Le football est un sport simple : deux buts, un ballon, 22 joueurs. Bien qu’il ne soit pas à l’abri des évolutions physiques, technologiques et règlementaires, il ne semble pas autant sujet au changement. En parallèle, d’autres sports comme l’athlétisme ou le cyclisme ont énormément évolué ces dernières années. Pourtant, ce constat ne doit pas nous tromper. Le football est loin d’être immobile et sa préparation physique évolue. Cela étant dit, de nouvelles tendances émergent depuis quelques années.

préparation physique

La formation et la préparation physique des footballeurs peut paraître être un point très fixe, très constant, dans l’entraînement et dans la bulle du football. Le monde footballistique, notamment amateur, est très arc-bouté sur des croyances, parfois néfastes, en termes de performances : la place des gammes dans l’entraînement, les étirements à l’approche et après un effort physique, la pré-activation musculaire, l’utilisation de la fréquence cardiaque, le renforcement musculaire ou encore le travail de posture dans l’entraînement du footballeur.

Néanmoins, loin d’être un monde entièrement sourd, le monde du ballon rond s’ouvre à de nouvelles méthodes d’entraînement. Encore récemment, les U15-U16 du FC Lorient ont eu des séances d’athlétisme dans leur préparation physique. Ce choix est excellent puisque l’avenir de la préparation physique passe dans la communication avec les autres sports. Non seulement cette communication permettra d’améliorer les footballeurs, mais, au niveau amateur, elle permettra de tisser des relations importantes au développement des clubs et des sports concernés.

Cette approche diversifiée est de plus en plus courante. Et elle est probablement destinée à s’ancrer tant les encadrants sportifs réalisent que l’approche performante ne se limite pas à un seul domaine. Combien de jeunes changent de sport et réussissent très bien à s’adapter à un nouveau sport ? Jimmy Gressier, passé du football à l’athlétisme ou Remco Evenepoel, du football au cyclisme, prouvent que ces sports sont des vases communicants et qu’il n’est plus possible d’ignorer le voisin. En effet, le football demande à la fois de la force unilatérale et bilatérale, très utile dans la technique de pédalage, et de la souplesse, très utile pour idéalement transmettre le mouvement en course à pied.

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La performance se joue dans les détails. Dans le football, la posture et la foulée sont deux facteurs majeurs de la performance. Le joueur court régulièrement à des vitesses supérieures à 20 km/h durant un match lorsqu’il enchaîne ses sprints. Pour deux joueurs avec des capacités physiologiques semblables, l’économie de course peut varier de 30 %.

Sur un repli défensif en fin de match, lorsque les organismes sont usés et les postures dégradées, cela peut faire une différence de trois mètres sur seulement dix mètres de course. Entre deux joueurs aux capacités physiques similaires et à l’état de fatigue similaire. Mais aux postures et foulées différentes. Il est donc essentiel de travailler ce point. Trois mètres, c’est largement suffisant pour encaisser un but… Ou pour sauver son équipe.

Le sauvetage miraculeux de Niklas Süle face à Mbappé. Dortmund – PSG, Ligue des champions 2023/2024

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Logiquement, il a été démontré par plusieurs études scientifiques qu’il est essentiel de prendre au sérieux ces angles négligés de travail physique. Chez les plus jeunes footballeurs, il est même plus important de prioriser la technique de course sans ballon, le travail de pied, de foulée et d’endurance que le travail de vitesse avec ballon ou de ballon simple. Plus encore, les athlètes, tous sports confondus, qui gagnent des médailles internationales, ont souvent comme point commun d’avoir pratiqué des sports variés et de ne pas s’être hyper-spécialisés trop tôt dans le sport qui verra leur succès.

Il existe autant de possibilités d’envisager un travail physique renouvelé qu’il y a de joueurs ou d’entraîneurs. Quels axes d’amélioration existent-ils face à une mauvaise tenue de course ? Le joueur peut par exemple développer sa posture pendant son entraînement.

Premièrement, le corps est légèrement penché vers l’avant, ou neutre. De même que le torse et les coudes. Deuxièmement, les épaules sont détendues et le regard est dirigé vers l’avant. Le coureur se tient donc gainé. Il est naturellement enclin à aller vers l’avant. Troisièmement, le genou est moteur de l’action : il est bien levé, vers l’avant, le pied est solide et ne vacille pas. La jambe arrière est forte. Voilà une posture de course idéale à très haut niveau (+ 25km/h sur 3 à 4 minutes) et n’intégrant pas la contrainte du ballon. Mais pour des footballeurs en action ?

Ces deux joueurs de Regionalliga allemande en action sont libres de la contrainte du ballon. Le joueur bleu est dans une dynamique très en avant tout à fait normale : il se relève d’un tacle de façon rapide. Sa posture est donc très déséquilibrée, bien que son dos soit plutôt bien droit. Le joueur en blanc est tassé, presque autant que le joueur en bleu, mais a pour lui deux désavantages. D’une part, son dos n’est pas gainé. D’autre part, il ne se relève pas d’une chute. Sa posture est donc partiellement inadaptée à l’effort produit.

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Pour bien démarrer, il faut envoyer une impulsion vers l’avant. C’est pour cela que les sprinteurs à haut niveau peuvent mettre plusieurs dizaines de mètres à se relever. Comme le montre la posture ci-dessous, parlante au plus grand nombre, au bout de 10 à 20 mètres de course, la posture est déjà quasiment droite. Pour autant, dans le cas de notre joueur en blanc, l’impulsion vers l’avant est excessive et a un impact sur la forme de course du joueur.

Les joueurs sont très habitués à jouer avec un ballon, ce qui est logiquement une bonne chose. Seulement, cela a un impact sur leur course lorsqu’ils n’ont pas de ballon. Le joueur de football est, dans tous ses déplacements, habitués à n’avoir qu’un seul référentiel, le ballon. Certains d’entre eux ont tendance à regarder leurs pieds pendant qu’ils courent comme si le ballon devait être là. Ou comme s’ils ne savaient pas se placer dans l’espace. Cette tête mal placée rend la course beaucoup plus difficile. C’est le cas avec Lars Stindl sur l’image ci-dessous. Néanmoins, pour souligner un point positif pour ces joueurs de Bundesliga, la plupart des footballeurs semblent avoir les épaules détendues et un gainage actif.

Les solutions à ce problème de posture et de capacité biomécanique sont multiples. Pour les entraîneurs et joueurs disposant de peu de temps ou de compétences, il peut être intéressant de s’associer avec un club d’athlétisme local. Cette expertise aiguillera sur la meilleure des solutions. Pour des débutants, le travail de gammes et de renforcement musculaire au poids de corps est très important. Les gammes, comme les montées de genoux, les talons-fesses ou le travail de cycle permettent de renforcer le corps de façon intense tout en travaillant la mobilité et la coordination à condition d’être réalisés correctement.

Le renforcement musculaire permet un meilleur gainage durant l’effort. Les fractionnés en côte, si utilisés modérément, peuvent également améliorer la posture. Ils sont en effet très exigeants. Les gammes et le renforcement musculaire peuvent se faire en 20 minutes, cumulés, si on parle de l’entretien de la capacité musculaire. Ils peuvent aussi occuper une séance complète en préparation estivale, le tout de manière répétée.

National Librairy of Medecine – Pour progresser, la technique de course plutôt que les exercices avec ballon

Ce travail demande un certain investissement, parfois du temps et du matériel. Pourtant, la pratique du cross-country, en format court ou sprint, de un à quatre kilomètres, permettra de travailler la capacité aérobie tout en étant exigeant sur le travail de foulée. À noter qu’un club d’athlétisme organisant un cross sera sûrement ravi d’offrir des avantages à un club de football s’inscrivant massivement à une compétition.

De même, avec de bons poids, il est totalement possible de renforcer ses chaînes musculaires et articulaires. Elles sont d’ailleurs très importantes dans les efforts du footballeur. Plus ce dernier sera fort, meilleure sera sa course. Une des façons d’approfondir le suivi physique est l’analyse vidéo des matches. S’il est largement plébiscité dans les préparations tactiques, il serait réducteur de s’en priver ailleurs. L’analyse physique et posturale a un potentiel important et inexploité, à l’exception de quelques clubs professionnels.

Comme le soulignent les exemples et les exercices généraux, notamment basés sur la littérature scientifique, mais aussi sur la pratique de terrain, il existe des points d’amélioration qui viendront perfectionner l’ensemble des foulées, grâce à une meilleure préparation physique. Malgré tout, les exercices doivent être adaptés aux individualités de chacun, selon le moment de la saison.


1 commentaire

Le Milan Lab, relique du passé qui pointe vers l'avenir ? - Fausse Touche · 18/01/2025 à 16:01

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