Chaque Coupe du Monde réserve son lot de surprise. Cette année, c’est l’élimination de l’Allemagne, du Brésil, dès les phases de poule, ainsi que la presque éliminations des USA, qui ont fait, ou auraient dû faire, les grosses lignes. L’équipe de France, quant à elle, a validé sa qualification pour les huitièmes de finale, en tête de son groupe. Si vous avez raté trois matchs de poule des joueuses de Hervé Renard, voici un cours de rattrapage sur le parcours de nos Bleues, dans la quête de leur première étoile.

équipe de France

Débuts bousculés

La puissance physique et l’intensité jamaïcaine du premier match n’ont pas permis aux bleues d’imposer leur jeu. Bien que Clara Mateo et Amel Majri aient, dès les premières minutes, fait admirer leur maitrise du ballon, il leur a été difficile de créer des occasions. La bataille de l’entrejeu a très globalement été remportée par les coéquipières de l’ex-bordelaise Khadija Shaw. Cette même Shaw a offert une opposition mémorable à notre défense centrale. Son impact, ses courses balles au pied et sa capacité à récupérer les ballons dans les pieds des défenseures ont été un véritable casse-tête pour Wendie Renard, Estelle Cascarino et Sandie Toletti.

À quelques centimètres près, l’actuelle attaquante de Manchester City marquait probablement le but du mondial, avec un coup-franc surpuissant à la 40 e minute de la première mi-temps, qui frôlait le poteau d’une Peyraud-Magnin impuissante. Impliquées et agressives, notamment sur leur pressing à la perte de balle des Françaises, les Jamaïcaines ont rendu le match étouffant à la paire Geyoro – Toletti au milieu. L’attaque Diani – Le Sommer, empêtrée entre les deux lignes de quatre, n’a eu que de très rares ballons à exploiter. Les cinq tirs cadrés illustrent bien le manque de tranchant de cette équipe de France sur ce début de compétition.

La France fait danser la samba aux Brésiliennes

Le match contre les Brésiliennes de la légende Marta, sur le banc au coup d’envoi, sera d’un tout autre acabit. Emmenée par une Wendie Renard des grands soirs, les bleues ont été à la hauteur de l’affiche, jouée devant les 50 000 spectateurs d’un Lang Park chauffé à blanc, en majorité acquis à la cause Auriverde. Un match très plaisant à regarder, où les adversaires habiles et sereines se répondaient dans la volonté de créer et maitriser le jeu. La paire Geyoro – Toletti, moins harcelée que lors du précédent match, a été la plaque tournante de cette équipe de France, permettant à Karchaoui, Bacha et Dali de se retrouver lancée sur les cotés et apporter la vivacité que l’on pouvait attendre d’elles.

Le Sommer, libérée dans ses mouvements entre les lignes, a enfin pu se démarquer pour apporter impact et dribbles. Son but, signe de l’automatisme retrouvé avec Kadi Diani, la récompense de son incessant travail avec et sans ballon. L’égalisation brésilienne en début de seconde période, suite à un mouvement collectif bien mené, n’a pas émoussé la confiance et la sérénité des Bleues, malgré quelques pertes de balles parfois surprenantes. C’est à la fin d’une seconde période d’intensité, d’initiatives et de duels, que la capitaine Wendy Renard, intraitable de caractère depuis le début de la rencontre, prend ses responsabilités en catapultant une tête rageuse, sur corner, pour donner l’avantage et sceller la victoire.

Panama, du positif et des questions

Le troisième match, contre le Panama, a surtout permis de reposer certaines cadres (Renard, Toletti, Le Sommer, Karchaoui) tout en permettant à d’autres joueuses de gagner du temps de jeu et pourquoi pas de s’imposer. Contrat à demi-réussi : Certes, la victoire assez large nous laisse apparaitre une réussite offensive. Toutefois, les trois buts encaissés, ainsi que le contenu général du match, laissent apparaitre des incertitudes quant aux réelles possibilités de rotation pour Hervé Renard.

Malgré la première place assurée, chaque rencontre a laissé des enseignements différents, de la piste d’évolution à la certitude rassurante. Dans les points de satisfaction, la paire Geyoro – Toletti s’impose comme une garantie de cette équipe de France, confirmée par leur prestation face au Brésil malgré celle en demi-teinte face à la Jamaïque. Si tant est qu’il fallait encore le souligner en 2023, la présence de Wendie Renard reste une valeur sûre, non seulement pour la sérénité défensive, mais également pour l’âme de l’équipe. La fraicheur et la vivacité des Bacha, Becho, Karchaoui et Perisset sur les côtés ont été bien utiles lors de confrontations ouvertes. Enfin, la qualité technique de Dali, Mateo et Majri sont indéniables. Dans les bonnes dispositions, elles font une différence balle au pied capable de mettre l’équipe sur les bons rails.

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De l’autre côté, cette équipe de France a montré des fébrilités défensives. Certaines relances ou positionnements tactiques peuvent ouvrir des situations dangereuses pour un adversaire rodé et réaliste. Avoir aligné trois défenses différentes sur les trois matchs de poule a surement empêché de pérenniser de la stabilité sur cette ligne. De plus, les choix de Pauline Peyraud-Magnin, sur les sorties et les relances, ont souvent rendus des ballons directs à l’adversaire. Enfin, il a été évident que l’équipe de France n’était pas à l’aise face à une importante adversité physique. Le match contre la Jamaïque a poussé les bleues dans leurs retranchements, moins habituées à un jeu si athlétique.

Et si c’était la bonne ?

Après Brisbane et Sydney, c’est donc à Adélaïde ; cinquième ville d’Australie, que résonnera la Marseillaise. Ce mardi, le Hindmarsch Stadium d’Adelaïde et ses 15 000 spectateurs vont alors assister au remake féminin de la dernière demi-finale chez les Hommes, entre la France et le Maroc. Si la qualification des Lionnes de l’Atlas peut en surprendre certaine.es, elle est en réalité le fruit du travail consciencieux de Reynald Pedros, bien soutenu par sa fédération et par le roi Mohamed VI en personne. Pour le premier match de leur histoire en Coupe du monde, face à des Allemandes prétendantes pour le titre finale, l’émotion a surement pris le pas et alourdi les jambes des Marocaines.

Les matchs suivants, contre la Corée du Sud et la Colombie, se sont soldés par deux victoires, sur le plus petit des scores. C’est donc un adversaire, certes peu fantasque (24 tirs/12 cadrés en trois matchs) mais extrêmement appliqué et sérieux, que vont affronter les Françaises. Autre élément clé de ce match : Reynald Pedros. L’actuel sélectionneur du Maroc n’est autre que l’ancien entraineur des féminines de l’Olympique Lyonnais. Le technicien connait donc par cœur certaines joueuses cadres, ainsi qu’une grande partie de l’effectif de Hervé Renard. Nul doute qu’il saura utiliser cette expérience pour parfaire une stratégie adaptée.


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