L’ancien Président de Syrie a fuit le pays, avec sa famille, pour la Russie depuis le 8 décembre 2024. Jour historique pour les Syriens qui attendaient la libération de leur pays. Le sport a, lui aussi, subi des changements. Le football pourra connaître un regain de popularité. Troisième article de notre série sur le football syrien.

Vingt-quatre années de règne et treize ans de guerre civile. C’est le temps qu’il faudra aux rebelles pour chasser Bachar al-Assad de Syrie. Le dimanche 8 décembre 2024 restera dans les mémoires comme le jour de cette fuite. Une avancée éclair des forces de l’opposition et la prise de la capitale Damas plus tard, le chef d’État a été de forcé de prendre la fuite vers la Russie.

Le football a toujours été un moyen de propagande et de corruption pour l’ancien Président. Depuis la chute du régime, le sport entame, à son tour, une révolution. Très rapidement, des changements ont été fait par la Fédération de Syrie de football.

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C’est notamment le cas pour l’image du logo et ses couleurs. Le rouge, symbole de l’ancien gouvernement, a été remplacé par le vert sur le nouveau logo de la fédération. Le choix de la couleur n’est pas anodin. Le vert est le symbole d’espoir et d’unité. Bachar al-Assad avait modifié le drapeau, qui était à l’origine vert, blanc et noir, par du rouge, blanc et noir.

Ce sont des symboles forts, qui montrent qu’une page de l’histoire se tourne et pas seulement sur le plan politique. « Le premier changement historique à se produire dans l’histoire du sport syrien, loin du népotisme, du favoritisme et de la corruption », annonce la Fédération dans un communiqué, dès le lendemain.

Jihad Qassab, Firas al-Ali. Deux noms d’anciens joueurs de la sélection, devenus symboles de la révolution, aux côtés d’Abdel Basset Sarout. Le premier, défenseur et capitaine de sa sélection, est mort dans sa cellule, sous la torture. En 2016, il est arrêté par les services de renseignement du régime et accusé d’activisme anti-régime. Il n’aura jamais le droit à un jugement.

Al-Ali, défenseur de l’équipe de Damas, Al Shorta et de la sélection syrienne, préfère s’exiler pendant la guerre civile. Alors qu’il rejoint les manifestations anti-régime en 2011, il se dispute avec tous ses coéquipiers qui continuaient de défendre le Président. Au fil des mois, il a vu ses amis et des membres de sa famille se faire tuer. Lors d’un stage d’entraînement avec l’équipe nationale en 2013, certains de ses coéquipiers se sont moqués des manifestants. Hors de lui, il a choisi de tout quitter le lendemain, à l’aube, et est passé d’un footballeur à un réfugié. Avec sa femme, ses enfants et ses parents, ils sont partis vers la Turquie, qui maintenait toujours sa politique de porte ouverte aux réfugiés syriens. Aujourd’hui, il vit toujours dans le camp et dirige une académie de football, pour 200 enfants.

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Mais tous les joueurs n’ont pas eu cette force. La crainte, la pression, les menaces, la peur étaient souvent trop fortes. Au vu de ce que faisait Bachar al-Assad aux opposants, beaucoup ont attendu sa fuite pour prendre la parole. À l’image du gardien de but de la sélection, Ahmad Madania, qui a partagé plusieurs photos du drapeau de la Coalition nationale syrienne avec la légende « Le jour où la révolution a triomphé ».

Malgré l’euphorie de la libération du pays, la reconstruction va être longue et compliquée. La monnaie est dévaluée. La nation est dans un état de pauvreté absolu. Le développement du football est sous entrave depuis toujours. Mais, en plus de la situation géopolitique, le sport a aussi souffert du poids des difficultés économiques et des sanctions qui ont laissé ses caisses vides. La FIFA a bloqué 2,25 millions de dollars de financement destinés à la Fédération syrienne de peur que les fonds ne soient plutôt redirigés vers des activités politiques du parti Baas ou vers le financement militaire.

S’il faudra être patient et attendre de voir le plan économique du nouveau gouvernement, le sport va sûrement connaître un regain de popularité. Reprendre goût à la vie passe aussi par refaire du sport ou se rendre au stade.

Notre premier article sur les origines du football en Syrie est à retrouver ici

Notre deuxième article sur le football sous la domination de la dynastie al-Assad est à retrouver ici


Océane B.

Océ, 24 ans, étudiante en journalisme de temps en temps. Sillonne l'Europe pour visiter de nouveaux stades. Il m'arrive d'écrire des articles.

2 commentaires

En Syrie, un football au service de la dynastie Assad - Fausse Touche · 06/02/2025 à 10:26

[…] Notre troisième est dernier article sur le football depuis la chute du régime est à retrouver ici […]

Le football en Syrie, un amour qui ne date pas d'hier - Fausse Touche · 30/03/2026 à 11:09

[…] Notre troisième est dernier article sur le football depuis la chute du régime est à retrouver ici […]

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