Au pays de Denis Law, Kenny Dalglish et Scott McTominay, le championnat est depuis 1986 une affaire d’alternance. Au gré des recrutements et des dynamiques, le trophée se balade entre les mains des deux géants de Glasgow, les Rangers et le Celtic. Entretenant une rivalité qui n’a eu de cesse de gagner en tension et en importance à la faveur d’une domination écrasante, les deux meilleurs ennemis se sont partagés les 39 derniers championnats d’Écosse. Plus impressionnant encore : sur les 134 ans d’existence d’un championnat au pays des Highlands, Celtic et Rangers se sont partagés… 110 championnats.

Encore mieux – et représentatif de l’effervescence des Old Firm, les matchs opposant les deux rivaux – le Celtic est, grâce à une grande série de titres dans la dernière décennie et avec son titre de la saison dernière, revenu à exacte égalité. Les deux clubs cumulent aujourd’hui 55 trophées dans une armoire qui ne cesse de se garnir. Jusqu’à quand ? Le pays tremble autant qu’il retient son souffle. Un club situé ailleurs qu’à Glasgow est en position de remporter le Scottish Premiership. Pour la première fois depuis 40 ans. Escale à Glasgow pour la première étape de notre périple au pays des Highlands.
Après le titre, un mercato suffisant ?
Pour le Celtic Glasgow, éternel rival des Rangers, la saison peut être décrite comme décevante. Le secteur offensif est amputé des joueurs impactants et les Bhoys ont dû être inventifs lors du marché estival.
Adam Idah (attaquant, Swansea City). Marco Tilio (ailier, Rapid Vienne). Luis Palma (prêté au Lech Poznan) mais surtout Nicolas Kühn (Côme). Tous ont quitté le Celtic Park. Au rang des autres départs importants figurent l’arrière central suédois Gustaf Lagerbielke (Braga), le latéral gauche cadre Greg Taylor (PAOK Salonique) ou encore le milieu relayeur Hyeok-kyu Kwon (FC Nantes) et le piston ghanéen Jeffrey Schlupp (retour de prêt à Crystal Palace). Si les passages de ces protagonistes furent mitigés, c’est une colonne vertébrale aussi importante pour l’organisation tactique que pour la vie du groupe qui s’en va. Avec le départ de Kühn, les vert et blanc se privent de plus d’un joueur d’impact de premier plan. S’ils provoquent des bouleversements, ces départs engendrent cependant… des versements. Au total, 30M€ atterrissent dans les caisses des Bhoys.
Comme son rival bleu et blanc, le Celtic Glasgow va s’avérer agressif mais intelligent sur le marché des transferts. La moitié de la somme générée par les départs sera réinvestie (environ 15M€). Malgré tout, Brendan Rodgers et sa direction sportive ciblent les bons coups. La somme la plus importante (6,4M€) est dépensée pour s’attacher les services de Sebastian Tounekti, jeune ailier norvégo-tunisien qui évoluait à Hammarby en Allsvenskan, la première division suédoise. L’ailier belgo-congolais d’Anvers Michel-Ange Balikwisha suit. C’est ensuite au tour l’ailier suédois de Nordsjaelland Benjamin Nygren, recruté pour seulement un million et demi d’euros ainsi que l’attaquant du Kawasaki Frontale (J1 League) Shin Yamada. Toujours en J1 League, le défenseur central de l’Albirex Niigata Hiyato Inamura arrive au Celtic Park. C’est le dernier transfert payant réalisé par les Bhoys.
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Le Celtic est néanmoins loin de s’arrêter là et flaire les bons coups. Moins étincelant à Fribourg qu’au RB Salzbourg qui l’a révélé, Junior Adamu tente le pari écossais. Il arrive en prêt (payant de 500k€) dans une attaque concurrentielle pour se relancer. Auteur d’une carrière en dents de scie jusqu’ici, Kelechi Iheanacho est une nouvelle fois prêté (FC Séville) pour tenter de donner un énième nouvel élan à sa carrière. Au milieu de cette liste, et s’il est “gratuit”, le plus gros transfert de cette liste semble toutefois venir d’Arsenal. Enfant du pays et du club, barré par les blessures et la concurrence, Kieran Tierney rentre au bercail au plus grand bonheur des supporters. Tous entendent bien profiter des qualités du joueur de 28 ans qui a encore beaucoup à donner.
Arrivant lui aussi de Premier League, s’inscrivant comme le pendant de Tierney à droite, le latéral argentin Julian Araujo imite son coéquipier Max Aarons et arrive lui aussi à Glasgow…dans le club rival. Autres signatures intelligentes et notables, les arrivées en prêt de l’ailier norvégien Joël Mvuka, en provenance du FC Lorient, et de l’attaquant tchèque Thomas Cvancara en provenance du Borussia Mönchengladbach. Déjà âgé de 27 ans, et arrivant lui aussi en prêt, le latéral gauche Marcelo Saracchi est la curiosité de ce mercato qui se conclut par l’arrivée libre du portier Ross Doohan en provenance d’Aberdeen, pour concurrencer un Kasper Schmeichel loin d’être indéboulonnable.
Dans le confort du titre ?
La saison peut débuter. Bouleversé par une large revue d’effectif à l’intersaison, le champion en titre semble néanmoins avoir les armes pour être de nouveau le favori à sa propre succession, d’autant que les Bhoys misent en revanche sur la continuité concernant leur banc de touche, en conservant logiquement Brendan Rodgers.
Les choix de l’été semblent porter leurs fruits. Débutant leur parcours européen par les play-offs de Ligue des Champions permis par leur titre de champion, les Bhoys ouvrent leur saison par le championnat. Devant plus de 58 000 spectateurs, les vert et blanc maîtrisent tranquillement Saint-Mirren au Celtic Park pour l’emporter (1-0) . Les voilà déjà en haut de l’affiche. À Aberdeen face à une équipe malade, les hommes de Rodgers se montrent une nouvelle fois dominateurs sans se montrer tranchants. La supériorité est cependant suffisante pour repartir de l’est de l’Ecosse avec trois points. Avec six points en deux matches sans avoir réellement été inquiétés, les Bhoys s’avancent avec une confiance relative vers le match aller des plays-off qualificatifs pour la Ligue des Champions. Ils font figure de favoris face au Kairat Almaty, champion du Kazakhstan en titre.
En Ecosse, les coéquipiers de Kieran Tierney livrent un match d’un scénario similaire au début de saison réalisé : une domination sereine, mais trop dénuée de changements de rythme. Symbole de ce manque de tranchant : le Celtic n’a cadré que 3 de ses 11 tirs. Une fois encore, les Bhoys n’ont pas été inquiétés (0 tirs cadrés sur 8 pour le Kairat Almaty), mais les Kazakhs ont cette fois été solides et les timides offensives écossaises n’ont pas suffit à déstabiliser un bloc visiteur bien en place.
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Frustrés, les hommes de Brendan Rodgers se vengent sur le promu Livingston, surclassé à Glasgow par un Celtic cette fois plus entreprenant (3-0) sous l’impulsion de Benjamin Nygren, auteur d’un doublé. Un regain de confiance important avant d’aller défier le Kairat dans le lointain Kazakhstan, opposition qui a tout d’un match piège. Si les coéquipiers de Dastan Satpaev – joueur star de l’équipe qui a déjà rejoint Chelsea pour la saison prochaine – laissent de nouveau le ballon aux écossais, ils sont cette fois bien plus accrocheurs et plus inquiétants en contre dans leur antre. Cette combativité gène une nouvelle fois les Bhoys qui ne parviennent pas à trouver la faille. Au terme du jeu, pas de vainqueur.
Les tirs aux buts se profilent donc, et Adam Idah, Luke McCowan et Daizen Maeda échouent à tromper Temirlan Anarbekov, tandis que du côté kazahk Valeriy Gromyko est le seul tireur à ne pas faire trembler les filets de Kasper Schmeichel. Le séisme est double. Archi favori, le Celtic Glasgow rentre à la maison, perdant dans ce duel de champion. Autre tremblement de terre aux allures de sensation, le Kairat se qualifie pour la phase finale de la Ligue des Champions pour la première fois de son histoire, et s’assure d’offrir au minimum sept matches européens supplémentaires à ses supporters, alors que l’épopée européenne du Kairat est déjà un véritable marathon au moment de la double confrontation face au Celtic.
La fin de l’idylle, puis le divorce
Le retour au championnat est plombé par cette contre performance et le premier Old Firm de la saison accouche d’un match terne marqué par une possession une nouvelle fois stérile des Bhoys et par une grande imprécision technique. Si faire nul à l’extérieur face aux Rangers ne constitue pas une infamie, ne pas réussir à venir à bout d’une équipe des Gers en larges difficultés illustre en revanche la fragilité de l’équilibre du collectif du Celtic, marqué par une tendance à flancher à la moindre difficulté. Ce match nul introduit aussi une série plus difficile pour les hommes de Brendan Rodgers.
Après la victoire à Kilmarnock (1-2), les coéquipiers de Daizen Maeda empochent seulement quatre points sur neuf possibles en championnat (nul à domicile face à Hibernian, victoire à domicile face à Motherwell, défaite à Dundee). L’Europe fait entre temps office de pansement. Le nul à Belgrade face à l’Etoile Rouge (1-1) et la victoire en Ecosse face à Sturm Graz (2-1) permettent aux Bhoys de se placer dans la course aux barrages malgré la défaite à domicile face à Braga (0-2). En interne, la situation est cependant beaucoup moins stable. En conflit avec sa direction, Brendan Rodgers ne semble plus avoir la tête tournée à 100 % vers le terrain. Une nouvelle défaite, face à Hearts (3-1), qui devient du même coup le leader surprise du championnat. Rodgers remettra sa démission le 27 octobre dernier.
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Dans la foulée, après une introduction courtoise saluant le travail effectué depuis deux saisons, le communiqué de presse de Dermot Desmond, actionnaire principal, charge lourdement le technicien nord-irlandais. Ce dernier est accusé de propos “trompeurs et égoïstes, source de division”, notamment au sujet des diverses opérations de transferts menées par le Celtic, ainsi qu’au sujet de son propre contrat. Le communiqué ajoute enfin que ces propos ont “contribué à créer une atmosphère toxique au sein du club”. Seulement deuxièmes d’un championnat qui n’est mené ni par les Rangers, ni donc par les Bhoys, fragilisés en interne, les coéquipiers de Benjamin Nygren ont la bonne surprise de voir Martin O’Neill, légende du club, prendre l’intérim. Son arrivée sonnera-t-elle celle du renouveau ?
Celui-ci débute d’ailleurs merveilleusement. Repositionnés en 4-2-3-1 au lieu du 4-3-3 habituel, les joueurs semblent retrouver liberté et largeur. Au Celtic Park, les Bhoys pulvérisent le promu Falkirk (4-0). L’équipe s’imposent grace aux prestations majuscules de Johnny Kenny (auteur d’un doublé) et de Benjamin Nygren, repositionné en soutien de l’attaquant irlandais.
Après la défaite contre Midtjylland (alors dans le top 3 de la phase de ligue d’Europa League) au Danemark, les hommes d’O’Neill réalisent une série de cinq victoires d’affilée, dont quatre en championnat. Ce rythme nouveau replace le Celtic dans la course au titre. Alternant entre son 4-2-3-1 et un 4-3-3 auquel l’effectif était grandement habitué malgré les derniers résultats, le nord-irlandais a redonné profondeur et allant à un effectif d’humeur morose. Le Celtic se montre dominateur dans l’ensemble de ces cinq matches. L’efficacité offensive retrouvée permet également de faire basculer certaines rencontres du bon côté, comme à Saint-Mirren (0-1) ou face à Dundee (1-0). Une dynamique lancée et un Celtic relancé. Le bilan de l’intérim de Martin O’Neill met tous les indicateurs au vert… Intéressant, donc.
Erreur de casting
Mais “intérim” signifie bien qu’un nouveau coach est en approche. Pour remplacer définitivement Brendan Rodgers, le board mise sur Wilfried Nancy, technicien français de 48 ans, vainqueur de la MLS en 2023 et finaliste de la CONCACAF Champions Cup en 2024 avec le Columbus Crew. Un choix intéressant, puisque le style de jeu de la franchise américaine a été salué pour son attractivité et son audace. Deux qualificatifs qui semblent convenir à l’ADN du Celtic.
Côté jeu attractif et audace, les promesses ne sont pas vaines. Wilfried Nancy installe un 3-4-3 et s’appuie sur un système asymétrique, pour apporter le déséquilibre de deux manières distinctes. Sur l’aile gauche, le placement de Sebastian Tounekti en piston et celui de Kieran Tierney en tant que défenseur central excentré permet de réaliser un losange avec Arne Engels et Réo Hatate, respectivement placés en tant que relayeur et milieu offensif. Doté de quatre profils offensifs et adroits avec le ballon, l’aile gauche du dispositif entend largement s’appuyer sur les dédoublements et les combinaisons rapides pour apporter de la largeur et permettre plus de liberté à Daizen Maeda esseulé à la pointe de l’attaque.
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À l’opposé, le losange adopte une philosophie différente. Benjamin Nygren et Callum McGregor, milieu offensif et relayeur, sont les deux profils offensifs de l’effectif, tandis que le piston Hang Hyunjun et le central excentré Austin Trusty possèdent une moins grande propension à apporter le surnombre. Ce sont alors à Nygren et McGregor d’apporter le surnombre offensif sur le côté droit, en combinant avec un Maeda libre ou en obligeant l’adversaire à apporter la densité sur le côté droit en délestant le côté gauche. La densité apportée à chaque ligne permet également de s’offrir de multiples solutions pour sortir des premières lignes de pression adverses, ou pour imposer un pressing intense.
Seulement, le 3-4-3 est un dispositif qui se base sur le déséquilibre, souvent qualifié de “déséquilibre assumé”, notamment (re)popularisé par Giampiero Gasperini avec l’Atalanta Bergame au tournant des années 2020. Extrêmement gourmand en efforts et nécessitant une rigueur tactique impeccable, le 3-4-3 est mis rapidement en danger de déséquilibre lorsque la première ligne de pression est effacée. Dans ce cas, le dispositif est mis rapidement à son tour en danger de dédoublement adverse et ouvre des intervalles dangereux dans le couloir central en cas de volonté de compenser le déséquilibre sur une aile. En possession du ballon et avec un pressing réglé comme du papier à musique, le 3-4-3 s’avère enthousiasmant. Dans le cas inverse, ses fondations peuvent s’écrouler en une action sous les pieds des joueurs qui le composent.
VESTIAIRES – La méthode Wilfried Nancy
C’est malheureusement cette situation que rencontre Nancy. Face à Hearts, dans un match plutôt fermé et malgré une possession outrageuse (72 %), Claudio Braga punit les Bhoys avant la mi-temps. Puis, peu après l’heure de jeu, c’est au tour d’Oisin McEntee. La réduction du score tardive de Tierney ne changera rien. Hearts repart de Glasgow avec les trois points (1-2). Si cette défaite est “encourageante”, la réception de la Roma est en revanche une démonstration de la difficulté de mise en place du dispositif. Face à un système similaire, les Bhoys sont dépassés et laissent bien trop de latitude à Mathias Soulé et à Evan Ferguson à la pointe de l’attaque. Trop peu tranchants et de nouveau dénués d’une efficacité qu’ils avaient retrouvé sous Martin O’Neill, les hommes de Wilfried Nancy se voient infliger une véritable déroute (0-3).
Si la supériorité de l’effectif de la Roma peut-être mise en exergue pour expliquer la débâcle, l’impuissance du Celtic à peser sur la rencontre est bien plus problématique. Si les victoires face à un Aberdeen inconstant et à Livingston donnent de l’espoir, les Bhoys sombrent de nouveau face à Motherwell… et dans le second Old Firm à domicile, deux défaites face à des concurrents directs. À la faveur de ce match, des Rangers eux aussi inconstants et rapidement distancés reviennent au contact de leur rivaux de Glasgow. Avec Hibernian et Motherwell qui tiennent un rythme intéressant, le Celtic est non seulement sous la menace de perdre le titre, mais aussi et surtout d’une sortie du podium. Si la situation ne s’améliore pas, c’est le sacrilège.
C’en est donc déjà trop pour la direction. Le board choisit de limoger son technicien français. Après huit matches, Nancy ne compte que deux victoires et laisse un effectif en proie aux doutes.
La force de l’habitude
Dans l’urgence, le board choisit de ne plus changer une équipe qui a gagné, pour en faire de nouveau une équipe qui gagne.
Martin O’Neill est de retour sur le banc des Bhoys début janvier. Comme lors de son intérim de novembre, les débuts sont fulgurants… et sur le même score. Cette fois-ci, Dundee United subit la loi d’un Celtic qui retrouve le 4-3-3 (4-0). Revigorés et portés par un Benjamin Nygren en grande forme, les vert et blanc inaugurent même une série de huit matches sans défaites (six victoires et deux nuls) dont quatre victoires et un nul en championnat (face à Hearts). Il faut attendre la réception de Stuttgart lors du match aller des barrages de qualification en huitièmes de finale d’Europa League pour voir les Bhoys de nouveau perdre un match. Surclassés en Ecosse (1-4) puis valeureux pour sauver l’honneur en Allemagne (0-1), les partenaires de Kasper Schmeichel quittent la scène européenne. Ils se concentreront désormais sur une scène nationale où l’enjeu est colossal.
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Distancé dans la course au titre, ayant laissé échapper la Coupe de la Ligue face à St.Mirren, le Celtic est menacé par une disette de titre, situation inacceptable au vu de la surdomination des deux géants de Glasgow sur le football écossais. Défaits à domicile face à Hibernian puis tenus en échec lors du Old Firm à l’Ibrox Stadium dimanche dernier, les Bhoys naviguent à huit points du désormais solide leader Hearts. Si Martin O’Neill a su redonner de la rigueur et de l’application à son effectif, il reste néanmoins que le Celtic version 2025-2026 est trop inconstant pour afficher un rythme lui permettant de remonter la pente immense qui se dresse déjà entre les vert et blanc et la première place.
La dernière confrontation avec les Rangers parle d’elle-même. Auteurs d’une meilleure seconde période, les Bhoys ont d’abord, comme souvent cette saison, subi la foudre des Rangers avant de réagir. Ils accrocheront finalement le nul. L’occasion était pourtant belle de passer devant les Rangers et de revenir à cinq points d’Hearts, alors que les cinq dernières journées de phase régulière s’annoncent loin d’être faciles à négocier. Il faudra aller à Aberdeen puis se déplacer deux fois à Dundee (face à Dundee United puis face au Dundee FC) face à deux équipes qui luttent pour leur maintien, puis négocier enfin la réception de St.Mirren, pour qui ce match sera déjà sûrement crucial pour le déroulement de la phase de relégation.
Celtic, un dernier espoir ?
Un match peut néanmoins conditionner la fin de saison du Celtic, qui pourrait déjà potentiellement dire presque adieu au titre en cas de défaite: la réception de Motherwell, le 14 mars prochain. Affichant un rythme proche de celui des deux rivaux de Glasgow (1,89 pts par match contre respectivement 1,96 pour le Celtic et 1,97 pour les Rangers), Motherwell pointe à seulement deux longueurs des Bhoys et quatre des Gers. Une défaite au Celtic Park combinée à une victoire des Rangers et d’Hearts placerait les hommes de Martin O’Neill à huit points des Rangers et onze d’Heart of Midlothian, un écart difficile à combler. À l’inverse, une victoire garderait les vert et blanc dans la course et permettrait au Celtic de garder le titre en ligne de mire, dans une phase de championnat qui mettrait, pour la première fois depuis (trop) longtemps, trois équipes aux prises pour le titre.

Il faudra pour cela au Celtic une défense moins perméable (1,07 buts encaissés par match, trop pour un favori au titre) pour permettre de stopper “l’hémorragie” de défaites (déjà sept) de cette saison. Comme les Rangers, le Celtic devra à tout prix surveiller ses entames de match, et se montrer plus tranchant et pragmatique pour tenir un score, et/ou éviter de trop aggraver le tableau d’affichage pour rendre l’inversion de la dynamique d’un match impossible.
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Les situations des deux géants de Glasgow sont donc loin d’être dramatiques. Deux facteurs expliquent le délitement de la domination des Rangers et du Celtic sur le championnat. Malgré la conservation d’un effectif largement capable de remporter un championnat, les deux formations ont connu un important bouleversement à l’intersaison, bouleversement qui rend celles-ci moins hégémoniques. Les recrutements sont plus inventifs, mais comportent également plus de “paris”, avec des joueurs à potentiel, mais qui doivent néanmoins encore éclore. La stratégie d’Heart of Midlothian semble rapidement porter ses fruits, et le mercato intelligent permet d’aligner une équipe compétitive, capable de dominer le championnat en profitant de l’inconstance des habituels patrons.
Il semble falloir ainsi, pour expliquer la situation du Celtic, autant souligner la période de transition mue par des exigences budgétaires plus strictes et par un bouleversement des effectifs, que l’excellent travail du board d’Hearts, qui transforme immédiatement l’essai de la stratégie de recrutement par data de Tony Bloom (déjà observée à Brighton en Premier League).
La saison n’est pas encore terminée et la phase championnat peut encore rebattre les cartes. Toutefois, la situation du Celtic semblent se figer jusqu’à l’été prochain. Sans abandonner une lutte pour le titre et pour la Coupe d’Ecosse (qui voit s’affronter le Celtic et les Rangers en quarts de finale) qui reste encore jouable, nul doute que les deux boards préparent déjà activement la saison prochaine, afin de (ré)assurer une suprématie menacée.


