Dimanche 27 juillet se clôturera, en Suisse, une 14e édition de l’Euro féminin qui bat actuellement son plein. Attendue par de très nombreux fans aux quatre coins de l’Europe, cette compétition aura battu des records de spectateurs présents au stade, mais aussi des records d’audiences. Le football féminin continue de se développer. Surtout, il repousse les limites qui lui ont été longtemps imposées.

Les joueuses, seules contre tous
Derrière chaque joueuse qui défend aujourd’hui les couleurs de son pays, il y a une petite fille qui, hier, rêvait de vivre ce moment. Tant de joueuses ont témoigné du manque de moyens accordés aux jeunes filles, du peu d’équipes féminines présentent au niveau amateur et de la nécessité constante de lutter contre les stéréotypes de genre.
Pour atteindre le haut niveau, elles ont dû gravir chaque échelon avec détermination, souvent seules, face à une société et une pensée collective qui leur rappelait qu’elles n’étaient pas à leur place. Aujourd’hui, elles inspirent et ouvrent la voie à chaque petite fille rêvant d’être à leur place un jour. Mais elles ne se contentent pas simplement d’inspirer. Elles agissent. Les dispositifs se multiplient et se construisent pour et par les joueuses.
Les joueuses d’aujourd’hui à l’œuvre pour celles de demain
Plusieurs joueuses qui disputent actuellement l’Euro sont engagées dans cette volonté d’aider la jeunesse. C’est par exemple le cas de notre équipe féminine française qui a pris le temps de partager un entraînement avec des enfants à Clairefontaine, un peu plus de deux semaines avant leur match d’ouverture de l’Euro face à l’Angleterre. Ces occasion offrent à de jeunes footballeuses la possibilité de partager un moment avec leurs modèles et d’échanger avec des femmes fortes qui ont réussi à atteindre le plus haut niveau.
Outre-Manche, le projet d’Arsenal, Arsenal in the community, vise à rendre accessible l’éducation et le sport. Il cible notamment pour les jeunes issus de quartiers populaires. Chaque semaine, plus de 5 000 enfants en situation de précarité bénéficient de programmes sportifs et éducatifs proposés par le club. L’équipe féminine s’y investit pleinement, participant régulièrement à des activités et des ateliers avec des jeunes filles. C’est l’opportunité d’une vie pour les jeunes. Celle d’échanger avec les footballeuses et même de s’entraîner avec elles. Les joueuses interviennent aussi dans des écoles, à l’image de Lotte Wubben-Moy, la défenseure anglaise, très engagée dans les questions de société.
Quand les rôle-modèles remplacent les institutions
Des stages encadrés par des patronnes du terrain et des entraîneurs diplômés sont organisés, comme le propose la française Eugénie Le Sommer depuis 2018. Des interventions ont aussi lieu dans les écoles et les milieux défavorisés, tandis que des moyens de financement sont débloqués pour lancer la carrière d’une future Ballon d’Or. Toutes ces initiatives encouragent les plus jeunes à croire en leur avenir dans le football.
D’autres joueuses, souhaitant offrir aux nouvelles générations une réelle opportunité de devenir professionnelles, ont fondé des académies. Ces structures permettent aux jeunes filles de jouer dans un environnement leur donnant une véritable chance de performer avec un accès à des équipements de qualité, un encadrement par des coaches à l’écoute et souvent un suivi scolaire, essentiel quand on sait que certaines joueuses ont dû choisir entre études et carrière sportive. Alexia Putellas, double Ballon d’or espagnole, à l’origine de la Fundación Eleven qui a déjà permis à plus de 300 jeunes footballeuses de s’épanouir sur le terrain. C’est aussi le cas d’Ella Toone, milieu anglaise, fondatrice de l’ET7 academy. Là encore, les joueuses inscrites dans ces académies ont parfois l’occasion de rencontrer leurs idoles.
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Ces infrastructures sont d’autant plus nécessaires que, selon l’UEFA, le nombre de licences féminines de football en Europe a augmenté de plus de 70 % depuis 2010. Ainsi, en 2024, plus de deux millions de licenciées foulent les terrains européns.
Au-delà des académies, pour supporter ces très nombreuses joueuses, des aides financières sont aussi mises en place par certaines footballeuses. Le projet Lucy Bronze scholarship award de la joueuse britannique promet a une jeune fille talentueuse une bourse couvrant ses frais d’études. La défenseure anglaise s’est plusieurs fois confiée sur les difficultés financières qu’elle avait rencontré lors de ses débuts. Beaucoup de joueuses telles que Pernille Harder (Danemark) et Vivianne Miedema (Pays-Bas) soutiennent des associations comme Common Goal, organisation qui a déjà récolté plus de deux millions d’euros depuis sa création en 2017. Cet argent sert à financer des projets essentiels au développement du football féminin, tout en militant également pour la planète…
Développer le football féminin, un projet hors terrain à l’intersection des luttes
Common Goal a en effet bâti des complexes sportifs avec des récupérateurs d’eau, des panneaux solaires, des matériaux recyclés et sensibilise joueuses comme joueurs à la préservation des environnements. L’association met à disposition des formations et des manuels complets. Ses bénévoles nouent la pratique sportive et l’écologie. L’association a entre autres rénové des terrains en Amazonie, uniquement avec des matériaux recyclés, et a permis à 200 enfants d’accéder à des sessions de football et d’éducation aux usages nécessaires à la préservation de la planète, tel que le recyclage.
L’impact de toutes ces initiatives devient tangible. Il ne se constate plus uniquement à travers des chiffres. Il se lit désormais dans la vie quotidienne. Dans la rue, de plus en plus d’enfants arborent fièrement le maillot de leur joueuse préférée. Les tuniques Aitana Bonmatí à d’Alexia Putellas font d’ores et déjà partie du top 5 des maillots les plus vendus du FC Barcelone, équipes masculines et féminines confondues.
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En 2019, après la Coupe du monde féminine, Nike a révélé que le maillot de l’équipe féminine des États-Unis était le plus vendu de son histoire. Les États-Unis ont longtemps dominé le monde du football féminin et ont marqué une génération entière de jeunes rêveurs et rêveuses.
Ainsi, derrière chaque joueuse portant le maillot de son pays durant cet Euro, se cachent des difficultés rencontrées dans leur carrière, des doutes, un manque de moyen et de soutien. Le football féminin est plus qu’un sport, c’est un lutte constante contre une société qui nuit à son développement. C’est un environnement où les normes sont questionnées, les stéréotypes balayés et les limites repoussées. On observe une véritable volonté de laisser le football féminin dans une meilleure position pour les nouvelles générations. Le meilleur est-il à venir ?
Clémence M.
7 commentaires
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