L’équipe du Pays de Galles n’aura marqué que deux buts pour sa première participation à l’Euro. Malgré une compétition compliquée, qui se termine aux phases de groupes, les supporters ont répondu présents en masse en Suisse. Cette édition 2025 présage beaucoup de bonnes choses.

L’équipe féminine du Pays de Galles a participé pour la première fois de son histoire à une compétition majeure. Son entrée dans le tournoi face aux Pays-Bas s’est terminée par une défaite 3 à 0. De cette rencontre compliquée, les Galloises en sont quand même ressorties fières de leur performance. « Nous avons travaillé très dur pour participer à ce tournoi, pour être ici aujourd’hui et pour être vues sur la plus grande scène qui soit », s’était réjoui la capitaine Angharad James, pendant la conférence d’après match.

Ces enseignements n’ont toutefois pas été suffisants pour vaincre la France, malgré le but marqué par Jessica Fishlock. Leur deuxième rencontre s’est terminée sur le score de 4 à 1. Néanmoins, les Galloises ont à plusieurs reprises réussi à mettre en difficulté les Françaises. « Nous avons fait exactement ce que nous attendions », avait applaudi la buteuse.

Les joueuses de Rhian Wilkinson ont joué leur troisième match face aux Anglaises, tenantes du titre. Après une défaite 6 à 1, les Galloises sont désormais éliminées de la compétition. Pour la clôture des phases de poules, les Anglaises ne leur ont laissé aucune chance, malgré un but de Hannah Cain à la 76e. Pour sa première participation à l’Euro, l’équipe du Pays de Galles termine dernière, avec zéro point et deux petits buts scorés.

Cette compétition ratée n’aura pas empêché les fans des Dragons de se déplacer en masse en Suisse. Pour leur premier match à Lucerne, 3.800 Gallois ont transformé la ville en une grande marée rouge. Moins de quatre ans auparavant, les matches de qualifications à l’Euro en Slovénie se déroulaient devant cinq spectatrices… Ce fossé, comblé en si peu de temps, s’explique par les bouleversements survenus dans le football féminin depuis près d’un siècle.

Le football féminin au Pays de Galles prend son essor pendant la Première Guerre mondiale. L’équipe British ladies football club, basée à Londres et considérée comme l’une des premières teams féminines, se rendait plusieurs fois chez les Gallois. Elle a attiré une grande foule et un grand intérêt pour ce sport. Durant la guerre, les femmes, qui occupaient les postes de travail des hommes, s’affrontaient lors de matches pour collecter des fonds.

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En 1922, la Fédération galloise de football interdit les matches de football féminin… Histoire de défendre l’indéfendable, elle ne fait que suivre l’exemple de l’Association anglaise de football, qui estimait que le sport était « tout à fait inapproprié pour les femmes et ne devrait pas être encouragé ». L’interdiction est restée en vigueur jusqu’en 1970. Pendant presque 50 ans, ces femmes ont souffert de cette interdiction.

Mais elles ont aussi subi l’exclusion de leur équipe de la qualification européenne de 2005 par leur fédération. Au début des années 2000, cette dernière avait empêché ses internationales de jouer en match officiel dans le but de faire des économies budgétaires. Elles ont donc dû se retirer des qualifications de l’Euro et n’ont pu rejouer qu’à partir de mars 2006. L’équipe actuelle est l’héritière de cette histoire tumultueuse. Mais elles luttent toujours pour avoir des ressources et des infrastructures.

L’objectif premier de l’équipe, selon la sélectionneuse d’origine québécoise, est d’abord de retrouver l’amour du football et de jouer d’une façon dont elles pourront être fières. « C’est vraiment une partie de mon cœur », avait-elle annoncé lors de la présentation de son équipe pour le tournoi.

Le but est aussi de faire rayonner le pays et sa culture à l’échelle mondiale grâce au football. « L’Euro est une opportunité de montrer qui nous sommes à l’international », selon Eluned Morgan, première ministre galloise. Elle a aussi profité de cette première participation pour mener une campagne de promotion des intérêts de Cardiff. Dans cette même lignée, Laura McAllister, capitaine dans les années 90, a expliqué qu’il était important de faire la « promotion du commerce et du tourisme au secteur de l’éducation internationale ».

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Aujourd’hui, le football est gravé dans l’identité nationale des Pays de Galles. De la visite des monuments historiques aux chants patriotiques dans les stades, un lien se forge entre le football et la culture galloise.

Les équipes masculines et féminines ont visité Aberfan, le site mémoriel de la catastrophe minière de 1966. La fédération estime que, si les joueurs s’informent sur leur patrimoine, les fans voudront en faire de même. « Il y a un lien très émotionnel entre les joueurs et les fans dans le pays », avait précisé Laura McAllister. L’utilisation de la langue galloise se fait de plus en plus. Par exemple, le surnom de Cymru, nom gallois du pays, est donné à l’équipe.

La pratique féminine devient de plus en plus attractive au Pays de Galles. Les matches les plus récents attirent des foules record de plus de 15 000 fans. La génération actuelle de joueuses internationales seniors a la responsabilité d’inspirer la génération qui arrive. Les filles dévoilent de plus en plus leurs propres expériences de sexisme, de racisme ou d’homophobie et de leur coming-out, pour les concernées.


Océane B.

Océ, 24 ans, étudiante en journalisme de temps en temps. Sillonne l'Europe pour visiter de nouveaux stades. Il m'arrive d'écrire des articles.

2 commentaires

Blanchard · 28/07/2025 à 13:37

Bravo pour cet article. Qu’un jour les sportives aient toute l’attention et la reconnaissance qu’elles méritent. On y vient peut-être…. Petit à petit….

Assile Toufaily, spécialiste du football féminin : « Il faut arrêter de prendre le foot féminin comme une cause de charité » - Fausse Touche · 01/04/2026 à 14:12

[…] À LIRE SUR FAUSSE TOUCHE – La France n’en a-t-elle rien à faire du football féminin ? […]

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