L’OL a été actif sur le marché des transferts, dans le sens des départs comme des arrivées, malgré l’encadrement de la masse salariale et des indemnités de mutation convenu d’un commun accord avec la DNCG. La masse salariale s’est considérablement réduite et permet désormais à l’Olympique Lyonnais d’aborder la saison avec un rééquilibrage des préoccupations, entre sportif et financier, bien plus adéquat à un club de sa stature. De l’orage aux éclaircies, du fantôme d’un dépôt de bilan aux ambitions nouvelles d’un club qui s’assainit, tour d’horizon d’une avant-saison mouvementé entre Rhône et Saône.

La double entrevue finale avec la DNCG, dernier étage de la pyramide de Ponzi
En France, tout l’arsenal de communication de Textor a résidé sur des promesses. À son arrivée, il a promis de ramener l’OL sur le devant de la scène. À moyen terme, l’objectif est déjà de concurrencer le PSG. Lorsque les finances se sont dégradées et que ses opérations ont commencé à devenir plus claires pour les supporters comme pour les instances, il n’a pas pour autant changé son mode de fonctionnement. Pour les quatre premières entrevues avec la DNCG, Textor a promis, encore et encore. Les actionnaires d’Eagle doivent injecter de l’argent, de l’argent va ruisseler des comptes de Botafogo vers ceux de l’OL. John Textor se répète. Personne n’aime la répétition, pas même le gendarme financier de la FFF.
Fin 2024, lors de l’audition hivernale préliminaire au mercato d’hiver, John Textor présente seulement des documents attestant de promesses d’injection de liquidités, relatives notamment aux fameux mouvements orchestrés au pied du Corcovado. Aucune somme sonnante et trébuchante n’apparaît sur les comptes de l’OL. En face, en perspective d’une progression rapide de la multipropriété dans le football français, les instances ont pris leurs dispositions. Si des promesses avaient permis de dissuader le gendarme d’une contravention faute de leviers pour les légitimer, la donne a changé. Jean Marc Mickeler, patron de la DNCG, veut serrer la vis. En conséquence, une “indulgence ferme” de l’instance. Pas de sanction drastique rédhibitoire pour l’hiver. Seulement un mercato de nouveau encadré et surtout une relégation à titre conservatoire en Ligue 2. Ultime avertissement. L’OL a donc six mois pour régulariser sa situation.
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Fidèle à lui-même, John Textor a tenté de nouveaux effets spéciaux, lui qui n’a jamais su se maintenir dans ce secteur. L’après-midi du 24 juin 2025 a donc tout d’un mauvais spectacle de magie, dans lequel le médiocre prestidigitateur ne fait que très peu illusion. Face aux instances, le patron de l’OL tente un nouveau numéro de charmeur. Mais les faits sont toujours les mêmes et ils sont cette fois-ci implacables. Malgré la vente de Rayan Cherki bouclée avec Manchester City pour environ 37M€ et le départ d’Alexandre Lacazette, qui libère l’un des salaires les plus importants du club, la DNCG n’est pas, lors de l’audition, en mesure de comprendre le modèle selon lequel le club souhaitait avancer, et régler (une partie de) sa dette.
Concrètement, aucune injection d’une somme d’argent nominale n’est présentée. John Textor se perd de nouveau dans une série de promesse, arguant cette fois-ci qu’un transfert de Thiago Almada permettrait, entre autres, d’équilibrer des comptes rhodaniens. Comique de répétition. La DNCG ne s’en laisse pas compter, puisqu’elle veut justement compter. L’instance avait prévenu : il fallait des réponses concrètes et probantes. L’ère de l’indulgence semble terminée (du moins pour le modèle de la multipropriété), et l’OL, cador du championnat, l’un des clubs les plus titrés du football français, sombre dans les abysses de l’antichambre de l’élite. Dans l’état présent des comptes, et avec les promesses hypothétiques d’injection de liquidités, le dépôt de bilan, qui n’était alors qu’un spectre, devient une réalité de plus en plus plausible. L’OL annonce dans la foulée qu’il va faire appel, mais dans quelles circonstances ?
À l’OL, Michel Kang et Michael Gerlinger, duo de providence
Après la stupeur, John Textor se voit bientôt confronté à la colère des supporters et de l’entourage du club (investisseurs, personnalités, élus…), ainsi qu’aux demandes d’explications de la part d’Ares, fonds d’investissement garant de la situation de l’OL, mais aussi et surtout son créancier principal. Car les instances reprochent principalement à Eagle Football Group la répartition des sommes d’argent parmi les clubs, ainsi que la volatilité de celles-ci. Incapable de répondre aux interrogations, incapable de prouver la viabilité de son modèle de multipropriété, l’américain démissionne de son poste de président de l’Olympique Lyonnais, poussé officieusement vers la sortie par son principal prêteur, qui avait déja procédé à des changements à la tête de la holding d’Eagle Football Group pour en nommer de nouveaux administrateurs début mai.
Parmi eux, Christopher Malon, spécialiste de la réforme organisationnelle et de la rentabilité. Nommé alors que Textor est toujours en poste, le nouveau gestionnaire est surtout le représentant d’Ares Management, qui veut sauver ce qui peut l’être. Le 30 juin 2025, Michele Kang et Michael Gerlinger prennent officiellement leurs nouvelles fonctions. La première est nommée Présidente de l’Olympique Lyonnais ainsi que Présidente-Directrice Générale d’Eagle Football Group, tandis que Michael Gerlinger est nommé Directeur Général de l’Olympique Lyonnais. Désormais au travail, les deux nouveaux compères découvrent l’ampleur des dégâts. L’ensemble des actifs restants du club (et du groupe) sont gagés par Ares ou Goldman Sachs, qui a également œuvré au financement et à la garantie du modèle de Textor.
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Le second volet de la catastrophe, le plus gros, concerne cette volatilité des finances, orchestrée par John Textor. Si aucune irrégularité ne transparaît de ces transferts, les opérations réalisées avec Evangelos Marinakis interrogent tout de même, tandis que les cinq transactions brésiliennes évoquées précédemment concentrent toute l’attention et des nouveaux dirigeants lyonnais, et du board d’Ares.
Une survie aux conditions exigeantes
En parallèle, les informations se transmettent au compte goutte dans les jours qui suivent le 24 juin. Dès sa prise de fonction, Michele Kang se voit notifier par le gendarme financier que l’OL doit garantir 200M€ au moment de son audition en appel. Autour de 100M€ doivent être injectés immédiatement, tandis que 100M€ supplémentaires de garanties doivent pouvoir couvrir une nouvelle déconvenue financière. Alors que l’audition de l’OL est fixée dans la semaine qui suit au 9 juillet, Michele Kang effectue un travail d’audit et de dialogue conséquent. Dans un laps de temps très court, elle compose un tour de table solide. Le club lève 102 millions de dollars (environ 87M€) afin de se conformer aux attentes des instances. Les 100 autres millions seront notamment garantis par des ventes ainsi que par l’entremise d’Ares, qui accorde davantage sa confiance au nouveau board de l’OL et d’Eagle.
Les efforts titanesques déployés par le duo Kang-Gerlinger portent leurs fruits. Le tour de table constitué est bouclé le 7 juillet et permet, en début d’après-midi, le 9 juillet, le maintien de l’Olympique Lyonnais en Ligue 1. Seulement, la route reste longue. Malgré ce sauvetage, la masse salariale et ses indemnités de mutation de l’OL sont une nouvelle fois encadrées. Le club se voit affecter de nombreux objectifs financiers. Cette gestion calamiteuse alerte également l’UEFA. L’organe inflige une amende réglementaire de 12,5M€ dont l’OL doit s’acquitter afin de prendre sa place au sein de l’Europa League 2025-2026. Un double accord DNCG/UEFA oblige l’OL à convertir 60M€ attendus pour le 15 juin 2025 en fonds propres d’ici le 15 octobre 2025, afin de se placer en conformité sur le plan national mais surtout européen.
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La dernière ligne d’obligation concerne les transferts, l’OL s’engageant à conserver une balance positive. Il devient nécessaire de garantir la sauvegarde financière de l’institution, conserver un équilibre et une valeur sportive suffisante pour permettre au club de défendre ses comptes et retarder l’échéance d’une relégation.
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