaire.

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C’est le même schéma dans d’autres sports. La raquette de Gaël Monfils est de la marque Decathlon Artengo. Aucun athlète du top 100 ATP ne pourrait jouer avec du matériel pas au niveau. Yohan Kowal, la team Cofidis, une championne d’ultra-trail sont équipés par les marques Decathlon. Nous sommes persuadés d’une chose. Quand Gaël Monfils gagne avec Artengo, ça fait du bien à Kipsta. Tout ca nous emmène vers de nouveaux clients et contribuent à notre changement d’image.

Après ces premiers succès en France, gardez-vous votre regard porté vers l’international ?

Cela en fait partie mais c’est une stratégie de la marque Decathlon, organisée par pays, Espagne, Belgique, Allemagne et ainsi de suite. Une fois que nous avons fait la démonstration en France que ça fonctionne, notre travail consiste à animer et à communiquer auprès des organisations Decathlon Espagne, Belgique Allemagne et les collaborateurs sports collectifs de ces magasins pour leur donner l’envie et la méthode pour faire la même chose, avec notre soutien, avec notre support dans leur pays. Cela sera d’autant plus fort si Decathlon Allemagne se saisit du projet. Ils seront plus performants à trouver deux gardiens, trois joueurs, un club et leur parler de la démarche de Kipsta. C’est ce qu’il s’est passé pour la Belgique.


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