La première étape ? Un dégraissage massif à Lyon. Le club a trouvé son salut en assainissant la masse salariale et en obtenant quelques précieux deniers avec l’espoir de pouvoir réinvestir une partie dans le mercato d’été mouvementé qui s’annonçait. Mais avant d’entamer totalement son nouveau virage, l’OL et son board devaient se confronter à une dernière surprise de John Textor.

Suite et troisième épisode de notre mini-série sur l’été de l’Olympique Lyonnais. Après une relégation préalable et une avant-saison mouvementée, place à l’analyse d’un mercato plus que nécessaire.
Lyon doit se séparer des cadeaux empoissonnés
Dans les derniers temps de sa gouvernance, l’Américain a conclu une nouvelle opération avec Evangelos Marinakis. En échec à Nottingham Forest, le portier américain Matt Turner est donc censé poser ses valises à l’OL contre une indemnité plus qu’excessive, en vertu du niveau et de l’âge du gardien de 31 ans, de 8 M€.
Impossible d’annuler le transfert. Recours et médiation sont rejetés par le Grec. De cette situation compliquée, l’OL n’en a nul besoin. Michele Kang et Michael Gerlinger achètent finalement le gardien et trouvent une solution pour que celui-ci ne pèse pas plus dans les comptes du club. Sans jamais fouler les pelouses du Groupama OL training center (qui a failli changer de nom parce que Textor n’avait pas renouvelé le contrat de naming, autre surprise de l’Américain), Turner est prêté à la franchise de MLS New England Revolution avec une option d’achat non obligatoire. La franchise prend intégralement en charge le salaire du joueur, tandis que celui-ci peut compter sur une place de titulaire pour tenter d’aller gagner sa place pour la Coupe du Monde 2026, à domicile.
Le dossier Turner constitue un cadeau d’adieu empoisonné de la part de John Textor. Seulement, le nouveau virage sportif avait déjà débuté… dans le sens des départs. Sans les dévoiler totalement, deux objectifs clairs se sont toutefois détachés : continuer à obtenir des liquidités pour construire une balance transferts positive et pour espérer en investir une partie dans la reconstruction de l’effectif, et ainsi tirer un trait sur le passé de John Textor au club.
Les indésirables de l’OL poussés vers la sortie…
Rapidement, Lucas Perri doit faire ses valises, direction la Premier League et Leeds United (16 M€). D’autres joueurs ne sont plus en odeur de sainteté. D’ailleurs d’ores et déjà prêtés, Saïd Benrahma, Amin Sarr et Johann Lepenant, retournent tous trois dans leur club. Leur départ sera pour chacun un transfert définitif. L’attaquant suédois reste du côté du Hellas Vérone pendant que l’ailier algérien s’engage avec le promu saoudien pour 12 M€. Une indemnité de 3,50 M€ est conclue lors de son prêt, tandis que le FC Nantes lève aussi l’option d’achat du milieu relayeur normand. Le défenseur brésilien Adryelson quitte lui aussi Décines pour l’UAE Pro League (D1 des Émirats arabes unis) et Al-Wasl contre 2,20 M€.
Deux autres joueurs étaient également en perte de vitesse depuis l’arrivée de Paulo Fonseca. Jordan Veretout et Duje Caleta-Car se voient montrer la sortie. Le milieu de terrain file au Qatar (Al-Arabi SC) contre un demi-million d’euros alors que le défenseur croate est prêté. Pour l’acquérir, la Real Sociedad devra s’acquitter d’une option d’achat de la même somme. En fin de mercato, Mathieu Patouillet, gardien prometteur mais sans perspective de temps de jeu en équipe première, file lui aussi vers l’eldorado saoudien (Al-Hilal, 342 K€). Une solution l’amiable permet le départ de Nemanja Matic…
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Dans les dernières heures d’ouverture du marché, les Gones laissent Islamdine Halifa au Red Star. Le milieu défensif issu de la formation maison n’a jamais trouvé le chemin du groupe pro. Finalement, trois autres départs en prêt viennent conclure le mercato. Le titi parisien Mahamadou Diawara part en prêt au Royal Antwerp (prêt payant de 250 K€) et le portier Justin Bengui traverse la frontière pour signer à Molenbeek. D’abord réticent à quitter Décines, Paul Akouokou retourne en Espagne pour un nouveau challenge à Saragosse (Liga 2). Jusqu’ici, ce mercato semble se calquer sur une direction sportive certes sous contrainte, mais logique. Seulement, les accords négociés et scellés avec la DNCG comprenaient une obligation de vendre pour 40 millions d’euros (hors ventes déjà convenues, en l’occurrence celles de Rayan Cherki et Saïd Benrahma).
…et les désirés dans l’impossibilité de rester
Le marché est resté à l’affût de la situation de Malick Fofana pendant les deux mois d’ouverture. Si un intérêt de Liverpool et du Bayern Munich anime à plusieurs reprises les rubriques “mercato” des quotidiens sportifs français, les deux géants européens ont tous deux leurs priorités. Le prospect devient rapidement une solution secondaire. Seul Everton a manifesté un intérêt concret avec une première offre. Fofana la déclinera avant même que les détails financiers ne soient abordés.
La réponse est claire : si départ il y a, ce sera pour une écurie qui joue la Ligue des champions. Or, les recrutements d’Hugo Ekitiké, Florian Wirtz et Alexander Isak côté Liverpool, ainsi que la venue de Luis Diaz et la piste Nick Woltemade (qui signera finalement à Newcastle) côté Bayern n’amènent aucun des deux géants à faire une offre concrète. Au vu de la situation, Malick Fofana prend une décision forte dans la dernière semaine de marché. Puisqu’aucune offre satisfaisante ne le fait réfléchir, c’est à l’OL que son avenir se trouve pour la saison qui débute.
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Cette décision ravit sans conteste le club de la capitale des Gaules sur le plan sportif. Néanmoins, la situation financière reste identique. Il faut toujours vendre à hauteur d’environ 40 millions pour garantir au club d’être en phase avec ses objectifs. Rayan Cherki parti, et Fofana parti pour rester, tous les regards se tournent alors vers le seul joueur représentant une valeur marchande importante. Georges Mikautadze. L’attaquant géorgien arrivé l’été dernier a déjà repoussé des offres de l’AS Roma cet hiver et en début de mercato. Ce dernier se voyait bien enfin pouvoir saisir pleinement l’opportunité de réussir dans son club de toujours. Formé au club, il avait déjà dû se résoudre à le quitter. Alors que le départ d’Alexandre Lacazette permettait de faire de lui la figure de proue du renouveau lyonnais avec une place de titulaire indiscutable, la réalité financière a fini par le rattraper.
Sacrifié sur l’autel de l’équilibre financier, Georges Mikautadze se laisse convaincre par l’offre du Villarreal CF. Le joueur file jouer la Ligue des champions avec le sous-marin jaune. Vendu pour 35 M€, l’attaquant, en larmes au moment de quitter le centre, permet à son club de cœur d’aborder le prochain exercice avec la conscience tranquille, clôturant bien trop tôt le second chapitre de son histoire de gone… Ainsi se termine le mercato lyonnais dans le sens des départs.
Sous le signe du dégraissage symbolique (faire partir les joueurs signés par John Textor) et économique, ce mercato aura permis de générer 106,3 M€ de revenus, sans les bonus négociés. La masse salariale est divisée par deux. Seulement, cette prouesse, dictée par la contrainte, trahit encore le traumatisme de l’arrivée du loup John Textor dans la bergerie. Et donc de l’accueil triomphant réservé au nouveau fossoyeur d’une institution entière.
Retrouvez chaque article de notre mini-série sur l’Olympique Lyonnais.
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