Ce long dossier sur l’OL ne pouvait se refermer sans un bilan du mercato, qui va inévitablement influencer et conditionner la saison entière des Gones. Si le fil rouge du plan de recrutement semble prometteur et ingénieux, y compris pour les années futures, toutes les recrues ne font (pour l’instant) pas l’unanimité, et leur bilan s’avère pour l’instant contrasté.

C’est la mention “très bien” de ce mercato. Arrivé sans autre ambition que de lancer sa carrière et d’aider l’équipe au maximum, le milieu relayeur est impressionnant depuis le début de la saison. Doté d’un volume de jeu impressionnant et d’un sens du placement plus que prometteur, il s’avère de plus très à l’aise sous pression. Adroit avec le ballon, qu’il ne perd que très rarement et bonifie souvent, il s’est de plus mué très rapidement en garant de l’équilibre du milieu de terrain lyonnais, permettant à son compère Tanner Tessmann de s’épanouir et de montrer un visage inédit, étant notamment déjà deux fois décisif (buteur face à Angers et à Utrecht, à chaque fois pour donner la victoire aux siens).

Très généralement à l’initiative des mouvements offensifs de son équipe, l’ancien Red est aussi précieux à la récupération et dans le travail défensif, qu’il effectue avec le même entrain. Si son expulsion face à Rennes et son match timide à Utrecht constituent les uniques tâches d’un parcours pour l’instant immaculé, nul doute que le jeune anglais sera l’un des éléments clés de la saison lyonnaise.

Il est arrivé à l’OL avec tout à faire, et montre, depuis le début de la saison, combien il peut accomplir. Le jeune offensif tchèque, capable de jouer dans l’axe ou sur le flanc droit de l’attaque, se révèle petit à petit dans un groupe lyonnais où il à tout à gagner. Généreux, volontaire et adroit avec le ballon, Karabec s’est rapidement adapté au rôle d’ailier droit confié par Fonseca, et apporte souvent la largeur demandée au bloc. Il s’avère aussi très utile dans la première ligne de pression du pressing lyonnais.

Si sa vision du jeu et sa qualité technique sont indéniables, en attestent sa réalisation sans hésitation face à Metz ou son décalage pour Ainsley-Maitland-Niles sur le but lyonnais face à Marseille, le jeune tchèque doit encore gagner en assurance pour jouer pleinement les duels qui s’offrent à lui, et gagner en efficacité pour bonifier un nombre de ballons plus important. Dernier point non moins important, l’ailier semble (pour le moment) utiliser seulement son pied gauche, ce qui grève sa capacité à jouer les duels. S’il lui reste à progresser, l’ancien du Sparta Prague a gagné une place de titulaire sur l’aile droite de l’attaque lyonnaise et est une satisfaction relative en plus de son attitude joviale et généreuse. Son début de saison reste perfectible, mais on a hâte d’en voir plus !

Ce sont les deux impressions mitigées du début de saison. Pavel Sulc et Martin Satriano sont arrivés à l’OL avec des statuts différents, mais l’attente concernant leurs venues était néanmoins similaire selon, là aussi, des paramètres différents. Pour le milieu offensif tchèque, rallier l’OL constituait le premier départ de son pays natal et un passage de cap dans une écurie européenne reconnue, et dans l’un des meilleurs championnats du monde. La somme déboursée pour sa venue (7.5M€) renforçait là aussi l’attente, dans le contexte lyonnais.

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S’il a plus souvent débuté sur le banc, Pavel Sulc n’a pas pu pour le moment reproduire les performances qui lui ont valu son transfert. Si son énergie et sa générosité, notamment dans le pressing, sont indéniables et déjà prouvées, Sulc a pour le moment fait état d’une qualité technique en deçà des standards attendus à l’OL, et d’une capacité créative timide. S’il semble plus destiné à un rôle de 9½ voire de buteur, le tchèque peine pour le moment à trouver sa place dans un système qui ne lui rend peut-être pas service. L’on retiendra donc son attitude de véritable joueur d’équipe, son énergie débordante (en atteste le contre-son-camp de Balerdi provoqué par son abnégation sur l’action) ainsi que son entrée face à Angers pour patienter afin de découvrir ce dont est réellement capable Pavel Sulc.

Pour le canonnier uruguayen, le bilan doit pour le moment être relativisé. S’il a déjà fait parler son sens du but en manquant de peu de faire trembler les filets par deux fois face à Angers, l’attaquant n’a pour l’instant pas eu l’impact escompté sur le jeu lyonnais. Si l’ensemble de la production lyonnaise a pu être inhibée face à Angers et Utrecht, Martin Satriano doit néanmoins faire preuve d’une plus grande récurrence dans ses déplacements et ses appels, pour le moment trop peu nombreux, et pour lesquels le sud-américain peine à trouver une place de titulaire régulière partout où il passe. S’il est arrivé à Lyon via un prêt, le manque d’attaquants de pointe confirmés lui donne un statut de leader qu’il va devoir assumer.

Arrivé en provenance de Casa Pia, modeste écurie du championnat portugais, Ruben Kluivert est l’énigme de ce mercato lyonnais. Si le défenseur de 24 ans affiche un patronyme prestigieux, et si ses qualités au duel sont au-dessus de la moyenne, ses difficultés dans l’anticipation du jeu long et à la relance avec le ballon sont criantes. Son placement lui fait également défaut, et il peut vite manquer de sérénité dans ce compartiment du jeu, comme à Utrecht où l’on a pu l’observer très timoré après une entame difficile.

Déresponsabilisé lors des sorties de balle, il peut rendre de précieux services dans le un contre un avec un attaquant adverse unique, mais ses lacunes ne peuvent, pour le moment, pas lui permettre d’envisager autre chose qu’une place de troisième ou quatrième dans la hiérarchie. Acheté pour huit fois plus que sa valeur marchande, (4M€ pour une valeur de 500K€) les attentes placées en lui (qui s’avèrent légitimes dans le contexte lyonnais) ne lui rendent pour l’instant pas service. S’il a dû se contenter de miettes en termes de temps de jeu, et d’un positionnement latéral qui ne lui convient clairement pas pour sa seule titularisation, Ruben Kluivert constitue la vraie inquiétude parmi les recrues lyonnaises.

Le jeune portugais est sûrement la recrue qui a justifié le plus rapidement son transfert. Ce n’est pourtant pas le plus décisif, ni celui qui offre le plus de satisfaction, mais c’est en revanche celui dont le profil a le plus éclaté au grand jour. Dès les oppositions de préparation, il a annoncé la couleur. Le jeune ailier est rapide, très rapide. S’il n’est pas pour le moment le plus à l’aise techniquement et si son jeu souffre encore d’un déchet assez important, sa vitesse lui offre une capacité de percussion très intéressante, notamment en sortie de banc, comme à Utrecht. Entré quelques minutes plus tôt, le dragster lusitanien, lancé dans la profondeur, a pu adresser un bon centre en retrait depuis son côté gauche.

Son ballon, trop dangereux pour être directement dégagé par la défense, est revenu sur Tanner Tessmann qui a pu trouver la lucarne en première intention. Évoluant à un poste ou Malick Fofana est une figure totémique, Afonso Moreira semble destiné à une place dans la rotation. Seulement, son rôle peut lui aller à merveille s’il arrive à déployer une énergie similaire à son entrée européenne. Après une heure de duel face au feu follet Fofana, il est certain que les latéraux droits adverses ne seront pas ravis de voir entrer une seconde flèche.

L’on a dû patienter pour voir le portier slovaque à l’œuvre. Arrivé tardivement, laissé sur le banc pour les premières oppositions de Ligue 1 après que Rémi Descamps ait donné satisfaction lors de la première journée face à Lens, l’ancien de Majorque a pris son mal en patience. La concurrence qui semble saine s’est déroulée sans accroc jusqu’au déplacement au Roazhon Park, où les Rennais ont confondu le ballon avec la main droite de Descamps. Verdict : 1 mois d’absence. Logiquement, c’est Dominik Greif qui est choisi pour le remplacer.

Déjà décisif face à Angers, il a récidivé face à Utrecht. Plutôt discrète, sa carrière a pris une autre dimension après sa campagne de Coupe du Roi 2023-2024 impressionnante. Avec ses coéquipiers, ils mènent Majorque jusqu’en finale. Cette grosse campagne est confirmée par une saison 2024-2025 probante, durant laquelle il a largement contribué à un maintien confortable des Barralets (10es à 4 pts d’une qualification européenne). Son recrutement pour une somme raisonnable semble être une opération gagnant-gagnant. L’OL peut compter sur un gardien performant et confirmé sans avoir trop cassé sa tirelire, tandis que le portier de 28 ans passe un nouveau cap en découvrant la Ligue 1 et en retrouvant l’Europe. Là aussi, Dominik Greif pourrait bien, selon ses performances, être l’un des éléments les plus déterminants de la saison lyonnaise.

Il est pour le moment l’ailier droit attendu. S’il arrive en fin de parcours et ne semble pas avoir l’allant requis pour dynamiter le couloir droit, l’international algérien de 33 ans dispose d’une solide expérience. Si ses premières apparitions furent timides et assez loin du souvenir qu’il a laissé à Gerland et au Groupama Stadium, Ghezzal est avant tout un encadrant de luxe pour la nouvelle cohorte de jeunes avides d’apprentissage. De retour à 100 %, le n°18 pourra faire parler son sens du but et de la passe dans un rôle de doublure d’Adam Karabec, qui semble avoir une longueur d’avance. Il faut attendre de Rachid Ghezzal qu’il fasse progresser les offensifs qui l’entourent tout en permettant de compenser l’absence d’Ernest Nuamah. Le recrutement hivernal bouclera peut-être définitivement la question de l’ailier droit.

Globalement, le recrutement donne satisfaction. Si certains nouveaux arrivant doivent encore hisser leur niveau et répondre aux exigences de la Ligue 1 et du niveau visé par l’OL, ce mercato a permis de (re)constituer un groupe, qui compense certaines lacunes par un bloc cohérent et combatif, rigoureux et travailleur. À défaut de pouvoir construire la meilleure équipe, les dirigeants lyonnais ont peut-être réussi à construire l’un des meilleurs collectifs. Cette dynamique peut largement permettre d’atteindre les objectifs d’une saison, avant de continuer à améliorer la base retrouvée.

Alors que le club vit un début de saison idyllique, il est logique de s’interroger sur la suite et la fin de cette saison qui commence si bien. Si certaines prestations ont été moins abouties que d’autres (Angers, Utrecht), le cœur du collectif a permis d’aller arracher de précieux résultats. Le club affiche un bilan plus que flatteur, ayant déjà affronté l’Olympique de Marseille, équipe du peloton de tête en Ligue 1.

Malgré un projet de jeu prometteur et une animation enthousiasmante, l’effectif lyonnais risque de manquer de qualité et de profondeur pour pouvoir lutter sur la durée avec les écuries qui l’entourent au classement. En revanche, le très bon début de saison permet de posséder un bagage comptable non négligeable. Si la course à la Ligue des Champions peut sembler être un petit peu trop ambitieuse, Lille (à 2 pts) Lens (à 3 pts) et Rennes (4pts) concurrents crédibles aux deux autres Coupes d’Europe sont déjà derrière les Gones. Avec 12 pts sur 15 possibles, les hommes de Paulo Fonseca se donnent aussi de l’air sur une course au maintien qui peut encore se rapprocher bien vite en cas de coup dur.

Il semble raisonnable de voir l’OL finir par céder face à des écuries mieux armées (PSG, OM, AS Monaco ou même Strasbourg) pour la course à la Ligue des Champions. Néanmoins, fort du bilan des cinq premiers matches, l’OL luttera pour les strapontins européens suivants. Voir l’OL 5e ou 6e en mai prochain semble probable et constituerait une saison plus que réussie au vu de toutes les contraintes qui ont pesé sur celle-ci, et de la manière dont elle a été construite. Alors que notre voyage à travers les méandres de l’été 2025 lyonnais s’achève, il est l’heure du bilan.

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Si l’OL s’est sauvé et évolue de manière plus sereine, le spectre d’une nouvelle dégradation n’est pas encore éloigné. Les efforts de rigueur dans la gestion devront se poursuivre pour que l’été dernier ne soit plus qu’un mauvais souvenir. Sur le plan sportif, les Gones semblent taillés pour réaliser une saison tout à fait surprenante, autant dans le jeu déployé que dans les résultats et l’attitude renvoyée par l’équipe. Les hommes de Paulo Fonseca devraient ainsi logiquement nous offrir une lutte pour l’Europe passionnante, et peuvent tout à fait continuer à sillonner les terrains européens après l’hiver cette saison.

L’OL est un miraculé et tout le monde au club en a conscience. Cette conscience n’est pas une inquiétude personnelle, elle est une angoisse pour un monument, pour une institution qui a affronté le péril. À tous les échelons, les employés du club ont répondu présent aux défis qui se sont présentés, et ont laissé aux joueurs un livre presque blanc, avec toutes les pages à écrire. C’est ainsi que, sans peut-être être l’équipe la plus talentueuse du championnat, l’OL discute pour le moment avec les leaders. Animés par une force autre qu’une volonté de réussite personnelle de carrière ou de résultats collectifs, chaque joueur de l’OL sait le poids de l’institution pour laquelle il se bat, et sait ô combien elle représente pour tout un peuple. Si ce cauchemar a eu un seul impact bénéfique, il se pourrait que ce soit celui-ci…

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