En 2016, l’UEFA et de la FIFA admettent la nation du Kosovo. C’est donc une sélection très très jeune. Arrivée dernière de sa poule de qualification pour la Coupe du monde 2018, cette équipe a été décrite comme étant le plus grand défi, et de loin, de sa poule de qualification pour l’Euro 2020 par le sélectionneur anglais Gareth Southgate, avant la victoire 5-3 des Three Lions face à cette équipe. En plus d’être très bien placés pour se qualifier pour l’Euro, les Kosovares ont terminé premier de leur mini championnat de Ligue des Nations, leur permettant de monter dans la division supérieure et de jouer un barrage pour accrocher une place à l’Euro si échec il y a lors des éliminatoires.

kosovo

Le capitaine et gardien du Kosovo est lui-même surpris d’une telle ascension. “On pensait que cela mettrait 5 ou 6 au moins avant d’atteindre ces objectifs, mais nous vivons ces moments fantastiques dès maintenant.” Comment cette nation a-t-elle pu passer d’un figurant absolu lors des éliminatoires du mondial 2018, à un candidat plus que crédible à la qualification pour le prochain Euro et à une équipe embêtant l’Angleterre dans son antre ? Voici quelques éléments de réponses.

Un football qui a fait ses preuves.

De nombreuses équipes ont connu la rédemptions ces derniers temps. Aussi bien des clubs ou des équipes nationales. Cette progression est d’abord due à l’entraîneur.  Le suisse Bernard Challandes, en poste depuis 2018, effectue un travail remarquable avec un groupe de joueurs  largement inconnu du grand public. Avant la défaite 5-3 contre l’Angleterre, cette équipe restait sur une série impressionnante de 15 victoires consécutives, avec notamment une victoire contre la République Tchèque, tombeuse de l’Angleterre cette semaine. Sélectionneur que beaucoup ont découvert pour sa passion démesurée qu’il a montré en conférence de presse, ou son fameux sourire quand il s’est aperçu être devant les caméras d’iTV quelques secondes après avoir poussé une gueulante.

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Mais heureusement, Bernard Challandes ce n’est pas que du show. Sur le terrain, son équipe a une vraie consistance qui leur permet de performer sur la durée. L’effectif est composé de joueurs jouant majoritairement en Allemagne, au sein des deux premières divisions. Les autres évoluent principalement en Suisse, en Russie, au Pays de Galles ou en Italie. L’équipe est passionnée, le pressing impressionnant, pousse l’adversaire à l’erreur. C’est un cliché, mais on ressent plus qu’ailleurs une grande fierté de jouer pour ce maillot. Ayant passé la grande majorité de sa carrière en Suisse, on ressent dans cette équipe kosovare, également au-delà de la passion, une philosophie proche de celle de l’équipe nationale Suisse.

Politiquement, un contexte qui influe massivement sur l’équipe nationale

Quand on parle du Kosovo, tout n’est pas que football. Loin de là. Cette passion s‘explique en partie par le contexte compliqué au Kosovo.

Depuis l’explosion de la Yougoslavie, la question de l’indépendance du Kosovo est plus sensible que jamais. La Serbie refuse son indépendance, ce qui crée beaucoup de tensions, de conflits. Les Etats-Unis, la France ou l’Allemagne la reconnaissant comme une nation indépendante contrairement à la Russie. Nous ne rentreront pas dans les détails géopolitiques évidemment, nous en resterons à une analyse très brève pour expliquer le rapport de cela au football.

De ce fait, les joueurs, nés au Kosovo ou ayant un rapport très proche au Kosovo, tels que Xherdan Shaqiri ou Granit Xhaka, tout deux né là-bas et issu d’une famille kosovare, ont souvent eu un rapport ambigu avec leur sélection. En témoigne leur célébration lors du match opposant la Suisse à la Serbie durant la Coupe du monde 2018. Mimer l’aigle albanais, une de provocation engagée contre la Serbie.

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C’est tout un contexte politique qui entoure cette sélection nationale. Un contexte motivant les joueurs concernés. Pouvoir rendre une grandeur à sa nation, et ce avec un groupe de joueurs modestes, ce qui est d’autant plus admirable. La progression pourrait s’amplifier dans les semaines à venir. En effet, les joueurs kosovares ayant joué pour une autre sélection avant son indépendance (Xhaka, Shaqiri mais aussi Behrami, Mustafi par exemple) ont désormais la possibilité de rejoindre cette jeune sélection. 

Il ne s’agit que d’un début. Un début prometteur, d’un destin qui pourrait se lancer en cas de qualification pour le Championnat d’Europe 2020. Une belle histoire pour une sélection qui goûte à ses premiers moments dans le football de haut niveau.


2 commentaires

Le football en Finlande, tour d’horizon – Fausse Touche · 10/02/2020 à 20:11

[…] ce merveilleux sport qu’est le football. Disposant d’un contexte beaucoup plus favorable que la sélection kosovare, pays où l’équipe nationale monte en puissance, la Finlande va pouvoir se développer […]

Mostar : une ville de passions et de fractures - Fausse Touche · 16/02/2026 à 18:22

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