Si l’Olympique Lyonnais s’est sauvé financièrement, l’aspect sportif a été largement impacté. La masse salariale a été réduite de moitié. De nombreux départs ont émaillé l’été. La cellule de recrutement a dû travailler pour (re)constituer un effectif capable de se montrer compétitif. Cette saison, le club se retrouve de nouveau sur trois compétitions (Ligue 1, Europa League, Coupe de France). Seulement, les moyens ont été plus que frugaux, et les profils choisis sont pour le moins inédits.

Suite de notre série sur l’été, et plus, de l’Olympique Lyonnais.

Cinquième épisode de notre mini-série sur l’été de l’Olympique Lyonnais. Avec des finances en berne, le club n’a pas d’autres choix que bouleverser son 11. Fonseca va devoir composer avec un effectif neuf et des coups malins

Nous l’avons évoqué : l’Olympique Lyonnais semble sauvé à court terme, mais le spectre d’une nouvelle dégradation de la situation financière ne peut pas encore entièrement être exclu à moyen terme. Ainsi, il semble que les moyens alloués aux différents mercatos seront considérablement réduits si l’on compare avec les quelque 100M€ dépensés à l’été 2019 ou à l’hiver 2024. L’OL doit pourtant dans le même temps constituer et conserver une armada capable de bien figurer sur chaque plan. “Faire plus avec moins” semble alors désormais être le mot d’ordre. Des 106,29M€ de revenus issus des départs, seuls 36,5M€ ont été réinvestis.

Dans les premiers jours ayant suivi l’annonce du maintien du club en Ligue 1, les Rhodaniens se sont jetés sur le prospect portugais de 20 ans Afonso Moreira. S’il évoluait principalement avec l’équipe réserve du Sporting Portugal, la vitesse et la capacité de percussion de l’ailier gauche intéressaient déjà plusieurs écuries européennes. C’est l’OL, qui rafle la mise pour 2M€. Pour combler le manque de profondeur dans le secteur défensif, le club se jette ensuite sur Ruben Kluivert, défenseur central de 24 ans formé à Utrecht et évoluant avec l’écurie portugaise de Casa Pia. Malgré une valeur marchande bien inférieure, le néerlandais rejoint Décines pour une somme avoisinant les 4M€.

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Le secteur défensif étant renforcé (Afonso Moreira représentant plus une opportunité qu’un véritable ciblage), l’Olympique Lyonnais s’attaque ensuite à son entrejeu et son secteur offensif, le plus impacté par les départs estivaux (Alexandre Lacazette, Rayan Cherki, Nemanja Matic et Georges Mikautadze notamment). C’est pour ces postes que les Gones vont casser leur modeste tirelire. Le club explore des championnats rarement prospectés dans un passé récent. La cellule privilégie la Chance Liga et les clubs du Viktoria Plzen et du Sparta Prague pour en extraire respectivement le fantasque milieu offensif Pavel Sulc, 20 buts et 15 passes TCC la saison dernière (7,5M€) ainsi que son compatriote Adam Karabec, barré par Lukas Haraslin, qui s’était exilé à Hambourg pour lancer sa carrière (prêt payant de 300K€ et option d’achat de 2M€).

En parallèle, au début du mois d’août, le Rhône prend les allures de la Mersey. Tyler Morton, pur talent du centre de formation de Liverpool, débarque au GOLTC contre 10M€. Le milieu relayeur de 22 ans sort de saisons probantes dans les équipes de jeunes des Reds ainsi qu’en Championship à Hull City et cherche désormais lui aussi à définitivement lancer sa carrière.

Trois ultimes impératifs rythment les dernières semaines de marché. Trouver un remplaçant à Lucas Perri dans les buts, Rémi Descamps étant toujours un n°2 aux yeux du staff. Combler les départs de Lacazette et Mikautadze au poste de 9. Renforcer le flanc droit de l’attaque pour pallier l’absence d’Ernest Nuamah, dont le retour en forme idéale n’est pas attendu avant début 2026. Après un bras de fer avec son club de Majorque, le portier slovaque Dominik Greif est finalement autorisé à rejoindre Lyon pour 4M€, tandis que le club obtient le prêt du canonnier uruguayen Martin Satriano (prêt payant d’1M€) en provenance du RC Lens dans les derniers jours du marché. Aucun ailier droit n’est cependant en approche.

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Le marché est clôturé sans arrivée supplémentaire. Le club précise, notamment par l’intermédiaire de son technicien Paulo Fonseca, qu’une petite indemnité est conservée pour effectuer des ajustements lors du mercato hivernal. Comme lors de l’été dernier, le club s’est néanmoins réservé la possibilité d’utiliser le recrutement de joueurs libres et / ou d’un joker pour finaliser son renforcement. Rachid Ghezzal, formé au club et notamment demi-finaliste européen en 2017 est choisi pour revenir au club, après avoir été libéré par l’écurie turque de Rizespor. Son arrivée renforce ainsi le flanc droit de l’attaque lyonnaise. Mais, elle apporte aussi et surtout une expérience nécessaire à un groupe très jeune.

Enfin, le club, en accord avec Paulo Fonseca, entend combler les lacunes de profondeur de banc en lançant des joueurs prometteurs. Les jeunes auront certainement un coup à jouer. Il sera ainsi fréquent de retrouver le défenseur croate Téo Barisic, le milieu de terrain Mathys de Carvalho ou encore les jeunes attaquants Enzo Molebe et Alejandro Gomez Rodriguez au sein du groupe lyonnais le jeudi ou le week-end. La pépite Khalis Merah, lui aussi issu du centre, fait déjà les beaux jours de l’équipe.

Au vu des circonstances, le mercato lyonnais peut être crédité d’une note satisfaisante. Il comporte malgré tout un point noir majeur. Le recrutement d’un ailier droit titulaire, ciblé très tôt, qui n’a pourtant pas donné suite à une arrivée majeure. Le reste du marché effectué par les Gones semble se conformer aux deux impératifs. Rester dans les limites du budget et combler les manques aux postes clés. C’est maintenant ces mêmes recrues qui influençeront la perception du mercato lyonnais. Leur impact sera attendu, au cours d’une saison qui aurait difficilement pu mieux débuter.

L’OL est en cela unique qu’il est imprévisible. Après le sauvetage in extremis… et inespéré, tous les spécialistes entendaient être réalistes et prévoyaient le maintien. En cause, la grande jeunesse du groupe couplée à une interrogation sur la qualité intrinsèque du groupe. Oui mais voilà. Une prestation convaincante à Bollaert face au RC Lens ouvre la saison. Cette victoire 0-1 grâce à la dernière réalisation de Georges Mikautadze) est suivie une victoire solide malgré un manque de réalisme face à l’OM (1-0 sur un CSC de Léonardo Balerdi), l’Olympique Lyonnais ne s’est pas laissé abattre par l’accroc arbitral qui lui a coûté la défaite à Rennes (3-1) pour reprendre une série de victoire qu’il avait auparavant prolongé face à Metz (3-0) en s’imposant face à Angers (1-0).

La victoire à Utrecht permet aux hommes de Paulo Fonseca et Georges Maciel de lancer idéalement leur campagne européenne (0-1). Ils affichent par ailleurs un bilan de 4 victoires en 5 matches de Ligue 1. Les résultats séduisent, le jeu produit n’est pas en reste. L’équipe manque parfois de réalisme. Ce fut le cas face à Angers, Marseille ou à Rennes. Le système instauré par Paulo Fonseca place souvent Corentin Tolisso dans une position avancée (10 ou de faux 9). Ce choix permet de trouver un point d’appui et de création haut sur le terrain pour laisser le double pivot Morton-Tessmann exprimer un volume de jeu impressionnant.

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En ajoutant la bonne entente de ce trio avec le jeune Khalis Merah et le virevoltant Malick Fofana, dont la nouvelle saison au club pourrait presque être qualifiée de recrutement tant il est important pour le secteur offensif rhodanien, le système lyonnais trouve à répétition des triangles. Les supériorités numériques se multiplient sur l’ensemble des zones du terrain. Si la volonté proactive dans le pressing et dans l’interprétation du système expose les lyonnais en contre, un Moussa Niakhaté retrouvé et un Clinton Mata dans la lignée de ses standards de l’année passée permettent pour l’instant à l’OL d’afficher la meilleure défense du championnat avec 3 buts encaissés… dans le même match face à Rennes, terminé à 10 contre 11.

Si la production semble être très dépendante des performances du trio Morton-Tolisso-Tessmann, de l’adaptation de Khalis Merah aux différents rôles qu’il a pu occuper (milieu offensif excentré comme face à Marseille, n°10 comme face à Angers…) et du niveau de Malick Fofana, les volontés lyonnaises sont plus qu’intéressantes, surtout si la situation de la fin du mois de septembre est mise en perspective avec celle du début du mois de juillet dernier.

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